Jour 12, la fugue très claire dans sa tête

Ils ont fugué.
Des parents pigeons ont préféré fuir le poulailler où ils sont confinés nourris logés, ils sont depuis hier sur les toits autour et leurs deux petits appellent, c’est déchirant. Nous tentons de les sauver avec de la bouillie d’avoine, il semble que cela fonctionne, nous n’avons tué personne. Hibou s’est démonté, une barrière après l’autre il s’est effondré dans mes bras. L’angoisse est profonde. Il ne veut plus vivre ici, ne veut plus de la maison, veut retourner en Auvergne, sans la campagne où des parents abandonnent leurs enfants et où des grands-parents mangent des poules et des pigeons pour les dévorer comme les ogres des contes. Dans les bras de son père il a clairement expliqué – très carré cet enfant – qu’il refusait de vivre dans une maison où on laisse mourir des oisillons de froid ou de faim ou de quoi que ce soit, qu’il partirait, ne resterait pas là. Il a prévu son départ de la maison, il sait où il veut se rendre ; nous n’avons pas dit comme c’était impensable, comme il ne pourrait pas, comme il n’a que huit ans, comme il y a un confinement et qu’un enfant sur la route ça se repèrerait, comme c’est loin notre ancienne maison-plus-à-nous, non, on a reçu à nous en tordre les boyaux ses larmes et ses mots et son désespoir. Je berce sa fragilité.
Mon beau-père ne comptait pas tenter grand chose, LeChat a pris les choses en main pour les mettre au chaud puis les nourrir.

Je suis bouleversée et du coin de l’œil je surveille ce petit histoire qu’on ne l’égare pas, sait-on jamais.

Je ne sais pas avec exactitude ce qui l’agace elle, la rend nerveuse, sous tension, elle semble agacée par cette histoire mais je ne tente aucune traduction de ce que je perçois. Je me suis extraite du salon, je me gère mieux sans personne pour me contaminer.

J’ai les mains tremblantes.
J’ai confiance dans tout ce que nous tentons, dans notre manière de l’aider, en lui aussi, tellement. Ce n’est pas simple en ce moment, mais ça ira forcément.

Dame Ambre

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement.

(Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

D'autres mots d'hier et d'avant avant-hier

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