• #366 réels

    Aujourd’hui j’ai l’habitude de

      Je n’en parle pas assez, j’ai survécu. C’est une habitude, de survivre, je le fais un peu chaque jour, je prends la jeune femme par la main et je lui donne à respirer. Cela me met comme au seuil d’un silence, parfois. De respirer, de survivre. De m’habituer. D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui j’ai l’habitude de   Avec ou sans leur feuillage, les ginkgos s’imposaient par leurs formes magistrales. Les arbres dénudés étaient tous tournés vers le ciel, y compris les nombreuses petites branches qui semblaient vouloir ainsi enlacer leurs troncs, avec dignité. De leur côté, les feuillages jaunes, à leur apogée, pesant de toute…

  • #366 réels

    Aujourd’hui rondeurs

    J’apprends le corps, la ronde des grammes rêvant de liberté discrète. Je me suis mise à flotter, quelque part un nuage une pensée entre les tissus je n’étais plus, et je n’ai pas saisi cette différence, il y avait ce manque contre la peau cet instinct contre le tissu cette volonté avant la balance, je me suis décidée à grimper et elle annonçait étrangement qu’il manquait deux kilos, disparus, envolés et je n’avais rien demandé. Les rondeurs elles, sont toujours là, si peu concernées. D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui rondeurs

  • #366 réels

    Aujourd’hui sens interdit

    Il y a des routes des mots, on ne voudrait pas les prendre. Un sens interdit sur le chemin, et on fermerait les yeux on ne verrait plus, on n’en sortirait pas, nous serions là dans un sens impossible, il ne resterait que l’autre, unique vision fantomatique et obsédante il hurlerait que tout va bien, nous serions dans une certaine absurdité de l’image et alors il y aurait ce cri arraché et rentré par ce sens non prenable, un mouvement en arrière qui effacerait jusqu’au hurlement dans le ventre – et toute la culpabilité. Il y aurait ce trou, un non-dit, nous ne saurions pas. Et nous pourrions continuer de…

  • #366 réels

    Aujourd’hui il me faudrait un mot pour désigner

      Il me faudrait un mot pour désigner, ce qui va bien au milieu de ce qui va mal, ou alors ce qui va mal au milieu de ce qui va bien – mais là ce serait moins doux, je crois, ce serait un sens malheureux. Comment désigner cet entre-deux délicat, la douleur-la joie, la fatigue-la danse, le froid-l’amour. Comment est-ce que je dis ça, ces opposés éloignés et pourtant tellement liés ? Il y a comme un raté. On ne désigne pas, on ne dit pas, on ne peut insister sur l’intimité. On ne peut que dire sans dire. D’après l’exercice 366 réels à prises rapides –   Quand…