La collection Réussir ses aquarelles chez Hachette

La collection Réussir ses aquarelles chez Hachette

Je disais hier que j’avais arrêté de créer, c’était un peu pas tout à fait exact. J’ai peint, et pour cela je me suis forcée à le faire pour essayer d’émerger de ma torpeur – sans succès. Mais tout de même, j’ai peint un tableau d’après les directives d’un livre.

paysages de voyages

A la médiathèque, j’ai déniché deux livres de la collection Hachette : Réussir ses aquarelles Paysages marins et Paysages de voyages. C’est ce dernier que j’utilise finalement, le défaut majeur de cette collection étant plus difficile encore pour moi dans le premier. Je vous livre ce que j’en pense, et c’est un avis très personnel.

Ses défauts :
. Le style est flou, j’aime la précision.. je ne m’en suis rendue compte qu’au moment de peindre. La déception a été grande.
. D’un livre à l’autre ils ont employé les mêmes artistes, créant un déséquilibre il me semble, car si on n’aime pas le style, c’est toute leur collection qui y passe.
. Lors du pas à pas que j’ai suivi, j’aurais dû réfléchir à ce que je faisais mais j’ai suivi leurs consignes à la lettre : résultat, j’ai mis de la cire à des endroits inadéquats qui sont restés blanc, comme le gros rocher. Si dans les faits cela lui donne un charme non négligeable, je souhaitais faire une reproduction fidèle et je me suis ratée. Donc.. le pas à pas c’est sympa, mais pas en toute confiance.
. Au début du livre ils parlent des différentes méthodes d’aquarelle (crayons, pastels et godets/tubes), mais dans le pas à pas ils sont axés uniquement sur les godets/tubes (ce qui tombait mal, je n’en ai que 12, je n’ai pas pu reproduire 80% de ce qu’ils demandaient en mélange). Mis à part le fait que je suis un peu pauvre en godets (je n’ai même pas de noir), j’ai eu l’impression qu’il fallait vraiment avoir toutes les teintes existantes pour pouvoir se servir du livre correctement.
. Je n’ai vu aucune mention, dans les pages techniques et conseils, de la cire ou de la gomme liquide, dont on doit se servir dans le pas à pas.. je débute, je me suis sentie lâchée.

Ses qualités :
. Le livre est vraiment bien pensé, la technique du pas à pas est très intéressante ; je chercherai s’il existe cette méthode chez quelqu’un d’autre que Hachette tellement je me suis régalée.
. Les directives de couleurs sont très claires, des symboles sont utilisés afin d’aller à l’essentiel.
. Beaucoup de tableaux pour s’entrainer à la reproduction. S’ils plaisent, ce sont des heures de plaisir en perspectives

Un tableau se présente ainsi, le dessin au crayon puis le tableau (navrée pour le flash mal venu..) :

capri dessin tableau

J’ai donc reproduit le tableau, à main levée. Je ne me suis pas servie du dessin pour le reproduire, j’avais besoin plutôt du tableau pour m’y retrouver. J’ai mesuré les distances afin d’être parfaitement à l’échelle ; j’ai pris les mesures un peu dans tous les sens, je me suis sentie très à l’aise dans cette expérience-là. Le rendu final est à la hauteur de mes espoirs. Cela rend assez mal sur la photo, bien que j’ai foncé les traits avec Photoshop.. en cliquant dessus, cela agrandira la photo et vous verrez mieux.

capri dessin

Ce qu’il m’a apporté :
. J’ai appris à me servir de la cire, à mélanger certaines teintes, à bien diluer.
. J’ai réussi à reproduire le dessin parfaitement. Je pense que cela m’a pris 45 minutes pour le faire, avec les enfants dans la pièce et mon mari avec qui je discutais en même temps. La rapidité ne m’a pas intéressée, je souhaitais surtout avoir un bon rendu.
. Je suis donc capable de dessiner puis de peindre, avec mes crayons lorsque je n’ai pas les godets adéquats, des teintes assez proches de l’original.
. La fierté. Elle arrive doucement, avec le recul.
. Malgré un jeu de couleurs un peu différent et si on n’a pas l’original sous les yeux, j’ai atteint un résultat intéressant, je veux bien en convenir ici. Je l’ai détesté au départ, il me semble que finalement, je m’en suis assez bien sortie.

capri aquarelle
En cliquant sur la photo, ce sera moins flou !

6/52 photo project – objet

6/52 photo project – objet

tableau dessin jf rouge LeChat photo project – objet

C’était étonnant ma réticence à ce sujet – l’objet– , ce retard que j’ai pris. Et puis j’ai compris tout à l’heure, lorsque la pâte à fixe dans une main et ce dessin dans l’autre, je suis allée droit sur le mur et que je l’ai accroché. C’était lui que j’attendais depuis dimanche. Ce matin LeChat a fait les courses, il m’a rapporté de la colle et voici enfin son magnifique dessin sur notre mur. Il l’a fait comme ça. Pour moi. Rarement ce qu’il a dessiné a pu me parler autant, droit au cœur, dans toutes ces vibrations. Ce n’est pas toujours explicable, ce que l’on ressent, on se glisse dans une émotion et on en prend soin parce qu’il n’y a rien d’autre que l’on puisse faire pour accueillir.

Je n’allais pas très bien, j’étais encore dans cette phase où j’étais à ce point bas que c’était une souffrance. C’était à la fois tout en silence et tout en cris, avec toutes les nuances difficiles et inatteignables que l’on peut imaginer – mais surtout qu’il ne faut pas vivre. Je n’aime pas être ainsi, je ne sais pas toujours faire la part de ce qui appartient à la maladie qui me dicte une dépression inexistante, de ce qui m’appartient et est une véritable dépression. Celle-ci était une vraie. Une profonde. Je remonte et d’une certaine manière, ce dessin qui ne pouvait rien a fait beaucoup. Maintenant c’est comme un sourire, un peu, que j’aurais accroché dans le salon. C’est forcément ça parce que chaque fois que notre regard à l’un ou l’autre se pose dessus, un sourire se dessine sur nos lèvres et dans nos yeux.

Il est maintenant accroché.

Il y a un sourire sur notre mur.

tableau dessin LeChat proche

tableaux mur
Les reflets ne sont pas jolis…

Le désarroi du papillon

Le désarroi du papillon

papillon halluciné

La photo de ce papillon est catastrophique. Je sais photographier un paysage, mais un dessin, ça m’est complètement fermé. Les couleurs se sont visiblement pensées libres, et ça donne du grand n’importe quoi. Il me faudra m’habituer j’imagine, ou trouver comment régler mon appareil – que je ne maitrise pas le moins du monde, un jour je saurai à quoi servent tous ces boutons.

Je préfère, de bien loin, le hibou, mais il est plaisant malgré tout. Je l’aime bien et je ne m’attendais pas à me frotter à ses mots là – la fatigue toujours, la fatigue tient un discours décousu que je ne maitrise pas.

J’étais quelqu’un. Il y a encore une seconde j’étais quelqu’un.

Je flottais dans les vents et je regardais les océans, je filais dans les cieux sans bagages, libre de rides soucieuses. Les rêves me conduisaient, je ne distinguais ni le ciel ni la terre, ni le temps ni les sens. Les silences emplis de fierté me traversaient et j’étais tout à ma joie de la simple existence – comme la plume sur l’oiseau qui se détache et se balance, ivre de liberté. Je l’étais, ivre. La chaleur d’un regard me tenait, royal et délicat comme la rosée. Aurait-on pu voir une vie plus gracieuse, plus élégante, que ma naissance ? Il en aurait fallu de la folie, pour croire que cela ne durerai pas. Les routes me chatouillaient de joie, saluant mon passage coloré. Elles soulevaient mon désir par vague et la moindre caresse déclarait sa flamme à l’Univers.

Une virgule. J’étais une virgule dans l’humanité, celle que l’on devine tant elle brille et je relevais la tête sur l’Existence. Je me trouvais dans l’exact instant de l’illusion qui fait soulever des montagnes.

Et puis la folie des Hommes, tenace, qui amène la peur dans les cœurs – mais comment survivent-ils à tant de larmes ?

Je n’ai pu ouvrir les yeux. Je me tiens là, parfaitement immobile.

Saisi en plein vol.

Quand tu ouvriras ta main, je ne serai qu’un chagrin planté dans ta peau.
Un de plus.