Blessures

J’étais au téléphone, ces choses arrivent alors qu’on est en train de raconter ce qu’on encaisse si mal – que je, que moi j’encaisse si mal évidemment le « je » n’est pas si simple – je disais comme je suis capable de rompre un lien, comme c’est facile, trop facile, comme c’est désespérant ce que c’est facile quel que soit le degré d’amitié si la personne me blesse je peux fermer la porte comme ça, je disais ce que ça avait pour moi d’inquiétude d’être ainsi capable de ça et l’enfant est arrivé en hurlant, se tenant la main rouge de sang. Je m’en fichais bien soudain, de la blessure, la mienne. C’est étrange, je suis frappée soudain des mots que je mettais sur une blessure et l’enfant blessé qui ne mettait plus de mots, le sang qui disait tout, le couteau qu’il tenait encore. Le pouce séparé en deux. C’est ce qu’il semblait, le pouce en deux et le sang partout, ça ne s’arrêtait plus de couler. J’avais beau appuyer, l’enfant avait beau hurler que je ne devais pas appuyer, la blessure n’en finissait plus de se répandre sur lui, sur moi, sur le sol.
Et puis rien. Lorsque la volonté de tout arrêter a pris le dessus, il y avait une blessure plus petite que ce qu’il semblait, toute aussi profonde mais moins longue, moins étendue. LeChat qui est arrivé au milieu du carnage a pris la relève, a pansementé serré pour tenir les deux bords, on a nettoyé les mains le sol les émotions, on a posé les mots sur les larmes, on a câliné.
Quand le drame a été terminé j’ai repris le téléphone que j’avais lâché, et je me suis assise toute en nausée.

Faites des enfants.

L’énigme Est Dans Le Jardin

L’énigme Est Dans Le Jardin

J’ai réinventé mes journées autour du soleil, je lis dans le jardin, même si le nom est un peu pompeux puisqu’il ressemble surtout à un tas de terre encombré de branches mortes. J’ai retiré de l’immense vigne tout ce qui avait cessé de vivre durant l’hiver et cette petite mort jonche le sol pour encore quelques jours : je ne me sens pas le courage de ramasser, me pencher, mettre dans un sac. Déjà les mains, d’avoir tenu le sécateur, se sont recroquevillées de douleur. Alors cela attendra, comme le reste. Il m’arrive parfois d’envier les maisons voisines, un peu trop nettes il est vrai pour mes envies bohèmes, mais tout de même, il y a un si bel espace, de si belles fleurs.. Mais cette année j’ai cette fierté posée dans le délicat petit carré devant la fenêtre de la cuisine, un peu de lavande, trois tulipes, un fouillis de fleurs jaunes, des perce-neiges – disparues maintenant – des belles-de-nuit sous la terre, des jonquilles, du muguet et des roses trémières… tant de verdure et de couleur, c’est si joyeux. Depuis que LeChat a tapissé de terre enrichie de notre compost, la jungle s’est invitée tout naturellement, elle s’est organisée une vie sans que je ne plante rien. Nous profitons des plantations voisines, les graines viennent nous voir. Se plaisent.

Et alors donc, je lis au milieu des branches coupées.
Je lis la Seconde Guerre avec cette évidence d’avoir été concernée d’un côté ou d’un autre, un jour. L’étoile fourrée dans la gorge et les barbelés dans les yeux. C’est ainsi. Parce que LeChat tombe dedans pour la première fois, je retrouve en lui cet acharnement à fouiller l’âme humaine que j’ai eue entre seize et vingt-deux ans et où je lisais absolument tout – jusqu’aux pavés indigestes. J’y reviens avec davantage de parcimonie, les atrocités sont désormais actuelles et je tente de ne pas haïr les humains, j’essaye de ne pas me haïr à travers eux.
Je lis l’Inde et les intouchables, et c’est éprouvant. L’histoire, le style.
Je lis Sauveur, le quatrième, et c’est un rire qui s’échappe, un soleil qui se lève pendant que le vrai se couche derrière les maisons voisines. Il ne devrait y avoir que ces livres-là, uniquement ces joies simples.
Je lis Open Mide, un magazine découvert comme ça avec beaucoup de hasard et qui me parle vraiment, avec sa douceur méditative.

Je prends chaque jour ce temps pour moi, j’attrape les rayons avec mon chapeau et je les cale entre les pages du moment – peut-être qu’ils illumineront la bibliothèque les nuits de lune. Je m’isole à côté des enfants gris de terre ou noir de boue, selon. Pour m’aider à penser, à rêver, à être. J’essaye de ne pas tomber trop vite, de ne pas avoir besoin de vacances trop vite, de ne pas pleurer, trop vite. Je ressens depuis ce matin, si fortement un besoin d’être seule que le retour de LeChat à la maison ne m’a pas enchantée. C’était culpabilisant, quelque part dans ma tête ça l’était vraiment. Je l’assume et en même temps ça me fait un peu mal. A-t-on le droit de vouloir à ce point-là être seul·e, que même en croisant à peine l’être aimé on souhaite avant tout du silence ?

Alors j’ai réfléchi, il me semble que la fatigue me dicte beaucoup trop les émotions à tenir. C’est déstabilisant, cette fatigue et cette solitude qui se tournent autour comme si je n’existais pas. J’en déduis que je dois lire davantage dans le jardin, m’exiler, prendre ce temps pour respirer. Être seule.
Et puis, j’ai des choses à taire plus loin.
Beaucoup. De choses. Plus loin.

Avignon – 1/2

Je n’ai pas photographié Avignon. Il y avait cette pluie, collante, elle lavait les sols, les vêtements, les idées, elle empêchait l’appareil et je me suis servie de mes seuls yeux pour me souvenir. Dans la chambre d’hôtel nous dégoulinions comme une rivière déborde de son lit, c’était un trop incroyable. Dans le miroir, mes cheveux trempés et le visage rouge, quelque chose clochait et c’était ce rouge, voilà : un coup de soleil. Sous la pluie. Sous les nuages sombres. Un coup de soleil. Je me suis penchée hors de la salle de bain – dans les hôtels, tout ce qu’on peut faire c’est se pencher pour trouver l’autre, là, tout de suite, jamais perdu – et je n’étais pas seule avec cette incongruité : LeChat avait son visage aussi rouge que le mien. Cela nous a laissés rêveur, cette pluie cinglante, ces nuages si noirs et ce soleil impossible autant que ses coups. Nous avons été illuminés, il semble.

Nous avons marché, donc. Sous l’eau qui tombait d’un ciel qui cachait un soleil. Et c’était merveilleux malgré les chaussettes qui splashaient dans les chaussures, la Cité est splendide. La vieille pierre parlait à certains endroits, elle était lourde d’une présence intense parfois ; comme dans la rue des teinturiers, aux abords du couvent des cordeliers, où je me suis retournée à deux reprises, croyant qu’une personne se tenait collée à moi et non, personne. Cette rue, c’est la plus belle du monde avec ses vieux platanes, ses pavés, ses roues à aubes et sa rivière (la Sorgue). Ne pas en avoir de photo m’attriste, je suis certaine que j’aurais su en montrer l’essence, l’énergie. Les fantômes. C’est ainsi.

J’avais découvert avant notre départ, le seul endroit où vraiment je voulais bien m’enfermer une heure ou deux : un salon de thé anglais. La pluie nous y a poussés sans délicatesse, et cette chaleur des lieux – les livres, la pierre, le toit au-dessus de notre tête, la Dame – nous a soulagés tant nous étions frigorifiés. Si le thé fut un grand classique – je ne m’étendrai pas sur les sachets – j’ai en revanche adoré le libre accès à la bouilloire pour me resservir en eau chaude. La Dame a rentré pour nous une table et nous nous sommes assis au milieu des livres. L’un d’eux m’a attirée et je me suis retrouvée à lire le Tao de Lao Tseu, le 47mais en anglais bien évidemment.

Sans sortir de ma maison, je connais l’univers ;
sans regarder par ma fenêtre, Je découvre les voies du ciel.
Plus l’on s’éloigne et moins l’on apprend.
C’est pourquoi le sage arrive (où il veut) sans marcher ;
il nomme les objets sans les voir ; sans agir, il accomplit de grandes choses.


J’ai réalisé que je comprenais ce que je lisais. J’ai eu un sursaut, j’ai demandé à la Dame un livre pour la débutante que je suis. Elle a hésité, cela dépendait de mon niveau. Je lui ai expliqué que j’étais nulle en anglais, que j’avais commencé à lire Le trône de fer, que j’y arrivais mais que c’était long, je l’ai vue changer de tête et j’ai tenté de me justifier en expliquant que je trouvais cette lecture vraiment trop longue et laborieuse et que cela me décourageait, elle a continué à me regarder de travers et j’ai songé que peut-être, il fallait que je repense mon niveau. Je suis repartie avec un roman de Roal Dahl – j’ai reposé ses nouvelles, je me serais découragée comme avec Martin – et j’ai eu une pensée pour Lizly qui m’avait parlé de ce livre qu’elle lisait justement et que je tenais désormais dans mes mains : Witches. Et je ne sais plus où j’en suis, l’anglais m’a tourné la tête je me sens tout aussi nulle qu’avant, avec juste un peu plus de compréhension peut-être.
Lorsque nous sommes repartis nous avons laissé derrière nous de larges flaques, et un espace léger sur une étagère c’était creusé.

Dans la chambre, nous avons lancé le chauffage et essoré ma cape qui portait le poids des nuages. Nos chaussettes avaient une triste mine, celle de nos chaussures. J’ai craint si fort que nous ne puissions pas ressortir le lendemain, que notre vie reste trempée dans un hôtel durant des jours. Et puis il y a eu la nuit, il ne faut surtout pas mésestimer la force d’un chauffage et de mon appareil à oxygène – il hyperventile. Tout était sec, comme si jamais nous n’avions rencontré l’océan d’Avignon.

Il pleuvait toujours le second jour et nous avions un parapluie cette fois, un rouge sombre un peu bordeaux qui nous a manifestement sauvé de la pluie autant que du soleil derrière – pas de coup de soleil, cette fois. Nous avons arpenté la Cité, et puis acheté des vêtements dans une friperie. Au détour d’une rue je suis retombée en enfance, il y avait cet Opéra comme dans mon souvenir j’ai six ans et mes grands-parents m’emmènent voir Les contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach, il pleut et pour la première (et unique fois) ils me font monter sur ce très vieux manège je me souviens j’ai l’impression d’y être encore c’est fou comme c’est maintenant et si loin, aussi. Cette même pluie, ce même bâtiment, ce presque même manège, simplement plus neuf depuis son aspect vieillot qui ne l’est pas..

À Nature et découvertes – je résiste rarement à cette boutique – je suis retombée sur le Tao, j’ai vérifié ma traduction et donc mon anglais et puis je me suis dit que deux fois en deux jours, ce livre, il tentait vraiment fortement de rentrer dans ma maison. Je me le suis donc offert avec mon budget activité – j’ai décidé que puisque je ne pouvais pas, comme tous les autres habitants de ma maison, avoir une activité par la faute de la maladie qui me fiche un peu tout en l’air dès fois, que j’allais avoir un budget activité : environ 150 euros par an, donc, à dépenser en livres ou magazine. Alors donc, j’ai craqué sur deux livres et puis Open Mide, et cela m’a fait du bien. Je suis enfin à l’aise avec l’idée d’acheter quelque chose pour moi.

livre tao

livre arbres

Le jour d’encore après – ce temps, qui passe, sans cesse.. – nous avons frôlé le Palais des Papes, nous sommes rentrés juste le temps de réaliser que ce que nous souhaitions en réalité, c’était vivre dehors. Même la pluie, plus disparate cette fois, n’a pas su nous pousser vers un abri. Nous étions si bien, à l’air libre.. Alors nous nous sommes dirigés vers les hauteurs où s’étendaient des arbres sublimes et une plaque, immense, de tous les noms juifs avignonnais, morts durant la seconde guerre. Je lisais depuis la veille Les messagers du désastre et c’était un écho insupportable, ces noms, les âges des enfants – et celui-ci il avait trois mois, bordel. Je me suis réfugiée, de l’eau coincée dans la gorge, sous un arbre qui en avait autant de coincé en lui – je n’ai pas su démêler, alors quand je me suis apaisée je lui ai offert ce que je pouvais de douceur ; et puis je m’en suis allée, sous la pluie et sous le soleil caché sous la pluie. Nous avons déambulé jusqu’à la fatigue, et nous sommes rentrés essorer nos chaussettes. Sur le lit je me suis effondrée, heureuse de ce séjour en ville qui n’en est pas vraiment un, qui retourne à la nature, encore, toujours.


C’était un soir

C’était un soir

On a avancé sur le projet vacances comme si ça ne nous importait pas vraiment, on a choisi comme ça parce que ça serait tout proche et qu’on ne ferait pas des heures et des heures de route à faire défiler sous les yeux ce qui allait nous éloigner des enfants. Ce sera Avignon parce qu’il n’a pas envie cette fois d’être en pleine nature, parce que la montagne il ne supporte plus – y habiter, déjà, c’est tout ce trop qui nous entoure – et que nous n’en connaissons finalement lui et moi que ce qu’il s’y passe autour, ou alors dedans en plein festival, ou alors juste le tourisme facile. Je le sais, je suis une touriste difficile, je cherche toujours autre chose que ce que la ville veut bien offrir. J’aime dénicher, sortir des cadres, je ne sais pas si on va savoir le faire venir à nous, avec quelques minutes sur l’écran et notre arrivée comme ça, pas vraiment préparée, pas vraiment comprise. Je ne sais pas. La ville, je l’aime dans ses vieilles pierres et ses vieilles rues, ses arbres qui s’imposent à en soulever le béton ou à en recouvrir un mur, la ville je l’aime quand elle ne ressemble pas vraiment à une ville mais bien plutôt lorsque la nature y est revenue de plein droit, ou encore la ville lorsqu’elle n’a pas oubliée d’où elle venait, de la terre et de la pierre. J’espère m’y trouver, en Avignon. Ne pas m’y perdre et y dépérir. Pour l’instant, c’est très arraché à la vie, nous déposerons les enfants et nous repartirons, seuls. C’est si étrange d’être seul à deux, seuls pour devenir deux amoureux, se diviser pour perdre quelques cellules d’amour et en gagner d’autres.

Je ne saurai pas parler d’ivresse, celle qui arrache les rires à la fragilité. Je me sens ainsi, sur ce fil-là, avec l’autre moitié de la vie devant moi – même si je ne saisis pas bien ce que j’ai fait de la première. Je me demande parfois ce que Paris retient de moi, mais pas ce que j’en retiens moi, je le sais bien, cela. J’ai la sensation d’être infiniment partout même si je n’y suis pas, c’est cela qui est réel, tous les endroits où je ne suis pas.

Un soir je suis au restaurant sans les enfants, je mange au Pakistan et lorsque je pars c’est sur leurs sourires et un vous reviendrez ?. Je passe la porte et c’est sur une rue illuminée par un soleil couchant que j’oublie mon téléphone, je l’ai laissé sur la banquette. Noir sur noir, invisible, je suppose elle ne peut pas me joindre ainsi ? et le serveur madame me court après avec un sourire immense, j’ai quarante-et-un ans depuis quelques heures et j’oublie encore derrière moi les personnes que je souhaite ne pas voir, je ne sais toujours pas le dire sans acte manqué.

Un soir le même je me déshabille, c’est à l’arrache mais un peu maitrisé aussi, toujours, je ne sais pas faire autrement, je suis dans le salon et puis je suis appelée dans une chambre et je file avec mon pantalon à la main et l’autre encore sur moi, pendant cinq minutes j’essaye mais toujours il y a quelque chose et à la fin je finis par ne plus maitriser, je ne supporte plus je dois retirer ce pantalon et je termine donc de me déshabiller et c’est à ce moment-là que silencieusement surgit mon beau-frère, alors que je suis en culotte dans son couloir (il repart en catastrophe sous nos rires et on ne le voit plus revenir avant longtemps).
Aucun anniversaire, jamais, sans attentat à la pudeur.
Jamais.

J’ai dépensé tout mon argent en livres, c’était complètement indécent, mais je me console sur la longue pile qui concernait surtout l’IEF – c’est-à-dire qu’il faut saisir l’autre pile, petite, celle un tout petit peu pour moi. La dame à la caisse nous a demandé si nous étions institutrices, j’ai dit non par réflexe et puis j’ai acquiescé, parce que clairement c’est cela, j’ai trop souvent cette casquette sans être concernée par le métier : je suis institutrice spécialisée pour enfant asperger et surdoué. Tellement spécialisée, je n’ai que deux enfants. Heureusement parce que vraiment, j’en aurais plus je démissionnerais.

Je me suis offert, c’était mon anniversaire, un livre. Un seul. C’est LeChat qui a insisté, il tenait trois livres pour lui dans ses bras et il disait que c’était fou tout de même que je vienne là sans rien me prendre. J’ai donc cherché Stéphane Servant, avec la peur au ventre de ne pas m’y plaire autant, de chercher Petite entre des lignes où elle n’est pas. C’est si difficile, la déception. Je la vis si intensément, cette déception – qu’est-ce que je ne vis pas intensément. Je me suis donc acheté Le Cœur des louves et je le garde de côté. Pour un jour triste. Il sera une consolation – il doit.

Je crois, je reviens aux livres. Vraiment. Avec force. J’abandonne un peu l’ordinateur, par ce fait. Mais pas seulement cela parce que si je dois être honnête je n’ai pas la sensation de lire plus, alors peut-être simplement je vis d’autres choses, d’autres vies. Je déconstruis les surfaces, j’ai pensé soudain qu’il était furieusement urgent que je ne sois plus là où j’étais. Il me semble que j’ai en moi encore davantage de silences si c’est possible, et peut-être, j’écoute – à travers les acouphènes, j’entends celle que je tente d’être.

Alors bien sûr, je lis mais je suis aussi tellement dans autre chose. D’ailleurs ma pile à lire menace de s’écrouler, je ne suis pas la cadence et sans doute, c’est impossible. C’est-à-dire que ces temps je voyage et cette semaine qui vient de passer était magnifiquement douce et parfaite, il me semble avoir vécu tellement en si peu de temps. Tant de rencontres incroyables, tant de sourires échangés. J’ai craqué un peu sur un jeune homme, et « d’accord mais c’est exceptionnel » il m’a donné l’accès à ma carte sans pièce d’identité, j’ai aimé son regard il était à savourer les soirs d’hiver. J’ai rencontré un asiatique aux yeux bleus absolument étonnants ce regard intense et gentil c’était beau, entre lui et nous s’est joué de drôles de choses, il nous a finalement aidé malgré l’absence de sa supérieure et c’est toute cette humanité qui ma bouleversée, tout ce qui se disait dans son corps que ses mots contredisaient, tous ses mouvements. A chaque passage pourtant rare dans un salon de thé qui vend davantage de théières et de bijoux que de thés, j’apprends à connaître A. une femme absolument magnétique – et nous ne sommes pas étrangères à ces liens qui se nouent après ce que nous avons fait en souterrain, je n’essayerai même pas de décrire. Je suis la personne la plus asociale qui soit et de en temps en temps comme là, je m’étonne, je me demande qui je suis pour attirer ainsi, pour rencontrer tant de personnes et les trouver si belles et me sentir si à ma place.