De toutes les incertitudes


 

J’habille la nuit de mes rêves, ils ont l’intensité de toutes mes angoisses.

Je travaillais un peu comme avant sans que ce soit exactement le même lieu, je travaillais avec autour de moi des piles de magazines et des piles de livres et tout au-dessus j’accrochais des magazines pour les faire sécher au milieu de tee-shirts et voyais trois problématiques essentielles caractérisant ma vie
· je devais nettoyer trier jeter mes relations
· je devais trier ranger jeter mes affaires
· je devais m’occuper de faire sécher mon linge
il y avait toujours trop de tout, de personnes, d’affaires, de linge
j’étouffais

Ce matin et en toute logique j’ai donc trié et jeté deux magazines, étendu une machine sous un soleil incertain, et beaucoup lu. Il s’agit d’une réponse bancale à toute cette souffrance, ce n’est même pas un maigre pansement égaré ou alors il s’agit d’à peine davantage. J’ai réalisé comme je m’étais laissée détruire. Il n’a certes pas voulu cela, il n’a rien mesuré, je ne suis même plus certaine de lui en vouloir, je crois je ne lui en veux pas je suis seulement désespérée de l’avoir laissé me blesser ainsi. De m’être repliée sur moi. Oh j’ai bien tenté de le lui dire, l’agression ayant été plus violente et dans une inégalité de genre j’ai lâché. J’ai tout lâché. Je veux dire, je me suis lâchée moi. Je réalise comme je me sens minable, depuis. Inutilement là. Inutilement femme, inutilement amie, inutilement vivante. Je suis retournée à ce point de départ · sous les coups, sous les mots, sous le mépris · de la mère, de ma famille, de S. Je m’en veux de me dissoudre ainsi et je suppose, il me faut en passer par là ; non la culpabilité, mais bien la prise de conscience des dégâts occasionnés. Si j’ai certes le droit d’échouer, d’être blessée au point de replonger jusqu’à me noyer, j’aimerais bien mieux affronter ces milliers de démons une bonne foi et ne plus être ainsi démolie par des personnes en qui j’avais confiance et ne savent pas grandir sans tuer.
Je suis pleine de bleus, j’imprime dans ma chair la souffrance à l’identique.
Je questionne ma place.
Je ne suis plus en moi que les miettes, j’éparpille ce qu’il reste et je fais le ménage.
Je commence aujourd’hui.
 

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2 Comments:

  1. « J’habille la nuit de mes rêves, ils ont l’intensité de toutes mes angoisses »
    Je lis tes mots et comme toujours, ils font écho en moi.
    Affronter les démons une fois pour toutes, oui, comme je te comprends. Je préférerais ça moi aussi plutôt que le compte-goutte et ces hauts vertiges, ces creux chaotiques et au milieu, la paix, la vie, la beauté, les rires.
    J’aimerais en finir avec le moche et pouvoir enfin vivre délestée de ce qui s’accroche, du noir qui me retient de voir la lumière pleine et entière, de l’accueillir.
    Le travail se fait parfois à l’intérieur, sans notre participation active.

    1. C’est juste.. (mais là ça devient trop long, ce travail en sous-marin, il est temps que les choses bougent 😉 ).
      Merci de tes mots qui me touchent à chaque fois..

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