Pensine

Il me vient des


Il me vient des phrases
des bouts de choses perdues dans l’espace temps et alors
plus rien ne peut être dit
je dois l’écrire et puis le vide sous moi.

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A regarder !
Chapelier Fou – Live @ Les Contes du Paris Perché


Je suis tombée dans la gelée de cassis, elle s’étale sur mon pain tendre comme une matinée de soleil.
Je suis une fille d’instants, je ne fais pratiquement plus de cookies. Le pain chaque soir dans le four satisfait pleinement mes papilles. La sensation d’un retour vers l’enfance un peu. D’un temps où mon grand-père préparait mes tartines du matin avant l’école. D’un temps où je me pensais en sécurité, sans l’être.

J’ai coupé des poivrons rouges avec de l’oignon et de l’ail, j’ai mis à cuire et c’était long, ça ne cuisait pas j’ai fini par m’éloigner, je n’avais rien à faire d’autre. Et il semble bien, ce fut l’erreur. J’en attendais une crème de poivron pour une soirée en amoureux.



Je l’ai revue sur un hasard et sans qu’elle ne me voit pas ; je me demande ce qui a bien pu me traverser un jour de décembre ou bien de janvier, de quel frisson cela a bien pu naître cette passion soudaine pour un regard jusqu’aux profondeurs intimes, de quel vide je l’ai voulue cette fille, c’était quoi cette folie jusqu’à pleurer deux années ? je l’ai revue sans la reconnaître, elle était autre, elle n’était pas, jamais sans doute elle n’a été jusqu’à être – vivante. Parfois je me sidère, elle n’a existé qu’en moi.
J’ai éteint sa lumière.



Je suis une histoire inécrivable, morcelée.
Trop de vies.
Trop de ma mère.




Mes yeux voient le monde moins deux points morts, un jeu de pixels, un peu. Aucune conséquence sur la réalité infernale du monde, je peux l’observer sans perte visuelle. Ils sont sous observation tous les six mois, à vie. Je ne sais pas ce que je dois penser de ça, de ce « à vie » des « six mois » de la « surveillance », chaque début de nuit il me glisse de l’eau dans les yeux et nous en jouons jusqu’au rire. Pourtant. Aucune nuit ne sera plus sans ces larmes, conditions d’une vue stable.
Ils me posent tous la question, et dans votre famille.. ? Dans ma famille ils ne se voient pas si tu veux savoir, ils s’aveuglent.



Cela m’a arraché d’un coup de la chaise. J’ai ressenti une forte envie de désencombrer le jardin, cette chose pleine de branches mortes d’herbes folles et de Belles de nuit. J’ai attrapé le sécateur et j’ai tout coupé, il y a maintenant un énorme tas dans un presque coin. J’ai dérangé nombre d’insectes, je ne peux m’empêcher de me dire, c’est une bêtise de les déloger pour mon plaisir visuel. Je coupe et je ne pense plus à rien d’autres qu’à ces plantes. Avec Prince nous détruisons l’un des arbres morts et alors cette surprise, il a repris à la souche, on n’y voyait rien jusque là avec toute cette mort et ces herbes et la folie de l’abandon, il est reparti pourtant ; il vit merveilleusement, l’année prochaine si nous sommes encore là je le verrai en fleurs de nouveau.
Je suis rentrée me chercher des gants tranquillité-anti-huit-pattes et alors cette fumée qui prend la gorge les yeux et alors cette odeur de brûlé insoutenable.
La soupe.
De rouge, elle était noire, ne se distinguait en rien d’avec le fond de l’Univers.
Elle n’était plus, la soupe.



L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

Un commentaire

  • Marie Kléber

    Peut-être que l’histoire s’écrira plus tard. Peut-être qu’il faut la laisser se conter elle-même.
    De belles photos toujours et ces souvenirs d’enfance, comme des repères quand le monde dérape.

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