Pensine

Fragments – Toujours, ce trop

J’ai rêvé de Lui, j’avais le fauteuil roulant, je ne m’en servais pas. Un ami à lui débarquait et s’en servait, le manipulait, grimpait dedans, personne ne disait rien et j’ai fini par m’agacer, dire non c’est mon déplacement je peux en avoir besoin, je l’ai fait partir, et alors Lui me regardait froidement, méprisant un peu, il m’a dit « tu es trop autoritaire » c’était moche dans sa bouche, ça disait « c’est pour ça l’amitié en miette, tu es ce trop, c’est trop », et je me suis réveillée avec une petite voix qui me disait « il a raison, c’est si vrai, j’autorise trop. »





Je n’ai rien discuté de ce que j’ai vu, de ce qui l’agace chez moi, de ce que j’ai saisi à sa réaction, dimanche. Je suis ce trop. Je n’ai pas dit finalement parce que, à quoi bon. Il lissera une réponse, il y a aura encore ce trop, je suis fatiguée de dire et que rien. Je ne peux pas être moi, l’amitié est déjà à terre, qu’est-ce qu’on peut y faire, vraiment.
Je crois, le rêve est venu de là.

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Je me délitais devant Robots, toute cette détresse qui remontait en moi, est-ce que j’allais me mettre à pleurer pleurer pleurer devant ce sexisme grossophobe.. je ne sais pas.. il m’a fait signe est-ce que ça va ? On part ? On est parti, on les a laissé devant le dessin animé et on est allé marcher sur des larmes qui ne sortiraient pas, il m’a portée sur ses épaules et j’ai ri comme si j’étais sans enfant, et durant 20 minutes, je l’étais.

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Je suis partie pour une douche et je n’ai pas pu en partir, j’ai laissé l’eau couler, monter jusqu’aux yeux. Je pleurais dans mon bain, à lire La femme gelée d’Annie Ernaux, je pleurais sans m’arrêter c’était viscéral, dessous la dépression qui me ronge à être enfermée chez moi, c’était ce qu’elle disait alors que finalement, j’étais dans mon bain et lui il faisait notre repas, nous étions loin de l’image je fais tout et lui rien. Il a conscience, il essaye, il fait beaucoup.. C’est juste.. ce qu’il y a dans ma tête se perd. Je devais reprendre mes études et alors rien, parce que nous devions déménager cette année et sans internet et alors rien. Il ne se passe plus rien dans ma vie. Lire Annie Ernaux c’est me retrouver en elle, et alors rien. J’écris à peine. Je pleure, ah ça..
Il y a six ans je vivais un burn-out et m’y revoilà, à chercher comment on se sort de là, parce que oui comment on sort.. Nous sommes allés nous promener entre les regaaaarde des enfants, je me sentais enfermée dehors. C’était beau, la neige dans le lointain et le soleil presque chaud, les abeilles dans les fleurs et les odeurs des arbres, et moi à prendre des photos pour essayer de m’accrocher encore un peu.
Médecin, J-9.
Tenir.

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L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

4 commentaires

  • Catherine

    J’ai quelques lectures de retard et quelques incompréhensions par rapport à un ancien « ami » (si j’ai bien compris bien sûr) qui me semble plus toxique qu’autre chose .Il est parfois difficile de lire entre les lignes . Je vous sens désemparée et ne peux faire grand chose si ce n’est vous dire à nouveau que j’admire tant vos photographies.Cordialement ,Catherine.
    PS J’ai été bouleversée de vos écrits sur votre ainé.

    • Dame Ambre

      Je dirais, plutôt que l’ami, que la relation elle-même était devenue toxique. Je crois que nous avons quelques incompatibilités, et j’ai laissé trop de choses s’installer dans notre amitié. J’y ai remédié, on se relève de ça. De cette incompatibilité, de ce stop. Ce qui me manque finalement, c’est l’amitié profonde que je croyais avoir..
      Merci, pour les photos <3
      Des bises, Dame Catherine 🙂

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