Pensine

Ce qui se rêve

Gizmo Varillas – El Dorado



Le voyage en Allemagne s’est évaporé, faute d’engouement de l’un comme de l’autre, on a l’âme à vif – un peu. Il a soudainement proposé Venise, c’était pétillant dans ses yeux comme une lune de miel – celle jamais faite parce que le mariage et puis l’enfant dans le ventre, et pas l’argent surtout. Je ne sais pas pourquoi, dans la tête j’ai la lune de miel collée à Venise comme si la ville ne se vendait qu’ainsi, avec des amoureux sur l’eau.

C’est fou ce désir de s’enfuir et l’incapacité à se projeter loin, comme si tant que les enfants sont là, on ne peut pas on ne sait pas c’est impossible. Dans ma tête, aucun voyage ne s’est dessiné. Peut-être aussi, c’est mon état. C’est moi. Je n’habite plus là, je monte les larmes comme d’autres des meubles ikéa, ça a l’air simple et finalement tout est à l’envers on a cassé une pièce, je suis la pièce cassée et les larmes. J’avais trouvé l’huile essentielle de sauge sclarée, je la respirais comme une bulle d’air et je m’y apaisais et alors, la tuile, mon système nerveux semble ne pas apprécier du tout. Les douleurs neuropathiques, c’est à dire le système nerveux qui s’emballe et brûle les deux avant-bras symétriquement, c’est à pleurer quand il fait 4°C dehors et que les manches courtes il fait froid et que les manches longues ça fait hurler. J’ai encore mal, juste c’est supportable maintenant. J’attends. Je veux être certaine, je retenterai, je la respirerai moins aussi. Dans quinze jours je vois ma Doc, elle me dira pré-ménopause, je dirai je sais nous en avions parlé, je dirai aussi je sais bien, 8 jours de retard pour 24h de règles c’est parlant et ensuite il me faudra quelque chose n’importe quoi, j’ai besoin d’arrêter de pleurer, de regarder dans le vide, de m’apercevoir qu’il est 18h28 et que la journée a disparu je n’ai rien fait, j’ai besoin de vivre.
Enfin depuis que je sais, je me secoue du vide, ce n’est qu’hormonal, ça va passer, je m’accroche mieux à la vie sous les doigts. Mais j’aurais aimé comprendre l’année passée bien avant, c’était cela, ce yo-yo interminable, un an que je pleure pour tout pour rien pour l’Ami, alors que merde c’était juste des follicules en train de mourir. C’est violent chez moi, j’ai la fertilité bruyante visiblement. C’est tellement n’importe quoi et depuis si longtemps, je me demande si je vais bien à l’intérieur, si je sais encore aller bien, si je saurai retrouver ce chemin-là..

Et puis la vie continue, que je pleure ou m’isole loin en moi elle continue et lundi nous a offert un terrain, on est propriétaire de terre d’arbres et de fleurs, entre une mare grenouillées et des montagnes lointaines.
La maison est là, au cordeau, je vois la terrasse sous le frêne et le prunus, et puis là-bas le romarin fleuri me disait la future cuisine. Il y a par ici par là, un rêve de maison passive, on se lance quelque part vers la fin d’année, une petite, toute petite maison pleine de lumière – oh si vous saviez les fenêtres.

Je rêve, alors.

cognassier
forsythia





L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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