Pensine

Jour 13

Je confine tu confines nous confinons, je ne connais plus les autres est-ce que vous existez encore ? Je me demande si je saurai dans-un-plus-tard-lointain allez vers un autre humain, j’avais tant progressé ces temps je crains de revenir à une vie où les gens me font peur – pas le virus non, l’autre seulement.

. . . . . Elvett – Man . . . . .


Les parents pigeons sont revenus après 25 heures d’escapade et nos efforts ont payé : les bébés sont bien vivants et en pleine forme. Hibou s’est apaisé, des parents peuvent partir, revenir, et d’autres peuvent prendre le relai durant tout ce temps. Il me semble que la symbolique est forte.
J’ai l’envie tenace de nous construire une maison-cabane nous-même – mais avec quoi ? – maintenant que la construction n’avancera plus puisque le virus mange tout les projets – trop gourmand, ça le perdra. Est-ce si fou de la rêver ?

Les nuits je rêve d’un archange et je pourrais lui demander une maman, je rêve de famille et de distance de présence et de je-ne-sais-plus, je rêve d’anniversaire sans vie sans rien – il approche. Je crains le vide de cette journée. Il faut il faut que je vienne te voir.
Il n’y a plus de courrier depuis 9 jours, par ici. Une impression de fin du monde, un peu. D’une attente en progression si lente qu’un matin je n’attendrai plus rien. Certainement.

Ma couverture prend un bel aspect, elle me semble interminable – c’est à dire que c’est « comme si » je la continuerai toute ma vie confinée et celle d’après. Je ne maille plus bridée, je fais de drôles de boules et c’est magnifique comme tour. Je continuerai avec la pelote bleue et puis ensuite la violette-verte, pour entourer les couleurs et ma petiote-grande de filleule.

Je confine certes, et cela se déroule au mieux bien que nous soyons trois familles à vivre sous le même toit. Ce matin une fourmillière a bousculé notre salle à manger et pourtant j’ai la sensation d’un ralentissement intérieur, là, quelque part en moi. Je tisse je ne sais quel fil, gonflée par un silence intense. Comme un ralentissement espace-temps.
La pluie manque, les larmes sèchent, le vent balaye les idées de fugues et il ne se passe rien. Comment font les amants pour se tromper de conjoint, maintenant qu’il faut rester dans les maisons ?

L'Ambre des arbres coulent dans les veines des forêts, ils regardent les fées s'activer autour des humains et le monde meurt de son aveuglement. (Jamais les mots ne disent ce qu'ils pensent.)

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