Indéfiniment

HaBanot Nechama- Ya

A tousser le choc, je n’avais pas vu. Il y a une certaine liberté dans le silence, une joie, un peu, à ne plus exister dans la parole.
Je vis pour moi.
Est-ce que je peux vivre indéfiniment pour moi ?

Je ne me dis plus à voix haute.
A voix basse, non plus.
Je n’esquisse pas la pensée non plus.

Je crois, je ne reconnaitrai plus ma voix. Je l’aurai perdue. Égarée.
Je ne peux plus dire c’est moi.
Je suis.
Pas de réponse ni questions.



Ils se taisent, lorsque j’essaye de communiquer. Je ne dis pas beaucoup, mais ils se taisent, à leur tour ils créent le silence pour m’écouter plus bas que le murmure, la maison s’apaise sur ces quelques secondes.
L’équilibre est fragile.

J’ai un million d’âge.

Mais. Si je fais un cauchemar, comment je crie ?
Le silence dans les rêves.


Je ne dis pas beaucoup.
Je ris silencieusement, c’est un rire absent, il faut prêter l’oreille et entendre le souffle. Je suis traversée par l’air.
Je ne peux chanter. J’écoute la musique depuis les doigts, un envol d’oiseaux dans le ciel.
Je voudrais voyager.


Je cuisine. Gratin de chou-fleur, tarte à l’oignon, couscous, muffins amande et noix de pécan.. Ils aident, découpent, épluchent. Hibou s’est mis à faire la vaisselle soudain, hier il passait l’aspirateur, tout à l’heure il a appelé son grand-frère pour qu’il essuie, je n’ai jamais eu autant d’aide et surtout, non demandée.

Sur mon bureau, des fleurs. Elles égayent mon travail, mes journées, mes dessins, le soleil entre comme une invitation, il me semble qu’il faudrait toujours des fleurs pour embellir cet espace.. est-ce que j’habite là, vraiment, est-ce que je suis là.

la rose tient-elle ses promesses lorsqu’elle sourit