Pensine

De l’eau dans les mots du monde

Il y a de l’eau dans les mots du monde, dans les mots des autres. Des larmes. Je n’entends pas très bien je fais répéter, toute cette eau est si insupportable elle clapote la nuit, je peine à endormir mes pensées noyées évidemment. J’essaye bien de l’attraper cette goutte coincée comme dans une gorge mais elle est bien trop loin, peut-être même est-elle derrière le tympan et alors forcément elle échappe à tout contrôle, à toute tentative de maitrise, et je n’arrive à rien, je noie les sons du monde depuis trois jours et je dois m’y faire peut-être, accepter le vague à l’âme jusque là.
Je me sens enfermée dans l’acouphène, repliée sur moi depuis que je n’entends plus que par distraction, je ne saisis ce qui m’entoure qu’avec parcimonie. Pourtant l’autre oreille n’a rien, n’est pas affectée par cette eau du bain où j’ai plongé la tête sous l’eau, c’est fou vraiment comme une seule oreille touchée par la perte de l’audition rend le monde complètement hors de portée, trouble. Lointain.
Je ne me sens plus reliée, j’ai la sensation d’un fétu de paille entre la vie à moi. De la ouate, un peu.
Aussi passager que soit la chose, je n’aime pas beaucoup étouffer la vie.

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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