Aujourd’hui une couleur qui sent

Certaines larmes ont une couleur un peu grise, une odeur un peu triste, le gris compliqué des émotions mêlées d’errance. Je soupire de ce brouillard, navrée ou alors pas tant, peut-être, d’avoir égaré mon odorat – un malentendu, laiteux ou non, qu’en sais-je. Je ne sens plus. Ni le gris ni le triste, il ne reste que les départs, si terriblement durs, de mes petits félins.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui une couleur qui sent

chaton roux osais
Mon petit adoré..
Pourtant je me l’étais promis, je ne m’attacherai pas.
Uh.

Depuis le départ de Nuage, les chatons dorment l’un contre l’autre, serrés. Se sont remis à téter leur mère.
Quelque chose a changé dans la dynamique féline comme familiale, Prince a pleuré toute la soirée,.. le passage est difficile..
Plus jamais, s’il vous plait.
Plus.

Aujourd’hui ça passe

Il riait avec la précaution des affamés.
« Nous pourrions, disait-elle, inventer les quelques mille quatre cent quarante minutes qui viennent, lâcher la douleur depuis la mille quatre cent trente neuvième et rire, oh.. rire, nous raconterions les rêveries les carnets les mots, nous toucherions le cœur des tissus doux soyeux en fleurs, nous pourrions, je ne sais pas, changer la vie de place ? »
Elle disait « nous » comme s’il était concerné, et il pouvait espérer que ce soit vrai, que ce nous soit vrai, il y tenait fermement comme si elle allait soudainement disparaître en l’arrachant d’entre ses mains. C’est que cela lui passait toujours, elle disait nous, et puis…

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui ça passe


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J’ai un peu triché. J’entends bien qu’il faudrait toujours raconter ma journée – si vous regardez bien vous en trouverez quelque chose de réel – mais il se trouve que je ne le souhaite pas, là, peut-être même plus du tout – qu’en sais-je. Alors pour aujourd’hui, une petite fiction pour rendre le texte plus proche de ce que je souhaite écrire. Cela pourrait devenir les 366 irréels et ça serait chouette.

petites fleurs blanches  Aujourd'hui ça passe

(Je me suis fait la réflexion, difficile même si ce n’est pas la première fois, que je ne sais pas où crier. A quel endroit puis-je poser ma douleur ? A quel endroit, à qui, est-ce que je peux dire « j’ai si mal je ne peux plus » et être juste entendue pour ce que c’est, de la douleur.
Je le pose là)

Indépendamment de tout cela, Hibou, 5 ans, m’a demandé à 19h45 de lui apprendre à lire. J’ai ressenti un énorme coup au cœur quand je me suis aperçue qu’en fait, il sait lire des phrases par syllabe ! Il a retrouvé en travaillant, ce qu’il avait su faire à pas encore 3 ans pour s’en désintéresser immédiatement ensuite, dans la foulée, pare que bon, une fois qu’on a compris le fonctionnement, à quoi ça sert de continuer ? Il sait donc additionner, soustraire et lire. Je suis une maman heureuse pour ce petit bout, qui s’ennuie tellement lorsque son grand frère se met dans un coin pour lire ! Bientôt il va pouvoir en faire autant ^^

 

Aujourd’hui en noir et blanc


 
Une poussière sous les yeux, la vie s’éteignait – un grain ce gris – le brouillard en ouvrant les volets traversait la ville – la mort, la mort cotonneuse absorbait les couleurs – je pleurais, sous le jet de la douche je laissais partir les sombres instants . la douleur parlait fort et moi j’avais envie de rire voler les éclats, elle criait en noir je riais en blanc – est-ce que nous savions voir – le monde devenait gris.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui en noir et blanc

 

Mais trop souvent nous oublions. Nous ne savons plus appeler. Nous parlons silence. Nos langues sont irrespirables. Les noms s’éteignent. Dans le noir les choses ne passent plus. Nous nous oublions.

Hélène Cixous – Vivre l’orange

chemin noir et blanc Aujourd'hui en noir et blanc
 

Aujourd’hui une seule question :

Vais-je pouvoir tenir le rythme ?
La couture, le dessin, les enfants, les crises, l’ief, la maison, le ménage, les activités des enfants, l’activité de LeChat, les repas, les goûters, les chatons, les bêtises des chatons, le téléphone, les sms, les mails, les rendez-vous, la fatigue, les courriers, les problèmes, les douleurs, la chaudière, le froid – puisque pas de chauffage -, les sorties, les commandes, les colis, le rangement, le tri, la voisine, les pantalons à coudre, mes projets, mes pleins de projets, mes trop de projets et la vie la vie la vie..

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui une seule question :


Lingettes ; en vente ici

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Hibou, 5 ans et demi :
« Merci maman de m’avoir fait bébé. Je veux dire. Merci de m’avoir fait découvrir la vie ».

 
 

Aujourd’hui comme un avis à la population : combien nous avons donné ?


 

Il faudrait . voilà. Partager. A en faire trembler le cœur. Les envies, les jolies choses, quelques mots, des gratitudes. Donner . l’invisible, un lave-vaisselle, un grille-pain, la liberté, de la vaisselle, une centrifugeuse et tellement, encore. Il serait chouette de faire . c’est ça. Circuler. L’air, les objets, l’énergie, le bruit des heures. Vous verrez . on vous donnera, dans les semaines, celles qui viennent. Le vélo. Superbe. Celui-là, celui . dont vous aviez besoin . pour vous déplacer, aller au travail, être libre. Être. Libre.
Et alors. Comme un avis, pour vous : vous donnez . vous recevez.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui comme un avis à la population

 

Ce ne sont pas forcément des amoureux qui ont écrit les plus beaux poèmes d’amour- et quand ce sont des amoureux, ils n’en rendaient pas leur amour responsable. Pourtant, le reflet de toutes ces paroles prononcées, inventées est sur eux, indélébile. Et il leur fait supporter ce reflet et rester sans cesse absolument disponibles, refléter et voir, vertu d’éternité. Voir c’est recevoir, refléter, c’est donner à voir.

Paul Eluard – Donner à voir

 

rose tombe Aujourd'hui comme un avis à la population