Les quatre-vingt onze centimètres de Skhizein

 
La sensation de se tenir à côté de soi est particulière. Je ne me sens pas à côté de moi, je me sens à côté de ce qu’on attend de moi et à côté des autres. La nuance est sans doute là, je suis saine d’esprit, juste décalée. De quatre-vingt onze centimètres. Je me sens là le plus souvent, à côté de ce qui fait la vie des gens. Des petits pas sur la droite, jamais à gauche et je ne sais pas pourquoi mais c’est ainsi. Je me sens à côté et si j’en ai souffert énormément, il m’aura fallu beaucoup d’années de travail et une rencontre déterminante pour me comprendre et m’accepter entièrement – j’y travaille toujours et je commence à me sentir stable sur mes bases.

La vidéo « Skhizein » m’a bouleversée dans cette justesse décalée justement. Il s’agit avant tout de troubles psychologiques touchant certaines personnes, « une sur cent » dit Henri. Et si je ne suis pas concernée par cette folie-là – bien que je l’ai touchée du doigt -, je perçois au jour le jour l’incompréhension de l’entourage et la sensation de décalage.
Maintenant je vais pouvoir dire « Je suis décalée de quatre-vingt onze centimètres ». Juste parce que ça me parle tellement.

« On ne précise jamais aux gens de combien ils sont fait. On dit juste qu’ils ont perdu la boussole, qu’ils sont à côté de la plaque, paumés quoi. Alors un peu plus un peu moins, finalement… à quoi peut servir de savoir ? De savoir de combien de centimètres on s’est éloigné. »
 

Skhizein – Prix du Meilleur Film d’Animation francophone SACD au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, 2009

La chasse aux trésors : vos créations disséminées

carte au tresor plan appart

La chasse aux trésors a commencé. Cette carte, c’est notre appartement dessiné par LeChat. Si, vraiment, avec une âme d’enfant on peut le voir, le deviner, partir à la recherche des petits trésors comme des pirates – et parfois je voudrais être encore une enfant, qu’on me le fasse vivre à cet âge tendre. Hier ils ont découvert le feu, la cuisine. Aujourd’hui, notre tour. Ceux qui sont déjà venus chez nous savent ou se rappelleront peut-être notre mur rond ? Il s’agit de la cage d’escalier qu’un architecte inspiré s’est senti obligé d’inclure dans les lieux, une tour ronde, donc. Les hamacs disent les lits,… Ils ont donc découvert des pièces d’or près du feu de camps, aujourd’hui des parents fatigués ont oublié de cacher le morceau de carte et le trésor, et deux enfants impatients m’assaillent, la longue attente les yeux dans le four : il manque un pirate papa pour me dire où est la carte, ils vont devoir attendre et il va falloir que je gère les assauts mécontents jusqu’à son retour – les requins qui tournent autour prendraient presque tout leur sens. La tour se collectera et demain la fontaine viendra s’ajouter à cette carte au trésors qui les mènera au coffre des pirates. C’est une vie d’enfant, les trésors à chercher, et j’ai cette âme là en toute circonstance je crois.

Le web, c’est une chasse au trésor à la grandeur de la planète, dans toutes les langues et de toutes les manières. Nous n’aurons jamais de toute une vie pour tout découvrir et c’est une pensée un peu triste et aussi drôlement joyeuse : on ne finira jamais, il y aura toujours quelque chose ! Alors un petit passage éclectique de ce que j’ai trouvé au hasard de clics, qui m’ont fait rêver ou envier, oui envier avec cette légereté qui me fait dire que c’est magnifique et que j’aimerais beaucoup moi aussi l’avoir et qu’il ne manquerait sans doute pas grand chose pour que. Deux mains valides, de l’imagination, du temps… Oui je voudrais cette délicatesse dans ma maison, comme sur ces photos, là :

AventC aguerre riz

. Un calendrier de l’Avent sur une branche d’arbre
. Un galerie photo de compositions végétales, le blog de l’artiste
. une assiette de riz, je suis en amour de ces photos et de sa vaisselle
. Les sons de la nature, à écouter à travers la planète
. J’aime ses photos, j’apprends doucement à la lire, je m’obstine
. Elle écrit. Ce qui la traverse. Et j’aime au-delà
. Un calendrier de l’avent virtuel de DIY, chaque jour elle le remplit, il n’y a qu’à cliquer
. un bandeau, qui m’a donné envie de retourner à la couture – un peu

Je vous souhaite de belles visites, et une douce préparation de Noël. Je réfléchis encore à ce que je voudrais faire, qui soit doux et fait-maison. Je crains que cette année encore, je doive acheter un peu tout. Je finirai par y arriver…

 
Les enfants on finalement eu leur morceau de carte ; la tour a eu du mal à révéler ses secrets, malgré l’indice des marches et d’immensité. Et puis la révélation est venue, c’était le mur bien sûr – et Prince nous a dit je vous félicite c’était dur – et il a compris dans la foulée que c’était une carte avec laquelle il pouvait se repérer spatialement : le concept de plan est intégré. Voilà qui va faire s’aiguiser les esprits pendant vingt-quatre jours.

 
Mon téléphone ayant retrouvé un accès au wifi – j’ai constaté cette avancée incroyablement technologique pour mon appareil, j’ai peur que ce ne soit le chant du cygne et qu’il ne meurt ensuite entre mes doigts – j’ai de nouveau la possibilité de mettre des photos sur Instagram. Alors je vais le réinvestir, avec mes photos, les vraies, les belles, pas celles de mon téléphone – qui se croit photographe mais à tout le mieux tente d’éclairer des pixels. Je ne cherche pas à le vexer, je démontre simplement l’évidence : il ne sait pas faire des photos – à moins que ce ne soit moi qui ne sache pas photographier avec, tout est possible.

 
J’ai également repris l’écriture sur 3pages, et je triche légèrement en y écrivant mes articles de blog, ce qui vous vaudra sans doute de plus longs articles. Dès que je me le sens, je retourne à la mort de S., pour tout poser définitivement. Et en faire pour ceux qui se le sentiront dans ce chagrin si compliqué, quelque chose qui puisse se lire.
Peut-être.
 
 
 

Twitter mode d’emploi

branches tiges

 
Je ne pensais pas un jour faire une publicité quelconque pour quoi que ce soit sur ce blog, tout arrive dans la vie 🙂
Céline m’a demandé de parler ici de Twitter, de lui donner l’étincelle nécessaire pour utiliser cet outil inconnu qui de là, ne lui fait pas trop envie. La tâche me semble ardue, mais pourquoi pas ?

Mon expérience n’est sans doute pas la plus représentative de ce réseau que j’appréhende parfois de loin. Et puis j’ai mis du temps à m’y sentir bien.
Le plus difficile sur Twitter, c’est d’y arriver en n’y connaissant personne, c’est un océan de possibles effrayants. Je m’y suis perdue, noyée, étouffée par les milliards de mots qui ne m’étaient pas adressés. J’en suis repartie rapidement, je ne comprenais pas le sens de cette agitation. J’ai été renvoyée à mon extrême solitude, l’enfantine, celle qui se cherche et veut des amis, veut de l’amour, veut être vue. Ce n’était pas le bon moment, mais surtout je n’ai rien compris à son fonctionnement et donc à cet engouement. J’ai conservé le compte deux ans, sans y toucher, l’oubliant même dans ce coin sombre où je l’avais relégué.
Et puis un lendemain de Noël, je me suis retrouvée à discuter autour d’une pizza maison et de macarons maison – si, c’est important de le préciser, c’était maison et c’était bon et je veux encore des macarons s’il te plait 🙂 – avec deux blogueuses dont une qui délaissait son blog – à mon grand désespoir – et parlait beaucoup sur twitter – re grand désespoir – et je ne me voyais pas sur ce réseau vraiment. Dans ma tête je percevais ce que je manquais, sans savoir comment m’y prendre. J’ai mis encore quelques mois avant de faire une seconde tentative. Je ne suis plus partie.

Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai. J’en pars, j’y reviens, je pause, je réajuste, je pose, j’efface, je copine, je parle, je chut, j’écoute, je photo, je mot, je lis. J’aime.

J’ai compris quelque chose avec Twitter : on a besoin d’un point de départ. Une personne, un blog, un lien, une main. Un accueil. C’est là que nous créons le réseau, dans l’accueil de la personne qui arrive. Sinon on se se fait avaler et recracher sans même savoir quel goût on a, on est déjà en dehors et on n’a rien vu de ce qu’il se passait là-bas sur la toile.

Twitter fourmille. C’est d’une richesse fantastique avec son tranchant, on y trouve une culture sans égale comme le plus abject. Cela demande des tris réguliers parce qu’on peut se tromper lorsqu’on clique sur « Suivre ».

Je vais citer @Alserweiss qui l’a dit si joliment : ça permet de sentir l’air du temps, de savoir de quoi sont fait les jours de personnes que nous ne rencontrerons jamais.
J’ajouterai que Twitter permet de s’entourer de comptes littéraires, d’écrivains, de couturiers, de tricoteurs ou de toute autre passion qui est la votre. Twitter est ce qu’on en fait.

 

Inscription :

. La création du compte demande une adresse mail, un pseudo, un mot de passe. Je m’appelais @LeChaperonRouge, doux souvenir de ma cape rouge qui m’avait valu ce surnom dans les rues de Montpellier. J’ai récemment ajusté à mon blog, @DameAmbre.
. Il est recommandé de l’enrichir d’une photo : premier pas de son identité. L’on est repéré dans le flot par elle, avant même de voir le pseudo, l’image percute, la couleur appelle le regard. Je suis la photo puis je suis mon nom. La photo est appelée PP (Profil Photo)
. La bannière n’est pas obligatoire non plus, d’autant qu’on la voit peu, mais elle fait l’identité du compte et du blog associé, elle en dit beaucoup sur l’auteur. Certains y mettent leur publicité s’ils vendent un livre ou un site, d’autres y exposent leur identité profonde, d’autres ce qu’ils aiment le plus. C’est une question personnelle d’image.
. La bio est très intéressante à remplir (140 caractères pour se définir), cela donne envie ou non aux gens de cliquer sur le compte.

 

Fonctionnement :

. Un petit guide peut être nécessaire parfois, sur les termes employés.
Rapidement :
== le signe @ suivi d’un pseudo permet de parler à la personne (et qu’elle nous lise, sinon cela serait perdu dans le flot)
== le signe # (hashtag) permet de créer des tags ou mots clés, pratiques lors d’évènements dont on veut tout lire – ou en faire partie. Très pratique lorsqu’on cherche sur un thème précis.
== Faire un DM, c’est un message privé. Ils ne sont plus soumis à la règle des 140 caractères, ce qui est un soulagement
. L’accueil sert à lire les personnes qu’on suit
. Les notifications nous informe des tweets où nous sommes nommés, des nouveaux followers (personnes qui nous suivent) et des favoris (quand une personne aime ce qu’on a dit)
. « Masquer » un compte permet de faire taire une personne provisoirement (ou à perpétuité si on l’oublie), si elle parle foot par exemple c’est intéressant sur une soirée – ne me frappez pas merci. Cela permet d’affiner ce qu’on accepte de lire ou non.
. « Bloquer » un compte est intéressant en cas de débordement injurieux : il ne pourra plus vous lire et vous ne le lirez plus (peut être provisoire ou permanent)

Et maintenant ?

 

Trouver des gens :
Maintenant, on part en quête.
. A partir des blogs qu’on suit : très souvent les blogueurs ont un compte affiché sur le blog. Certains blogs morts offrent la surprise d’être parfaitement vivants sur Twitter, ce qui offre une seconde chance de garder le contact. Attention toutefois : un blog qu’on aime ne donnera pas forcément un twitter qu’on aime. Il est bon de garder en tête que Twitter peut être une fenêtre grande ouverte sur la vie des gens et que certaines choses peuvent déranger. Parfois il y a une grande retenue sur un blog et la personne se lâche sut Twitter, et inversement (je me lâche par exemple ici, je suis très en retenue sur Twitter). Ça ne s’explique pas, c’est un ressenti personnel. Donc, ne pas se lancer les yeux fermés, réfléchir avant de suivre – il ne sert à rien de blesser quelqu’un en repartant aussi vite qu’arrivé.
. A partir des abonnés/abonnements des Twitteux qu’on a décidé de suivre : il y a des chances que les goûts soient un peu les mêmes
. A partir des suggestions de Twitter (via mails ou sur le site même)
. A partir des RT (ReTweet) d’une personne

Certaines personnes pratiquent le followback, c’est à dire que lorsque que quelqu’un suit son compte, en retour il vous suit également. Personnellement je ne fais pas ça – ce qui me vaut des gens qui viennent, me suivent, et me quittent ; je suis souvent quittée mais je le vis bien ^^ C’est une question personnelle. Je préfère suivre uniquement ce que je souhaite, c’est un choix qui en vaut un autre.

 

Et ensuite ?
. Se faire aux 140 caractères : au début, cela m’a demandé une grande gymnastique intellectuelle pour trouver des mots ou des phrases courtes, qui résumaient ma pensée, ce qui ne fut pas évident pour moi qui ai besoin du mot « juste ». Je m’y suis faite.
. Et puis écrire 🙂 Son article de blog, des petites choses, des grandes choses, sa vie, les mots dans sa tête, les mots au bout des doigts ou alors ne rien dire et simplement lire.
Twitter, c’est personnel. On est dans un flot de vie intense très rapidement et pourtant cela reste très personnel. Ce n’est peut-être que moi qui le vit ainsi, mais je le pense très intérieur. Je prends le temps. De lire, de comprendre, d’écouter, de le vivre, de cliquer, de me renseigner. Si je suis trop fatiguée je m’en retire, si j’ai un bonheur à partager je l’écris – parfois. Cela dépend de mon humeur ^^ Je le vis comme @LaSouris : c’est un échange : liens, photos, vie, instants T, articles, demandes d’aides, humour…

Twitter est un kaléidoscope 🙂

 

Quelques comptes pour commencer ?

. France Inter
. France Culture

C’est un début 🙂 Je pourrais en donner d’autres bien sûr, mais je ne compte pas courir le risque de vexer ceux que je ne nommerais pas faute de place, et non faute d’envie, et puis c’est à chacun de faire sa liste selon qui il est – en toute objectivité, il y a longtemps que ma liste à moi a dévié de ma personnalité et parfois j’ai envie de refonder un compte twitter tout neuf.

J’ai relu plusieurs fois – évidemment – et il me semble n’avoir rien oublié.
Alors Céline, ça t’a aidé et donné envie ? 🙂
 
 
 
 

Sens

Parfois je lis un blog dont le dernier post date de plusieurs mois et j’ai envie de lui dire « écris écris t’arrête pas écris », tout est suspendu et ce n’est pas possible ce silence, ce n’est pas possible de rester sans mots quand je suis suspendue, quand je sens les battements de cœur, quand il y a ce don, là, au bout des doigts et que les mots je les attends et qu’au lieu de vivre sa vie ses souvenirs au jour le jour, je dois les vivre à l’envers pour ne pas quitter cette empreinte dans le temps, je reste sur les derniers mots, Je peux rêver. Je peux tout inventer, et j’invente ce qu’elle n’a pas dit, ne pas rester sur le silence, ne pas rester sur mon silence.

J’ai besoin d’écrire.