6/52 photo project – objet

tableau dessin jf rouge LeChat photo project – objet

C’était étonnant ma réticence à ce sujet – l’objet– , ce retard que j’ai pris. Et puis j’ai compris tout à l’heure, lorsque la pâte à fixe dans une main et ce dessin dans l’autre, je suis allée droit sur le mur et que je l’ai accroché. C’était lui que j’attendais depuis dimanche. Ce matin LeChat a fait les courses, il m’a rapporté de la colle et voici enfin son magnifique dessin sur notre mur. Il l’a fait comme ça. Pour moi. Rarement ce qu’il a dessiné a pu me parler autant, droit au cœur, dans toutes ces vibrations. Ce n’est pas toujours explicable, ce que l’on ressent, on se glisse dans une émotion et on en prend soin parce qu’il n’y a rien d’autre que l’on puisse faire pour accueillir.

Je n’allais pas très bien, j’étais encore dans cette phase où j’étais à ce point bas que c’était une souffrance. C’était à la fois tout en silence et tout en cris, avec toutes les nuances difficiles et inatteignables que l’on peut imaginer – mais surtout qu’il ne faut pas vivre. Je n’aime pas être ainsi, je ne sais pas toujours faire la part de ce qui appartient à la maladie qui me dicte une dépression inexistante, de ce qui m’appartient et est une véritable dépression. Celle-ci était une vraie. Une profonde. Je remonte et d’une certaine manière, ce dessin qui ne pouvait rien a fait beaucoup. Maintenant c’est comme un sourire, un peu, que j’aurais accroché dans le salon. C’est forcément ça parce que chaque fois que notre regard à l’un ou l’autre se pose dessus, un sourire se dessine sur nos lèvres et dans nos yeux.

Il est maintenant accroché.

Il y a un sourire sur notre mur.

tableau dessin LeChat proche

tableaux mur
Les reflets ne sont pas jolis…

Le désarroi du papillon

papillon halluciné

La photo de ce papillon est catastrophique. Je sais photographier un paysage, mais un dessin, ça m’est complètement fermé. Les couleurs se sont visiblement pensées libres, et ça donne du grand n’importe quoi. Il me faudra m’habituer j’imagine, ou trouver comment régler mon appareil – que je ne maitrise pas le moins du monde, un jour je saurai à quoi servent tous ces boutons.

Je préfère, de bien loin, le hibou, mais il est plaisant malgré tout. Je l’aime bien et je ne m’attendais pas à me frotter à ses mots là – la fatigue toujours, la fatigue tient un discours décousu que je ne maitrise pas.

J’étais quelqu’un. Il y a encore une seconde j’étais quelqu’un.

Je flottais dans les vents et je regardais les océans, je filais dans les cieux sans bagages, libre de rides soucieuses. Les rêves me conduisaient, je ne distinguais ni le ciel ni la terre, ni le temps ni les sens. Les silences emplis de fierté me traversaient et j’étais tout à ma joie de la simple existence – comme la plume sur l’oiseau qui se détache et se balance, ivre de liberté. Je l’étais, ivre. La chaleur d’un regard me tenait, royal et délicat comme la rosée. Aurait-on pu voir une vie plus gracieuse, plus élégante, que ma naissance ? Il en aurait fallu de la folie, pour croire que cela ne durerai pas. Les routes me chatouillaient de joie, saluant mon passage coloré. Elles soulevaient mon désir par vague et la moindre caresse déclarait sa flamme à l’Univers.

Une virgule. J’étais une virgule dans l’humanité, celle que l’on devine tant elle brille et je relevais la tête sur l’Existence. Je me trouvais dans l’exact instant de l’illusion qui fait soulever des montagnes.

Et puis la folie des Hommes, tenace, qui amène la peur dans les cœurs – mais comment survivent-ils à tant de larmes ?

Je n’ai pu ouvrir les yeux. Je me tiens là, parfaitement immobile.

Saisi en plein vol.

Quand tu ouvriras ta main, je ne serai qu’un chagrin planté dans ta peau.
Un de plus.

 

Le hibou pas du soir

hibou pas du soir halluciné

 
 

Je ne fais pas que préparer le nanowrimo. Je dirais même que je fais surtout bien d’autres choses, et que je continue de dessiner. J’ai découvert cet artiste, Christopher Uminga, au hasard de clics et je suis tombée particulièrement amoureuses de ces hiboux. J’ai tenté de reproduire le premier, mais le sien est beaucoup plus halluciné ! J’en ferai donc un autre, le mien c’est plutôt un hibou pas du soir. Il y a quelque chose de l’ordre du bonheur à dessiner un animal ébouriffé et complètement hagard, pas le moins du monde comme dans la nature.

J’aime sa façon de me regarder. Je pense que j’ai trouvé exactement ce que j’ai envie de faire en dessin ^^
 
 
 
 

Je crois que quand je l’ai vu je l’ai réveillé. J’ai approché mon visage et j’ai posé plein de questions. J’avais envie qu’il me raconte. Ses nuits endiablées, ses océans infinis, ses écueils et ses vides, les vies qu’il a croisées, tous les baisers volés, ses plumes ébouriffées et ses hivers emmitouflés, ses valises à la plume et ses chapeaux envolés, ses chaussons aux pieds, ses soirs au coin du feu, ses branches d’arbres tombées, ses grands espaces et les nuages frôlés, les journées assombries et ses histoires. Oh ses histoires… Mais quand je lui ai demandé, simplement demandé, s’il avait bien dormi en ce jour gris, il m’a regardée effrayé. Il m’a cru folle je n’étais que sorcière et je n’ai pas eu d’histoire.

 
 
 
 
 
 
 

Aquarelle – On ne rentre pas chez soi

aquarelle planetes bleu rose

 
aquarelle planetes on ne rentre pas chez soi
 
 
 
 

Dessiner. Un peu.
Comme si je n’avais pas renoncé.
On ne rentre pas chez soi.

 
 
 
 
 
 
 
 

aquarelle planètes
 

Nous entrions en silence jusque dans nos pas. Le restaurant vide nous absorbait, indifférent. Le serveur nous faisait un signe vers les fenêtres, nous choisissions vers le mur et nous consentions à racler nos chaises pour remplir le silence. J’en tremblais, de ce silence. Il me tuait. Il ne te faisait rien. Que je meure sous tes yeux te faisait sourire, c’était un défi pour me faire craquer, parler la première. Et je perdais, je remplissais l’espace, tout bas. Je parlais toujours bas, pour ne pas déranger, pour ne pas trop souffrir. Ce n’était qu’un leurre, je souffrais juste moins fort dans tes oreilles.

Je ne sais pas ce qui était le plus épouvantable, ma peur des silences ou ta peur des mots.

A trop combler, les mots ne valent plus alors je te forçais, je te posais une question, une grande ouverte. Sur toi. Je te disais, je ne comprends pas comment il faisait ce drapeau là sur la lune, pour flotter alors qu’il n’y avait pas de vent – il ne flottait pas, me reprenais-tu. Ou je te demandais de m’expliquer les trous noirs. Ton regard s’éclairait ; cette question nous évitait, changeait d’atmosphère, je n’existais plus que dans mon regard qui devait fixer le tien. J’étais le trou noir, je manquais d’air, je m’effondrais à l’intérieur. Je mourrais dans la réponse qui nous enveloppait de silence, qui niait notre couple.

J’aurais dû arrêter de m’imaginer qu’avec le temps, tu allais plonger dans mon bruit.

 
 
 
 
 
 

 

 

Un puzzle pour Hibou, un écureuil de 1 à 5

dessin aquarelle puzzle écureuil

En fouinant sur le net – j’adore m’y perdre, j’aime moins le temps qui passe en adéquation surréaliste avec mes recherches – j’ai découvert ces si jolis dessins à imprimer pour en faire des puzzles numéroté pour les enfants. Il y a de 1 à 5, et de 1 à 10. Je n’ai malheureusement pas d’imprimante couleur, je me suis donc inspirée pour en faire à Hibou. Cela n’aurait pas beaucoup servi que je lui fasse avec des enfants dessinés, ça n’inspire jamais mes petits à moi. Les animaux par contre, ça leur parle. Alors je me suis lancée dans cet écureuil et ce petit hérisson.
J’ai eu du mal à le découper ce dessin, pour en faire un puzzle ; j’aime bien conserver les choses comme elles sont ^^
Hibou s’est bien amusé, et c’était le principal.
Hibou l’a conservé précieusement, il regarde un dessin animé avec 😉

dessin aquarelle puzzle écureuil numéroté

dessin aquarelle puzzle écureuil ordre