La nuit en pleine lumière

The Mystery of the Bulgarian Voices ft. Lisa Gerrard – Pora Sotunda

J’ai trop de secrets.

J’ai toujours dit les choses à ce blog que je considère comme mon psy – il a ce visage-là. Il m’aide, je progresse, j’écris des choses que je ne sais pas à l’avance, ça vient sous les doigts, c’est ainsi. Je me suis découverte souvent dans cette écriture automatique, j’ai eu des révélations. Ce blog est un travail permanent sur moi-même.

Depuis.. lui.. je tais. J’ai tu pour ne pas le froisser, j’ai aussi mis sous clé, je l’ai empêché de lire d’une manière un peu bancale face à la technologie d’aujourd’hui et puis je l’ai finalement mis à la porte officiellement et gentiment – j’espère que tu t’y tiens mais ce n’est pas mon problème il faut dire. J’ai besoin de bien trop de liberté pour devoir faire attention de ne pas blesser l’égo d’une personne ne se remettant pas en question.

Et j’ai encore tu, et c’est encore lui. Parce que ce n’est pas disible en dehors d’un véritable cabinet de psy, cette histoire m’a couté ma voix – une voix que je ne récupère pas entièrement ; j’ai prouvé ainsi que mon blog avait ses limites. Je ne peux pas tout dire ici, je ne le savais pas. Ici il y a vous et je ne peux vous laissez en être dépositaire, dans un carnet il y a toujours la possibilité, le risque, d’être lue par un autre – ne serait-ce qu’à ma mort – et ça vraiment.. non.. Alors je tais et ma voix m’échappe. Je me suis remise mais je n’ai pu l’écrire nulle part, je le sais, ça reste coincé. Le chemin s’est perdu. Alors ici, je ne sais plus me dire puisqu’il y a des choses qui peuvent se perdre. Je passe comment, maintenant, je suis où ? Est-ce que je peux faire encore quelque chose de cet espace qui me ressemble ?

Et je tais encore. Autre chose encore. Parce que les mots ne trouvent plus leur chemin, parce que c’est d’ordre très privé, parce que allez savoir. Je ne sais pas encore le cerner dans son entièreté, mais je crois, ça ira. C’est cela, ça va. C’est à sa place, un équilibre naturel, c’est étonnant, décalé et naturel.

Il me semble avoir modifié le regard que je porte sur mes mots. Leur importance, leur possibilité. Je crois, je ne sais plus, et il n’y a pas forcément de réponse.

Je vais prendre le temps, sonder la fragilité de la glace sous mes pieds.

Et. Alors.
Je suis amusée.
Il y a quelques jours j’étais en colère, de celle qui balaye et m’a empêchée de dormir les premières heures de la nuit.
C’est passé. L’humain est ainsi qu’il ne communique pas ce qui me parait à moi essentiel pour ne pas basculer dans l’irrespect. Et il faut bien dire qu’en ce moment, je baigne beaucoup dedans.
Et donc la maison d’édition qui prévoyait de me publier dans un livre contenant l’abécédaire pour lequel j’avais été sélectionnée, cette maison à qui j’ai dû arracher des mails pour obtenir des réponses succinctes et avec qui j’avais signé un contrat, cette maison donc a fermé ses portes sans me le dire. J’en reparlerai, de cette histoire incroyable.
Ce qui m’amuse pour l’instant, c’est le silence dans lequel je suis depuis des mois, partout, autour, en moi, c’est incroyable.
Il va être vraiment intéressant d’en sortir..

dessin de guêpe
dessin de guêpe

2 Comments:

    1. Ah.. je reparle maintenant, juste ça se casse de temps en temps. Ça m’échappe. Chanter, depuis hier j’ai vu que je peux un peu, si je ne monte pas trop haut (là, y’a plus de voix, plus rien). Plus d’un mois à passé..
      Je t’en dis plus par mail, aujourd’hui si j’y arrive sinon à partir de lundi 🙂

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