Pensine

À fleur de rêve

Je suis sur un fil, l’équilibre est fragile. Je le sens dans la gorge, étrange emplacement pas si étrange  puisque sans doute, j’aurais beaucoup à dire. De ce qui s’effondre, de ce qui s’envole.
Parfois la pensée me traverse qu’il me faudrait un psy, disons à défaut il me faudrait venir ici davantage pour entendre tout ce que je craque. Tout ce que je remets droit, aussi.

Les nuits chuchotent, les rêvent me bousculent, je suis comme étonnée de me réveiller ailleurs. J’entends tu me dis je suis seule, ça a l’air d’un drame, les nuits. J’ai l’air triste, la nuit. Pourtant je vais indéniablement mieux de stabilité, à peine une pointe d’angoisse, parfois, lorsque je détourne le regard.
Le sommeil est revenu lorsque j’ai su ce qui me terrifiait – le retour de mur. Je craignais le coup, et dans le même temps j’ai crains la nouvelle Moi, celle en train de lire – ou de se faire perdre à la page 95 – Roland Barthes sans même une inquiétude. Peut-on se faire frapper d’oser essayer de comprendre une pensée ? C’est si loin, maintenant. Les murs et les cris.
Cela me parait si incroyable qu’une fois identifiée, une peur se dissolve.. Quel miracle est-ce là pour qu’une peur arrête de s’agiter dans tous les sens hyperactive petite chose et que les yeux dans les yeux elle s’apaise..

L’épuisement est revenu dans le même bagage, peut-être est-ce de dormir de nouveau et sans pilules bleues, peut-être est-ce la pression retombée, toujours est-il, je peine.
Hibou me demande à faire des calculs toute la journée, il est 20h24 il y est encore – la découverte des unités et dizaines le fascine -, Prince s’énerve à la moindre contrariété, je me sens sollicitée plus que mes capacités ; je suis passée dans le non-possible et pourtant je continue, j’accompagne, j’entoure ces deux enfants si particuliers et je m’oublie. Je ne saurais même plus dire si j’ai un rêve, dans la vie. Pour tenir debout. Je le disais hier c’est étonnant, je le disais à une autre que les rêves ça fait tenir debout et je me suis demandé ils sont où mes rêves, ceux qui me tiennent.

Alors.
Demain, je fuis. J’abandonne tout le monde. LeChat sera sur un jour de repos et je lâche tout, l’atypisme, l’ief, les repas, les enfants, les unités et les dizaines, les tensions, la maison à construire, je lâche tout, c’est une fuite, une tornade, je m’en fous.
Je vais essayer de marcher, de cette distance que je mets entre mon corps et ma vie parce que je ne pratique tellement plus j’ai oublié, je ne sais plus ce que c’est, marcher seule.
Et aussi, je déposerai un colis à la poste, je vais tenter de me trouver des chaussons qui accepteraient de ne pas se trouer dans trois mois, je m’achèterai peut-être un journal d’Histoire, et ensuite – l’hypothèse est soudainement très large mais je la conserve dans un coin de ma tête – je me laisserais bien tenter par un thé et de l’écriture si je trouve à me perdre dans ma ville, si je m’accepte à une table dorée au soleil d’automne.
Disparaitre sur des heures, c’est cela dont je rêve immédiatement.


chuuut

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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