Pensine

Sans filet

Bongeziwe Mabandla – Ndokulandela


Le réel.. la confrontation au réel.. un dialogue entre ce qui ne comptait plus et l’illumination, de la pensée sans filtre. Je vais trembler, un peu. Est-ce qu’on remonte en se racontant des histoires, je ne sais pas. Ça m’obsède. La première pensée du matin, sonder, tâter, se souvenir d’un rêve qui serait en lien. En permanence, travailler. Sans soutien, alors. L’anti-dépresseur sans lactose, n’est pas pour une personne épileptique, crée de la tension oculaire. L’anxiolytique, crée de la tension oculaire. Et mes yeux, on tente de réduire cette tension déjà, si élevée, éviter le glaucome je préfère. Ne plus voir, suis-je capable ? Samedi, lors de mon troisième contrôle en 14 mois, on va me dire quoi avec cet anxiolytique que j’ai avalé sans savoir, parce que ma Doc formidable sur bien des aspects ne pense jamais à vérifier ce que je peux prendre ou non, parce que même lorsque je lui rappelle elle se rate ?
Je n’ose plus. Ni appeler, ni changer, ni rien prendre. Ai-je vraiment besoin ? Je veux dire, là, je vais bien, à cette seconde exactement. C’est étonnant, presque. Une angoisse ce matin je me suis occupée dans la maison et elle est finalement partie ailleurs – loin je souhaite. Je suis entière. Mardi quatre juin deux-mille-dix-neuf, tous les morceaux tiennent, les corps sont nombreux, la chaleur irradie les membres, je tiens. Je ne sais pas ce qui est raisonnable, ce qui ne l’est pas. Je me dis, reprendre les mots, revenir à la charge, laisser passer l’inconscient entre les lignes, je dois pouvoir. Une lettre après l’autre, me reformer. Même si je ne sais plus faire, si je suis inquiète de ne plus savoir. J’apprends. À me permettre, à me libérer, à m’aimer, à me penser aimable, à me penser. Je ne sais plus l’harmonie, et être comprise finalement, je ne sais pas. Je sais la permanence de la douleur, les mains crispées, les heures sans marcher. Je ne sais pas transmettre ça, cette douleur, en être entendue depuis l’intérieur d’un autre corps. Je sais le déséquilibre, l’enfer, l’angoisse et la peur de respirer, je ne sais pas comment le faire entendre depuis vous, je ne sais pas faire ce lien. Depuis moi, non plus. C’est là toute la difficulté, l’écriture m’a échappée et la rattraper de force, c’est une exigence de vie intense. Délicate, intense, .. désespérée – un peu, aussi.

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

3 commentaires

  • Cléa Cassia

    « laisser passer l’inconscient entre les lignes », n’est-ce pas là le but premier de ton blog, ce psy ? 🙂

    L’écriture, dans ces cas-là, ne se poursuit pas, elle se subit, laisse-la venir à toi comme elle est, brute et écharpée.

    Amitiés, Dame

    • Dame Ambre

      C’est son but premier en effet.. mais ça fait 6 mois que je n’écris plus dans ce sens, ni ici ni ailleurs, que je n’écris plus, en fait. Donc, je n’avance plus non plus, parce que j’empêche le processus. J’y travaille.. 🙂
      Des bises 🙂

  • Marie Kléber

    Quand les mots se défilent, il n’est pas toujours aisé de les retrouver. Ils reviennent pourtant. Avec le temps. Il faut les ré-apprivoiser doucement.
    Tu apprends alors tu y arriveras et comme ça ils reviendront et tu pourras créer du lien, de toi à toi, de toi à nous.
    Amicalement

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