Un peu de retrait, beaucoup de bienveillance

Un peu de retrait, beaucoup de bienveillance


 
Je me suis sentie violemment atteinte. Le mépris, la condescendance,.. je n’étais même pas concernée, et pourtant c’était une violence qui débordait jusque chez moi.

Je ne me sens pas féministe. Je ne me suis jamais sentie féministe. Très souvent l’une ou l’autre personne de cet entourage doux qu’est le mien me répond c’est faux et c’est vrai évidemment que c’est faux, si entièrement. Toutes les fibres de mon être ont intégré les valeurs, les idées, je me suis même mariée avec le garçon le plus féministe de mon entourage, il me semble que j’ai fait cela en toute connaissance ; même si vraiment j’aurais pu m’en défendre il y a douze ans lorsqu’il a doucement pris ma main dans cette salle noire de cinéma, ou lorsque je l’ai demandé en mariage en pleine gare de Nîmes dans un train qui redémarrait enfin, j’aurais pu même il me semble répondre que le féminisme, je ne savais pas ce que c’était – je ne le savais pas. Je voulais simplement survivre au premier enfer, et je n’en étais même pas, consciemment en tout cas, à vouloir me remettre du viol conjugal, juste je me remettais de l’enfer de vivre avec un mec qui ne faisait absolument rien d’autre qu’attendre que je range et nettoie, pas seulement la maison, non, que je nettoie derrière lui. Il me semble bien oui, j’ai choisi de tomber amoureuse de cet homme, LeChat, par opposé. Pour ma sécurité – ou la sienne.

Le féminisme, je ne sais pas le définir, je ne sais pas en discuter, je ne sais pas et sincèrement, cela me convient. Ce que j’en vois, je ne l’aime pas.
Je ne l’aime vraiment pas lorsqu’on méprise au son du féminisme, lorsqu’on assomme l’autre parce qu’il a un point de vue différent du sien. Je suis épuisée par ces guerres sans cesse renouvelées – Twitter sait être inventif – et pour tout dire je ne saisis pas ce qui mérite tant de haine – et c’est le plus intéressantentre les féministes.

Ce n’est pas le féminisme qui me pose souci, évidemment, soyons sérieux, mais ce que certaines en font. Celles qui se présentent bienveillantes, et alors là soudain c’est d’une telle violence.. En ce moment, cela fleurit. Partout. Tellement. Je crois, c’est possible, tout ce qui sort avec ce hashtag c’est formidable et en même temps les tensions montent et cela semble si irrémédiable, cette douleur-fleuve qui noie de temps en temps le bon sens. Un grain de sable, un mot, un avis… et elles sont là, ensemble, pour taper sur une autre. Et sinon, la douceur ? L’écoute ? La bienveillance ?

J’aime entendre les voix se lever, parler, raconter, j’aime que le tabou explose d’autant que sincèrement, s’il avait émergé il y a quinze ans, je souhaite penser que cela m’aurait aidé à ouvrir les yeux sur ce que je vivais. J’aime les entendre, toutes ces voix et justement j’aimerais qu’elles puissent toutes être entendues, dans le respect.
Le respect a disparu de l’oiseau bleu.

Je ne suis pas énervée, je ne suis pas en colère, j’ai même beaucoup de tendresse ; je suis seulement fatiguée. J’aspire à une certaine douceur.
J’ai un peu fermé les yeux, j’ai respiré et je suis partie. Je n’ai pas prévenue, je ne sais pas encore ce que je fais, je me suis plantée ailleurs, je ferme les commentaires de mon blog et j’écoute le silence.


C’est si flou, le silence.
Il a de si belles couleurs, aussi..


 
 

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