Peluche, le chinchilla

Je ne rentre jamais dans une animalerie, jamais, je libérerais les animaux sans même vouloir y réfléchir, je souffre de les savoir en cage, je souffre de leur stress, je suis au désespoir. Alors, je n’entre jamais. Nous avons une ou deux fois fait une exception à ce jamais pour les deux enfants qui le demandaient, ils voulaient voir les poissons – Prince a développé une passion pour les aquariums. Ils aiment y passer un peu de leur temps, parfois, lorsque nous acceptons – chose rare. Ils savent pourquoi jamais nous ne prendrons d’animal dans notre maison. La cage dans la boutique n’est pas davantage acceptable chez nous, nous ne souhaitons aucune exploitation d’aucune sorte.

L’ironie de la situation étant Mignonette, adorable chatte de la voisine qui vit chez nous – je lui ai rouvert la porte ce matin, je me sentais triste de ne plus la voir – et les chatons qui sont nés dans le salon puis dans la chambre, deux années consécutives. Pas d’animaux, donc, on y tient, sérieusement, vraiment – toussote.

Nous cherchions des petites fioles, pour faire des potions – nous inventons cette année un drôle de calendrier de l’Avent. Dans le second magasin on nous a conseillé le magasin Gamm Vert, et pour en finir tout de suite avec le suspens, nous n’avons pas trouvé de fioles. LeChat s’est rendu entre les rayons pendant que j’accompagnais les enfants du côté animal. Je suis passée devant une cage en verre, Prince m’a demandé ce que c’était ce gros animal tout gris avec une grande queue et je n’ai pas eu le temps de répondre que la grande queue en question se précipitait sur nous, museau en avant collé contre une petite grille : elle nous a senti, senti encore, ne décollait plus et moi j’ai été scotchée, complètement. Je ne me l’explique pas. Je ne sais pas ce qui m’est arrivé. Si je sais ce qu’est un chinchilla, mes connaissances de l’animal s’arrêtent à sa physionomie. Je les ai toujours vu endormis, d’ailleurs, il me semble. Et lui, il m’empêchait de partir. Voilà. Il m’empêchait. Une vendeuse avec un gentil sourire est arrivé – et je pense qu’elle nous a observé en réalité, avant, m’a dit « Vous voulez le prendre ? » et je n’ai pas eu le temps de dire oui, elle avait ouvert la cage, j’ai tendu les mains et je me suis retrouvée avec une boule de poils contre moi, complètement collée à moi, et qui n’en bougeait plus sauf pour lever son museau et me chatouiller de ses immenses moustaches – mais d’où tu as des moustaches longues comme ma main, toi ?

Chinchilla

La vendeuse, adorable et pleine d’amour pour ce chinchilla, m’a expliqué qu’il était particulier, il ne dort pas spécialement la journée alors qu’il est un animal nocturne, il préfère regarder, observer. Elle le sort une fois par jour et il reste sur son épaule durant trente minutes pendant qu’elle travaille, elle disait « je n’ai jamais vu ça ». Elle a un ami qui insttalé des arbres dans sa maison, et qui jamais ne les attrape, les chinchillas vivent leur vie.. mais celui-ci, il recherche la compagnie humaine. Je me suis assise, par terre, j’étais à même le sol et il était contre moi, lové vraiment tout contre, sous ma cape ou à marcher sur mes bras, il me chatouillait les mains, le visage, me regardait dans les yeux ou s’apaisait juste contre moi.. Nous sommes restés deux heures, avec lui sur mes genoux qui refusait de partir. Les enfant tentaient bien de le prendre, il revenait dans la foulée, contre moi, tout contre, je n’y ai rien compris.. Il y avait un échange d’énergie très intense entre lui et moi. Mes douleurs sont parties. J’étais par terre, ce que je ne peux pas faire normalement sans déclencher de grosses crises et là, non seulement rien ne s’est déclenché mais ma crise initiale s’est apaisée.. Qu’est-ce que je fais de ça, moi ?

La vendeuse a été vraiment merveilleuse, elle n’a pas poussé à la vente, elle a compris que nous ne voulions pas, nous avons pu discuter avec une grande liberté. Elle m’a dit qu’il est très rare qu’elle le laisse entre les mains des clients, pour lui éviter tout stress. Il était si détendu, elle nous a laissé vivre ces instants, ensemble, c’était extraordinaire.. deux heures avec ce petit animal contre moi.. deux heures à sentir sa présence dans ma tête, comme une communication entre lui et moi..
Lorsque je l’ai déposé j’ai pleuré, et je l’ai senti contrarié, si fortement contrarié..

Je n’ai pas compris ce qu’il s’est passé..
Il me manque, et je n’ai pas su convaincre mon mari. Il n’avait qu’un mot à dire et dans ma maison, il y avait une immense cage pour un merveilleux animal qui aurait été beaucoup, beaucoup en liberté.

[Peluche est le nom donné par Prince, au moment de partir. La vendeuse a dit qu’elle mettrait un petit panneau, pour dire qu’il se nommait Peluche ^^]

chinchilla

chinchilla

chinchilla
Photos du téléphone, moches moches..

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4 commentaires sur “4”

  1. C’est drôle votre histoire me fait penser à la planète des singes. Peut être que ces animaux sont plus heureux avec nous, qu’en liberté? Dans la nature c’est quand même la jungle. Les animaux sont en liberté, mais en permetuel danger. Le plus grand mange le plus petit, le fort le plus faible. Peut être on peut dire que c’est la selection naturelle. Mais je pense qu’elle est plus atroce que la cage qu’on offre à notre animal.

    Après tout nous aussi on vit dans des cages, ce sont des grandes cages mais ce sont des cages. Peut être que l’aborigène, ou le pygmé qui ne voit vivre enfermé dans des maisons dirait que nous ne sommes libres!

    C’est juste ce que je pense, mais je peux completement avoir tord.
    Bonne soirée

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