La vie, cette errance / Luminothérapie

Lingettes sur Etsy

 

Faut pas grand chose pour survivre.
Pour vivre, par contre, je sais pas.

Aura Xilonen, Gabacho

 

Je ploie sous le vent.
Ou, sous le gris.
C’est. La. Dépression. Et bien la clandestine s’est promenée avec Saisonnière sous la pluie, je l’ai attrapée comme un coup de froid. Je n’ai rien vu. Je me la suis offerte entre le printemps absent, l’été pluvieux et l’hiver débuté en septembre. Quelque part dans ses eaux, je me suis noyée en une répétition invisible – c’est que j’ai cherché, je sombre chaque année avec la disparition de l’étoile. Il ne s’agissait que de cela finalement. Elle seule responsable de ses idées noires, de cette apathie. Cela me parait étrange de réduire ainsi ce qui me grignote depuis plusieurs mois. J’ai perdu le sommeil insidieusement, j’ai vu beaucoup trop de fenêtres pour solution, je me suis explosée de douleur, j’ai perdu mon envie de créer puis de vivre, je suis sous traitement depuis quatre mois pour ces nuits qui ne voulaient pas me fermer les yeux (parce que je ne dors pas depuis six) et tout ce que je peux en dire tient en deux mots : dépression saisonnière.
Cette injustice, je me sens un peu flouée.
Réduite à si peu.
Ce n’est rien.
Juste un peu trop de nuages dans mon ciel.

Je me suis donc acheté une lampe pour essayer la luminothérapie et vraiment c’est un peu effrayant, la différence entre le moi-sans-lumière et le moi-avec-lumière. Tout simplement, je suis de nouveau vivante.

Cependant, quelques effets indésirables ont émergé depuis le début de mes séances :
. des angoisses terribles me broient puis repartent, l’air de rien. Depuis que je séquence par tranches de quinze minutes – donc je ne fais plus une heure d’affilée -, j’ai la sensation qu’elles sont le signe que j’ai besoin de refaire une séance. Je me sens un peu déréglée de l’intérieur.
. les deux premiers jours –c’est mon troisième – j’étais irritable facilement, le fait de fragmenter dans la journée régule ce souci.
. des migraines ont tenté de percer, là encore en réduisant les temps cela semble bien.

Je respire, doucement ; entre les angoisses je reviens. Je me suis remise à lire, je cuisine de nouveau des goûters, l’aiguille a retrouvé mes mains et la plume toujours pas.
Une chose à la fois, je sais bien.. mais je voudrais bien arrêter de me cacher de l’écriture. Et puis il y a ce challenge, ces carrés de tissus envoyés et moi qui ne fais rien, toujours rien. Je suis angoissée de ça aussi.

Et puis j’ai cousu, c’est un signe que je remonte la pente. Des lingettes, une couverture en devenir, je souhaite refaire des éponges – puisque j’ai vendu les jolies -, j’ai même réparé mon gant troué.. c’est un fait j’avance de nouveau et je ne le dois qu’à une petite chose de plastique qui se prend pour un soleil.
Cela me laisse rêveuse, d’avoir berné ainsi mon corps, de sortir de là..

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