Il suffit d'un mot

Un peu de nuit sans en être

Je me cache parce que je devrais bien être ailleurs à faire autre chose. Voilà. Je n’y suis pas alors je ne suis plus nulle part. C’est dit, je devrais juste bousculer les méninges.
Dans ma tête, il y a trop.
De fatigue tout d’abord, parce que je souhaite tellement fort faire plaisir, je m’oublie. J’ai gardé un enfant huit heures durant, ce n’était pas le mien et il refusait de communiquer, c’était difficile pour moi son silence obstiné et sa manière de faire. Hibou s’y est blessé, j’étais si triste pour lui.. fière aussi, qu’il arrive si bien à l’exprimer.

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Je pense. Beaucoup. Trop ou alors peut-être, pas assez. C’est difficile de savoir, passé un certain cap.

Il y a ma mère, dans ma tête. Et S.
Ma capacité à être mère, ma capacité à être femme.
Mon écriture. Enfin, son absence.

Il y a de la torture, dessous. J’ai peur de ce qui apparait parfois, des mots que j’avais oubliés, ou sans doute plus exactement que je n’avais pas voulu retenir. Ils feraient trop mal à rester sous les yeux, ils ravageraient encore. Alors ils le font mais en sourdine, ils blessent en écho et on ne sait plus d’où ça vient, toute cette douleur, cela demanderait trop de fouilles anciennes, il n’y a pas l’énergie, on doit attendre que ça crie plus fort, on ne sait plus d’où ça vient et on en meurt lentement.
J’entends un peu mieux, c’est-à-dire que je déplie les sons, je tends l’oreille, je déroule l’enfermé.
Je suis épuisée de bruit.
Alors je ne me dis plus, il faudrait déjà que je démêle toute cette violence, que je fasse le tour des abîmes.

J’évite, je ne sais plus faire.

C’est comme si j’allais bien puisqu’il n’y a rien à en dire. C’est un peu ça mais dans la nuit.

Tout est un peu trop tard pour un peu d’enfance.

2 Comments:

  1. Quand il y a du trop dans la tête on ne sait plus où on en est.
    Je crois qu’il faut démêler la violence, ce n’est pas magique, ça permet juste de la libérer. De se libérer d’elle.
    Des pensées pour toi.
    Oui s’occuper des autres c’est parfois une façon de ne pas penser à soi. On s’oublie si bien, si vite.

    1. Si vite oui.. Parfois je sais et puis parfois j’oublie, comme en ce moment. Me prioriser, ça serait une bonne chose, je prends note, cela devrait mieux fonctionner bientôt tout ça.

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