Il suffit d'un mot

Il n’y a pas de sens [écriture quasi automatique]

Je suis devenue particulièrement difficile avec les livres que je lis, je pense pouvoir affirmer que le temps que j’y accorde étant mince, la raison s’y trouve très logiquement logée. Sans doute, elle n’est pas la seule.. pourtant il est vrai que de passer quelques heures de mon après-midi sur les lignes écrites par un·e autre, j’en attends forcément une qualité certaine. Je suis donc fortement déçue par le livre que je viens de lire, ayant aimé le précédent de l’auteur – moins sa fin trop sirupeuse et lissée. Celui-ci est tellement lisse dès le premier mot, j’ai glissé dans l’agacement par mégarde le sujet aurait pu être traité de manière sublime.

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Le ciel s’étire comme d’une longue sieste, je crois qu’il se déchirera d’ici peu si j’en crois l’immobilité soudaine des chants d’oiseaux. Je suis partagée entre le il pleut tellement que c’est trop, il pleut tellement que la terre en déborde, et mon linge ce n’est pas ainsi qu’il va sécher avec tout le poids du monde se déversant sur lui , et entre un bien plus étonnant j’ai hâte qu’il explose se déverse qu’il balance son intense colère et qu’on en finisse une bonne fois, qu’il hurle ce qu’il nous reproche et qu’enfin les survivants avancent. Alors forcément je me demande pourquoi cette pensée, et peut-être suis-je à pleurer en dedans peut-être suis-je en colère, allez savoir, avec toute cette eau qui cache le gravier qui pourrait avoir fait trébucher. Je ne sais plus différencier ce qui ne va pas, il n’y a pas de raisons proches, elles sont toutes tellement loin de moi si anciennes, je ne sais plus ce qui me fait souffrir – c’est un leurre évidemment je sais. Je suis triste d’en être là, encore. Triste de cette tristesse.

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Il pleut c’est épuisant.
Je me demande combien de fois encore il crèvera sur nos têtes avant que l’on ne se plaigne enfin de la canicule, je me demande même si nous saurons encore ce qu’est la canicule lorsque tous les gens auront péri noyé avec leur gravier les coulant vers le fond.

[et alors le ciel s’est effectivement déchiré, noyant la ville, les rues se transformant en rivière ulcérée.]

4 Comments:

  1. « je ne sais plus ce qui me fait souffrir »
    Je me reconnais tellement dans ces mots, maux. Je regarde ma vie, belle, apaisée, riche de tant de jolies choses, de paix, de douceur, de vie. Et puis un rien me fait flancher et je n’arrive pas à savoir d’où ça vient, comment ça revient. Je ne sais pas dire ce qui se passe en moi. J’ai l’impression que ça vient de loin, de très loin, j’ai peur de chercher. Alors je laisse le temps au temps. Ca se dit. Et parfois ça reste silencieux. J’apprends à l’accepter aussi.
    Belle journée à toi et merci pour tes mots, si justes, si beaux, toujours. Je sens qu’ils parlent à quelque chose de plus grand que moi.

    1. Je te remercie infiniment, j’avais la sensation d’être si peu claire, de m’être perdue un peu plus encore.. Je me sens dévorée et si je sais dater – c’est depuis que j’ai impacté sur la manière dont me traitait un ami -, je ne sais pas voir tout ce que ça a impacté à l’intérieur (et sans doute je dois chercher du côté de mon ex), tout ce que ça a remué de noirceur. Je me sens si mal alors que ma vie est si belle.. c’est insupportable ce décalage.
      J’espère que tu arriveras toi aussi à dépasser ces souffrances passées <3
      Je te souhaite également une douce journée, merci encore de tes mots..

      1. Ah, ce décalage ! Il m’est bien familier. Je comprends ce vertige lorsqu’il s’agit de remonter l’origine d’une souffrance – depuis un an je réalise à quel point un traumatisme d’enfance m’a profondément marquée, et parfois je refuse d’y penser parce que c’est juste « trop ».

        Patience et indulgence envers toi-même, envers le temps, peut-être que la pluie emportera avec elle tout ce que tu charries de superflu ?

        1. J’aimerais beaucoup que la pluie emporte tout, qu’elle nettoie ce noir.. je crains que ce ne soit trop extérieur, mais d’une certaine manière l’écho me fait profiter de ce nettoyage, je m’associe, je profite de cette pluie pour déverser plus loin.. Un mélange particulier.
          Il y a beaucoup de trop dans les traumatismes, c’est si épuisant.. Des pensées douces pour toi Dame

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