Ce silence, de grandir

Je me sens comme grandie,
la sensation est si forte je pourrais me mesurer juste
vérifier la chose.

Une nuit d’ombres tombées
– vingt centimètres – ne suis pas certaine du prodige,
laisse s’envoler l’émotion.

Peut-être j’avais le poids de cette allure-là, toute petite, écrasée. Suis-je vue depuis ces années toute ratatinée et maintenant toute droite, qu’est-ce qui se redresse dans la sensation de grandir ? Comment peut-on être si loin de soi depuis le miroir, et se découvrir enfin en rejetant l’image. Qu’est-ce qui sépare un instant d’un autre, à quel moment la bascule devient réelle. Quel bruit cela fait, de grandir.

Je me sens libre depuis une prise de silence ou une prise de mot ou alors seulement depuis le réveil brutal d’un regard comme éclairci, je ne pèse plus cette absence et c’est d’importance je m’élève juste ce qu’il faut. Ce qu’il advient finalement, c’est un ancrage à la Terre et une élévation. Le plus étonnant, c’est le silence dans lequel ça se produit. Le bruit, c’est tout ce silence autour, parce que c’est un peu terrifiant, je ne suis plus certaine de ma tonalité.
Et peut-être.
J’aime.

Et certes, tout dans ce monde est fait pour nous distraire de ce qui est là, tout proche. Le «quotidien» est par prédisposition le lieu qu’une certaine ankylose voudrait préserver des conflits et des affects trop intenses. C’est justement cette lâcheté-là qui laisse tout filer et finit par rendre le quotidien si poisseux et les relations si gluantes. Si nous étions plus sereins, plus sûrs de nous, si nous redoutions moins le conflit et ce qu’une rencontre vient bouleverser, certainement leurs conséquences seraient-elles moins fâcheuses. Et même peut-être pas fâcheuses du tout. »
Comité invisible, Maintenant, « À mort la politique »

ailes de papillon

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