Il suffit d'un mot

La nuit, les nœuds

La douleur m’avait tirée du sommeil avant même que mon fils franchisse la porte – l’heure était donc vraiment exagérée – le muscle faisait un nœud. C’est ma hantise. Le nœud, ma plus grande peur. Parfois il me semble que je suis étrange parce que vraiment la déchirure je devrais l’appréhender davantage mais non, le muscle qui se contracte et se met en boule – pourquoi d’ailleurs, serait-il en colère ? – cela me terrifie. Je suppose, le fait d’être tirée du sommeil joue.. Et alors cette boule se forme pour trois raisons : j’ai trop forcé récemment, je n’ai pas bu suffisamment, il y a une immobilisation longue – la nuit. J’ai donc peur toutes les nuits. Je n’y songe pas spécialement, mais je le sais, j’ai peur toutes les nuits. Il faut bien que j’accepte de le dire, je force tout le temps, certes je bois mais je ne sais pas vraiment si cela suffit, et la nuit je ne bouge pas tant – et n’y peux pas grand chose. Heureusement, cela n’arrive pas si souvent.

Je fais de nouveau mes nuits comme un tout petit enfant, je ferme les yeux et c’est à peine si je tourne ou alors juste un peu juste ce qu’il faut pour avoir la pensée que je ne dormirai pas facilement il semble, et voilà que soudain on est le matin. Je rêve, je défais d’autres nœuds. Hier j’ai senti mon corps se remettre à fonctionner, c’était un peu une machine arrêtée qui repartait sur son chemin.

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