Pensine

Béquille

Bongeziwe Mabandla – Intro



Juste prendre mes pas et les emmener un peu plus loin, cet impossible s’il ne le fait pas, lui.. Je pleure, parce que l’angoisse. Parce que cet esprit abîmé s’est épuisé. Est-ce qu’il y a trop de silences ? Je ne dis plus. Le temps passe et je ne suis pas où je suis, un peu nulle part.

Sur le chemin il a ramassé les fleurs de la ville, brisées par les passants. Une flopée de géraniums piétinés, d’un rouge sublime. En incapacité soudaine de parler, mon petit Prince de déjà 11 ans, je l’ai aidé à les offrir au médecin, et ce sourire qu’elle a eu, ah ! Sur le retour, nous en avions d’autres, elles sont posées sur mon bureau, elles ont remplacé les roses de la voisine offertes un soir de presque été.

L’inaccessible.. j’allais dire, il m’échappe. Vague. Infini. Je décroche, flirte avec la douleur. Certaine fois je suis comme transfigurée, je m’éveille à moi à travers ou malgré ou en travers de l’absence de ces liens à la mère. Deux êtres confus se sont télescopés et dans une inconscience totale de leurs corps, je suis née. Sans liens. Avec sa rage, avec son indifférence. Une création abandonnée. Pas de tendresse. Qu’est-ce que j’ai compris de cette mort de l’être, quelle dissociation. Combien. Je suis sur ces mouvements incertains, je m’y tais. Je chuchote un peu, juste là. Qu’est-ce que je peux dire ? Ce soir je me médicamente un peu plus. R m’a jeté « je triche » parce qu’il disait aller bien avec l’anti-dépresseur, la phrase me hante, je la refuse depuis le jour où je l’ai entendue. Plus encore, ce soir. Oui, plus encore.

Cela m’est presque étrange de pleurer tellement moins, de m’en sortir mieux, d’être fragile sur ce fil mais le pied dessus.. et de prendre un anti-dépresseur. Je crois qu’il est blanc. Il complète le mauve de l’anxiolytique, une pâleur d’existence, l’un et l’autre, une molécule prête à mourir entre ce qui est là et ce qui s’échappe, à chercher finalement, ce que vivent les autres.. il parait – tranquillité. Mensonge du monde ?
Je ne sais pas pourquoi, l’importance de leur couleur.. cette perception de l’inutile, toujours.. est-ce que l’inutile mesure la distance entre les êtres ? À quelle distance êtes-vous.. dans quel vide.

Je vous perds tellement, je reconnecte par des chemins étonnants. Je ne sais plus écrire, j’ai des mails de plusieurs mois de retard, je m’éloigne, je voudrais un chat, renouer par là. Je voudrais me coller sur un chat. Il dit non, toujours. Il dit peut-être, aussi. Un vieux chat tranquille. Une sorte de refuge, la maison. J’attends le chat-refuge dans la maison vieille.
J’ai renoué ailleurs, je vois bien cet inconnu je le fais rire. Je ne sais pas toujours pourquoi, je veux dire, je suis juste comme je suis ? Je le fais rire. C’est mieux que fuir, je progresse. Je lui ai dit vas-y, fait rentrer du monde. Donné les clés. Si ça fait mal, j’y verrai bien, c’est comme ça que ça se passe non ?

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fleur











 

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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