D’épées et de plumes

Je m’interroge, comment opère-t-on pour aller vers un choix plutôt qu’un autre.. j’observe vos capacités à entrer dans une vie, un bureau, une pantoufle, des vies multiples pour certain·e·s, un saut spontané vers une plume et alors pof voilà un écrivain, bordel quel secret j’ai raté. Amusant que ce soit un tel exemple qui me vienne – je n’ai rien à raconter qui n’ait déjà été publié -, mais en réalité je suis ouverte à toute proposition de la vie, il doit bien exister un plan caché pour les filles un peu bancales ayant planté toutes les études possibles et essayé mille emplois impossibles. Je dois bien pouvoir être autre chose qu’une éclopée, je le plie comment le réel ? Je saute mes heures à la recyclerie comme un mouton une barrière – des escarres aux talons, je vous demande un peu – et si je suis désormais remise je ne peux m’empêcher de me demander quelle prochaine stupidité me réserve la maladie.
Alors quoi. Il me reste l’écriture puisque le temps est là, à portée, mais quoi, sur quoi, quelle histoire, quelle vie – la vraie – je fais quoi de mes connaissances et mes incultures, de cette sensation systématique de ne pas pouvoir, de ne pas être en capacité, que ce n’est pas une possibilité, qu’il faut un talent et que si l’on n’en a pas il faudrait pour certains auteurs s’abstenir – quelqu’un pour se dévouer et les prévenir ? Elle m’a tant dit que j’étais bête bête bête. Je gâche tout ce que j’entame, et toujours il est question de légitimité.
Je ne sais de quel mouvement je pourrais espérer le salut ou peut-être ai-je tort et alors tout n’est que rêve enfantin ; la réalité laisse peut-être à la porte tout un chacun ne sachant arracher les épées plantées là dans les corps.

Et admettons que j’arrache, je ne sais toujours qu’écrire.

En partage :
. Musique : Two trees – Edgär
. Vidéo touchante : youtube

la dernière de l’année passée