Retenez-moi je vais m’envoler

Pyrit – They are

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Il me semblait, je ne touchais pas terre. C’est cela, les yeux grands ouverts sur des pilules toujours aussi bleues j’ai marché sur la nuit et je ne suis arrivée nulle part. C’est un désastre sombre, l’attente. J’ouvre les yeux trop tôt il fait si noir, je ferme les yeux trop tard dans le même noir ou alors c’est un autre, il a changé, il s’est délité, je n’existe pas. Je me retiens à son corps, il a le souffle léger. Il ne s’inquiète de rien.

Le début d’été m’a perturbée, je suis mouvementée de solitude et je crois, cela me va bien. Pourtant je surveille les courbes – et les bosses et les bleus, sans doute – depuis que j’ai perdu 6kg d’amis, parce que dans le doute je n’ai pas envie de rire avec ma santé. C’était un peu rapide, quelques jours-semaine, je mange parfaitement bien cela ne pouvait venir de ce côté. Mon poids s’est stabilisé et je me suis rassurée, j’avais bien perdu 6kg de boulets blessants et manipulateurs. Je ne me suis pas remise de la perte portée, je suis impressionnée par la capacité du corps à se défendre d’un bouclier de graisse comme un preux chevalier. Je ne lui avais rien demandé.

Je surveille, disais-je. Une inquiétude sourde tout de même, malgré le mois entier passé à ne plus bouger, en équilibre sur une vieille balance à aiguille. Un mois, tout un mois indiquant 50 avec finesse.
J’ai eu un doute en rentrant, lundi. Il m’a semblé que le cinquante, je n’y étais plus vraiment, que j’avais bougé un peu, mais avec la vieillesse justement de la bête, pouvais-je être certaine ? Alors ce matin puisque deux jours ont passé, je suis remontée. J’avais été dévorée encore un peu durant mes nuits sans sommeil.
J’ai perdu un kilo d’angoisse et de désespoir. Ou un kilo de mots.
Je vais disparaitre.

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