J’ai finalement trouvé un remède à la dépression : la lecture intensive. Ici l’intensif se fait un peu plus discret que ce que le mot pourrait laisser croire, il ne faut pas hésiter à se plonger dans les repas, l’école à la maison ou les plans de la maison, bien avant de mettre le nez dans les histoires des autres alors je n’avance pas forcément bien vite. Avec un livre par jour (ou deux), je tiens tout de même le rythme. Alors d’ailleurs je ne sais vraiment pas comment cela a pu arriver, je me suis perdue ; d’une dystopie à l’autre je confonds désormais deux trilogies lues l’une dernière l’autre, c’est un peu gênant puisque j’ai profondément aimé la première et profondément été agacée par la seconde. Mais si j’y songe, je mélange les noms et les aventures, je suis perplexe je dois me concentrer fortement pour remettre en bonne place. Un peu trop fatiguée, certainement. J’ai changé le paysage alors, ce livre-ci m’a envoyée dans une famille un peu à la Marie-Aude Muraille, mais comme plus en profondeur peut-être, et pour la seconde fois en deux jours il y a cette phrase, entendue et puis lue je pense qu’on ne tombe pas amoureux d’un garçon ou d’une fille, mais d’une personne et je me suis comme réparée là, pour ces quelques femmes croisées que j’ai aimé dans le silence. Doucement.
Je suis droguée, je plane, je ne suis plus retenue par rien sinon l’amour des personnages défilant sous mes yeux sous mes doigts. La plus grande de mes tristesses ces temps, c’est ne pas pouvoir les rencontrer autour d’une tasse de thé, discuter discuter discuter. Dans le petit carré d’herbe –rectangulaire – je reçois les regards étonnés des voisins, c’est que j’ose m’installer avec ma chaise, mon livre, ma musique, et profiter de l’éclat des rayons chauds du soleil, avec Mignonette sur mes genoux ou sous mes jambes. J’anticipe sur nos vacances sans enfants, je m’entoure de silence et je remonte, délicatement.
Je constate la solitude aux non-mails – et mails qui n’en sont pas-, aux non-thés et à la vitesse de lecture, je me vois combler ce que je sais désormais être évident, je ne peux intéresser vraiment, ou alors pas longtemps. Quelque chose en moi, de ce que je dis et puis ce que je ne dis pas, fait reculer invariablement : mon écoute et mes mots. Je n’avais jamais vu comme c’est amusant tout de même, comme c’est opposé cette histoire. Je – ne suis pas entendue – fais fuir sur une ambivalence folle, il y a de quoi sourire finalement. Tout ce trop dans ma tête à déverser quelque part, tant de sensibilités.. je remonte de cette douleur, une histoire là encore, de deuils. Ce que je suis vaut bien davantage que des oreilles inattentives ?
Alors.
Je m’offre la douceur dont j’ai besoin, je m’apaise. Délicatement.
 

4 Comments:

  1. Marie Kléber

    « Je m’offre la douceur dont j’ai besoin » et bien c’est merveilleux!
    La phrase que tu partages m’a interpellée. Rassurée peut-être aussi par rapport à ces femmes qui ont traversé ma vie, desquelles je me suis sentie si proche que je me suis sentie si « anormale ».
    Merci

  2. ddc

    Y a-t-il besoin d’envoyer des emails aux personnes pour les entendre ou les écouter ?

    « je ne peux intéresser vraiment, ou alors pas longtemps »
    Cela m’interpelle beaucoup de lire cela car pour moi tu es l’évidence inverse.

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