Une écriture somnambule

Stavroz – The Finishing

Demain je vais tenter d’écrire durant un mois, ça se contiendra tout dans demain parce que si j’échoue dès le premier jour je vais baisser les bras. C’est sûr. J’ai un anxiolytique qui me les monte ses bras mais tout de même, il faudrait voir à ne pas croire qu’il est surpuissant. Par exemple, il n’a pas réussi à me faire ouvrir la porte sur des monstres-enfants, ils n’ont pas eu de bonbons mais peut-être, moi, j’ai eu un sort sans le savoir et il m’attend sur le palier. Contre les portes, il y a un autre côté toutes ces nuits-là. C’est cela Halloween, un envers à nos peurs et nos fantômes. On se maquille, on se déguise et on croit leurrer les morts avec des sucreries. Ne sommes-nous pas merveilleusement amusants, tout de même.

Je n’ouvre pas les portes de dehors, peut-être parce que je contemple celles à l’intérieur. Je ne les savais même pas là, ou alors elles sont apparues avec la pilule mauve, celle que j’ai cru voir blanche et qui était mauve, si, vraiment. Comment j’ai fait pour la voir blanche, cela me dépasse complètement, mais enfin elle me fait dormir, je ne me réveille plus alors la nuit je ne sais pas si je rêve en mauve ou en blanc, je ferme les yeux, et c’est tout ce que je sais. Maintenant j’en suis à me demander comment sont les nuits que je dors, est-ce qu’elles existent réellement ces nuits, est-ce que ce n’est pas un leurre ? Je ne suis pas sauvable.

Et donc demain, je vais tenter le Nanowrimo, cette chose angoissante.
D’accord, je ne dis pas la vérité.
Je ne vais pas le faire, je ne vais pas me torturer la tête pour trouver tous les jours 1667 mots. Je vais juste essayer d’écrire le plus possible et voir venir, et puis tant pis pour le compteur. Alors parfois, je partagerai ici ce qui est venu, ça sera sans relecture, brut ou peut-être brutal, des choses qui me viennent ayant besoin de sortir de ma tête et je décline toute responsabilité. Je n’ai pas la moindre idée d’écriture ; et ce rien à écrire, je ne sais pas si je saurai, si ça va être posable, si ça ne va pas encore partir dans les aigus ou les fantômes. Ça sera une écriture somnambule, certainement. Inhabitable – c’est à espérer pour les morts – bouleversée ou passée, mentalement équilibrée sur un seul pied comme pour une marelle, je ne sais pas être autre. Divagante.

Et puis parfois je le garderai loin parce que ça sera trop délirant ou alors non destinés à vos yeux, ou encore pour le Carnet Noir, lorsque cela concernera le roman – voyez ce futur optimiste. Parce que mon horizon c’est lui, seulement lui. Je sais que je ne peux pas écrire 50 000 mots cette année, et peut-être plus aucune année de toutes les années à venir, cette pression m’avait fait pleurer je me souviens. C’est trop lourd, cette fois. Et je l’espère, je saurai être raisonnable, je saurai ne pas tomber dans ces 1667 drogues. Parce que c’est cela finalement, j’ai peur de ne pas savoir me discipliner et de me jeter dans le précipice et me perdre, me perdre.. Comme souvent.


Épilobe



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