SED

(Para)chutée là

Les chocs tapaient sur mes paupières, je les rouvrais dans le noir, sans cesse. Impossible de dormir, de bouger, les images les mots m’attrapaient le sommeil. Le déménagement soudain, la non-amitié cette fois bien réelle – j’ai touché du doigt comme je n’existe pas – mes quelques mots envoyés comme à un étranger et dans ma tête ce putain de « je laisse tomber », vingt secondes passent et la chute brutale sur le carrelage, c’est moi que j’ai laissé sur le carreau finalement. La violence de cette chute.. je me suis trouvée mal. À en avoir la nausée, là, comme ça. Depuis j’ai un seul bras en fonctionnement, le corps en vrac et des bleus phénoménaux. Je devais faire des cartons, je ne ferai rien.

Je suis bousculée par la non-existence qu’il m’a opposée deux fois cette année – il n’en dit rien évidemment – mais surtout fracassée par l’état de mon corps qui se dégrade. C’est peut-être aussi un peu de ma faute, j’ai voulu courir, faire de la trottinette, et décidément non je ne peux pas, je vais devoir y aller plus doucement pour relancer ce corps. Je dois l’avouer, je place beaucoup d’espoir dans notre nouvelle destination, depuis que je suis en Auvergne la maladie a progressé très vite, ce climat humide et froid ne me convient tellement pas. Cette année particulièrement, à devoir désormais surveiller ma vue tous les six mois, à défaire heure après heure la dystonie, à me rattraper aux meubles parce que je vertige, à migrainer. Je me demande, est-ce que je peux arrêter les aggravations, est-ce que je peux retrouver une meilleure santé, juste en déménageant ? Je le saurai bientôt.

Et puis forcément, cela ne prendra pas la semaine tous ces cartons, cela prendra le mois, LeChat travaille et mon bras ne porte rien – si peu lui-même. La main gauche apprend à gérer le quotidien et s’épuise, j’ai bien mal ce soir.
Je me sens seule et fatiguée – et forcément, ça a tout à voir avec la chute et le départ.


L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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