Sous la pluie

Je laisse partir, souvent

Mon cœur pareil à une flamme renversée
Les rois qui meurent tour à tour naissent au cœur des poètes
Dans ce miroir je suis enclos vivant et vrai comme on imagine les anges et non comme sont les reflets.

Guillaume Apollinaire

J’ai regardé partir le train avec à son bord toutes les promesses d’apaisement dont j’avais besoin, une possibilité ratée d’un rien – toutes les secondes du monde s’y tenaient en équilibre précaire. Dans une cruauté de l’instant, LeChat est arrivé sur le quai en courant et j’étais là, à jamais non partie. Je me suis décomposée, de l’intérieur je me déchirais sur le train qui s’arrachait de la gare tout en me sachant là, à la bonne place. Peut-on ressentir ainsi deux chemins deux vies deux directions se créer sans se désintégrer totalement ? Je me suis vue m’en aller et rester lors d’une même vision, je n’ai pas su pleurer et LeChat m’a demandé si ça allait, d’être restée. Cela n’allait pas, cela allait, c’était les deux et c’était l’enfer.

Elles sont parties je n’y étais pas et j’ai songé que peut-être je ne savais pas saisir l’instant, j’aurais dû il me semble me faufiler, m’échapper, les accompagner dans leur retour. Je n’avais aucune intention d’aller peut-être, la douleur restait, m’accompagnait, j’avais de la compagnie, déjà. Les enfants seraient restés – impensable – à attendre leur père comme abandonnés par moi, le billet aurait été arraché des mains du guichetier, rien ne pouvait se créer sans douleur, rien ne pouvait se faire.  Elles sont parties et j’ai regardé mon être s’éloigner avec elles sans rien retenir de moi.

entre les deux,
mon cœur

et
tourner

Juste là, lire encore

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L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

2 commentaires

  • Cléa Cassia

    L’inconscient prend racine dans l’enfance, il y a tellement de choses que nous réalisons qui ne sont finalement que des reproductions de ce que nous y avons vécu (j’ai envie de croire que ce sont les bonnes comme les mauvaises choses, mais j’ai quand même un peu l’impression que ce sont surtout les mauvaises choses). Comme si le cerveau était marqué au fer blanc dans la souffrance. Je ne sais pas s’il faut se contenter de les reconnaitre ou apprendre à les dépasser, quel pouvoir avons nous réellement là dessus ?

    J’ai aussi beaucoup laissé partir, et cette phrase « je ne suis pas connue depuis l’intérieur par trop de personnes se disant proches », je l’ai écrite et pensée si souvent. Jusqu’à accepter d’être la meilleure compagnie possible pour moi-même de toute façon. Quand bien même je reste à me découvrir presque toute entière.

    Je t’envoie d’amicales pensées, moi qui te connais un peu des mots !

    • Dame Ambre

      Il faut reconnaitre, je n’ai jamais identifié de boucles positives (du style, tous les 3 ans il m’arrive un truc super chouette \o/ Non.). Dommage ^^’ Je n’y avais jamais réfléchi ainsi (même si je m’étais déjà fait la réflexion que j’aurais bien aimé plutôt un truc positif qui arriverait à la surface).
      Je dirais.. les reconnaître déjà, c’est une partie du travail. Et souvent les dépasser, c’est le travail qui se fait ensuite, de toute façon malgré nous il me semble ? Je ne sais pas.. j’ai une manière de travailler sur moi tellement en sous-marin, les choses avancent..

      Il me semble, j’en suis là, « accepter d’être la meilleure compagnie possible pour moi-même ». Peut-être faut-il en passer par là pour que nos relations amicales se déroulent plus en douceur ?

      Des bises <3 Merci de tes mots

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