Peut-on faire un burn-out familial ? Un burn-out de nombre de bruit de mouvement ? Le confinement à douze-quatorze-à-venir, j’ai hurlé un soir sur une impossibilité, hurlé de si loin je ne voulais pas revenir, je ne voulais plus être dans cette maison dans ce village sur cette planète je ne voulais plus que la mort du silence du vide, du rien. Je tremblais devant le médecin, il m’a remise sous anti-dépresseur et anxiolytique.
Si je prends un anxio entier je suis sans angoisse et entièrement absente, si j’en prends la moitié je suis présente et angoissée. J’ai choisi la moitié, elle me permet de travailler. De vivre-survivre. De m’occuper. Quatorze heures par semaine je suis bénévole dans une association de revente d’objets/vêtements/trucs d’occasion, et trois heures par semaine dans une autre association de vêtements d’occasion. Quand je suis chez mes beaux-parents, je mets les mains dans les abeilles. Je me suis découverte apicultrice il y a deux soirs, une apiculture à contre-courant des enfumoirs et des massacres de rayons. J’apprends la douceur et le respect pour ses merveilleuses butineuses, les mains nues dans les grappes bourdonnantes. Elles sont extraordinaires, très zen lorsqu’on ne les bouscule pas.



mon beau-père
mon mari
elles se tiennent les unes aux autres, par les pattes
on voit bien la chaîne


Le soir, mise en place dans la ruche d’accueil :

mon premier essai (pas de photos ensuite quand j’ose vraiment.. compliqué la nuit)
avec la plume, pour les faire intégrer la ruche

J’ai testé les gants mais c’était désagréable, l’impression d’être une brute rien qu’en les mettant contre ma peau.. comment avoir les gestes justes si je me sens aveugle ? J’ai préféré y aller moi aussi comme ça, à leur contact. Elles sont d’une douceur folle, chaudes et.. vibrantes.. surtout vibrantes, c’était simplement incroyable. Une abeille est restée sur ma main après en avoir déposé toute une grappe, à elle seule je sentais toute ses vibrations se communiquer dans mon bras..
A peine la plume les avait touchées pour les faire rejoindre les cadres en-dessous d’elles, je ressentais l’essaim, son bourdonnement intense, sa vie magnifique. Je ressens toute mon existence, sa réalité, à leur contact.
C’est addictif.

2 commentaires

  1. Merci pour ces photographies proprement extraordinaires. Cela fait plusieurs étés qu’un essaim d’abeilles s’installe derrière un volet en bois d’une maisonnette dans la montagne corse .En attendant qu’une jeune apicultrice voisine à qui nous faisons appel vienne le chercher , j’observe les abeilles qui rentrent le soir . Et cela me passionne toujours autant de la voir recueillir l’essaim . Bonne soirée . Catherine.

    1. Cette apicultrice le recueille de quelle manière ? Beaucoup les enfument..
      C’est si époustouflant à voir, à faire.. j’en reste bluffée chaque fois. J’ai des photos à montrer d’une autre colonie, j’espère les poser ici bientôt !
      Merci de ces mots déposés 🙂

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