Pensine

Contre un mur ou n’importe quoi

Kalabrese – Is this



J’ai recommencé à prendre l’anxiolytique hier soir, alors depuis le réveil il y a du brouillard dans mon café. J’ai pourtant pris une moitié de 0,25, ce n’est pas gros, c’est pas méchant, c’est nauséeux. J’ai la tête dans un petit étau, tout petit, suffisamment pour que je ne fasse pas grand chose. C’est ça, ou je pleure. D’un coup. Sans raison. Des angoisses taiseuses, puisque je n’écris plus. Une bonne journée et soudain je bascule dans l’angoisse et l’envie d’en finir – parce que l’angoisse il faut qu’elle cesse contre un mur ou n’importe quoi.
Il dit, c’est normal. Je suis entre toutes les pages de son livre, quand je doute je me souviens de ça. Que j’existe quelque part. C’est mieux que rien.

C’est un peu comme la douleur. Il fait si froid elle m’explose, je voudrais qu’elle cesse. Contre un mur ou n’importe quoi. Mes doigts se figent sur ce que je tiens, un manche de casserole, une fourchette ; c’est insupportable, un os bloqué. L’articulation se souvient qu’elle s’est tétanisée, durant deux jours elle est blessée, elle hurle. J’ai remis le chauffage il y a quelques heures, pour avoir moins mal. Les pulls, ça ne peut rien contre la douleur.

Je rêve. De mes angoisses, de ce qui me tue. De ce qui se soigne, aussi. Assez insaisissable. Étonnant mélange, avec l’anxiété qui m’ouvre les yeux au petit matin. Mais pas aujourd’hui, je me suis maintenue jusque là en gardant l’équilibre et je savoure. Une bonne idée, l’anxio. Il va rester à rajouter un peu de soleil dans le ciel et je me sentirai vraiment mieux.

Je m’occupe. Lorsque j’arrive à me concentrer je lis, je me démonte le moral, celui déjà pas bien haut. Je me le démonte mais avec instruction à la clé. Quitte à mourir d’ici quelques années, autant s’instruire. J’apprends la politique du démantèlement planétaire, c’est édifiant. Celle de Macron est même écrite noire sur blanc, c’est un livre américain d’avant son élection. C’est vous dire comme plus rien ne s’invente lorsqu’il s’agit de massacrer ce qu’il reste du vivant. Les Gilets jaunes ne sont pas dans le livre uniquement parce qu’ils n’avaient pas encore éclot mais elle en parle, de ces mouvements voués à l’échec. Maintenant je comprends pourquoi ça meurt contre les flashballs, pourquoi ça ne fonctionne pas en l’état ; c’est une politique de droit dans le mur et c’est volontaire – vous l’aviez vu vous, le parallèle entre la politique actuelle de notre gouvernement et le réchauffement climatique ? Dans quelques années lorsque nous suffoquerons sous un air irrespirable et trop chaud, ils s’en moqueront encore. Naomie Klein a cette phrase en substance « personne ne viendra pour notre survie ». Lorsque j’aurai dépassé la politique mondiale et désastreuse en train de nous tuer, je viendrai vous dire comment gagner la guerre contre le capitalisme – ça y sera forcément, elle dit « tout peut changer » . Lisez-le, c’est tout ce que je peux vous dire pour l’instant, lisez-le.

Et puis je colorie. Pour le dessin je patine un peu, il y a un peu trop de murs dans mes doigts, encore. Cette angoisse-panique qui me serre, elle m’empêche de créer. C’est un peu brisé. Je sais aussi que j’y travaille. De mille manières j’y travaille. J’ai repris le Tai Chi, je me relance dans la méditation en pleine conscience. J’apprends à mon corps qu’il n’est plus dans le passé. Je prends soin de moi. Je vais forcément revenir à l’intérieur de moi.

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Oiseaux Souïmanga du Nil

Souïmangas du Nil,
mâle m’as-tu-vu et femelle blasée











L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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