Je ne sais pas ce que je dis – ambiguïté

aquarelle fleur maison ecriture

 
 

Les mots servent à cacher ce qu’on ne dit pas. Je pourrais écrire toute la journée sur ce blog, qu’il y aurait encore tout ce que j’ai tu. Je m’amuse parfois à tourner autour, pour que l’autre – c’est vous, l’autre c’est vous. Et parfois c’est un peu moi, aussi – devine ou passe à côté. Qu’il ait le choix. J’aime à parler entre les mots et me révéler sur un détour ambigu. Ambiguïté est un de mes mots préféré, non pour ce qu’il représente mais pour sa consonance. Ou alors peut-être, un rien de ce qu’il représente d’à côté. Un petit rien, qui dit beaucoup de mon être ou de ce vers quoi je tends. Un décalage.

Le dessin lui, ne fait que parler. Il pointe sur ce qu’on ne dit pas.
Et j’ai cette envie. Là. De lâcher tout ça. D’écrire sur un carnet et dessiner entre les mots.

Aquarelle, le Pendu – Tarot

aquarelle tarot pendu
 
J’ai ressenti l’envie de me dessiner un jeu de tarot, et j’ai commencé par le Pendu sans l’avoir prémédité. Le ciel bleu s’est invisibilité sous la photo, il est pourtant présent, un fond bleuté et un fond jauni.

Elle demande, « Est-ce que je me fais confiance ? »
Il est intéressant de constater que cette carte du Pendu, de prime abord positive puisque le pendu est à l’envers, je l’ai moi, dessinée négative puisqu’à l’endroit.
Ce ne sera pas la carte définitive.. Je suis navrée pour les âmes sensibles, si la carte gêne.. LeChat n’a pas apprécié du tout ^^’
 
Toujours est-il que la carte me parle, dans son erreur de sens. Et que je ne peux ignorer ce qu’elle dit : je suis bloquée et j’attends, je ne lâche pas prise. C’est une carte très dans le présent, inactive et figée, dans la tristesse. Il m’est difficile d’interpréter la carte seule, je ne sais donc si elle me dit que je dois bouger, changer quelque chose ou me recentrer. Je suis en cet instant, dans l’incapacité d’agir. Suspendue. Suspendue non par le point faible – ce fameux talon d’Achille – mais par le cou. M’étranglerai-je dans mes mots ou ceux d’autrui ? J’ai la sensation d’une mémoire, d’une mise en scène à faire céder – je ne peux m’empêcher de songer à ce que j’écris…

J’ai étonnamment fait la corde dans un marron qui ressort rouge. Le rouge, la vie, l’énergie.
Je m’entrave dans ce qui me donne vie ?

Je suis suspendue à un fil de mots vivants, en attente de décider ce qui sera décroché.
 


 
 

Aquarelle, un cheval pour ma filleule

aquarelle cheval
 
Je voulais dessiner un cheval, pour ma filleule. Cela fait un moment que je tourne autour, inquiète d’arriver à faire un tel animal, si majestueux. Je refusais de me lancer à l’aveuglette, et ça me semblait vraiment compliqué.. Et puis j’ai trouvé ce cheval. Et mieux, j’ai réussi. Bon.. la croupe peut-être.. un peu.. et puis j’ai du rajouter une queue et une jambe parce qu’il n’en avait que trois et ça déséquilibrait totalement mon dessin.. mais chuuut, j’ai réussi !
Je l’aime ce cheval.
J’espère qu’il lui plaira

La naïveté des enfants serait-elle à sauver

aquarelle lapin papillon parapluie pluie 

Ce n’était pas voulu, ce style enfantin. Elle est venue comme ça, cette naïveté. J’ai laissé faire, qu’y pouvais-je.
Il est pour un enfant. Je ne sais pas lequel et je ne crois pas que soit important. Je sais juste qu’il/elle aime les lapins. Si personne ne le réclame, il terminera inévitablement sur le mur de la chambre des miens, parce que vraiment, le lapin ressemble à Petit Soleil.

Je crois que ce qui était important, c’était le lapin. Inexplicablement, le lapin.
 

Je ne sais pas pourquoi les photos se sont obstinées à vouloir être sombres.. J’ai fait ce que j’ai pu, mais ce n’est guère fidèle à la luminosité et aux couleurs originales.. résultat on ne voit même pas les gouttes tomber des vêtements.. Ça parait moche sur l’écran, c’est bien plus mignon sur la réalité papier. Parfois, lorsque je suis trop fatiguée, c’est un peu comme si je ne savais plus photographier.

 
Demain. Demain je vais me noyer dans les mots de trop de personnes, et je n’aurai même pas mon oxygène pour y survivre.
 

Hibou, trois ans et demi, m’a dit je t’aime.
_ Et toi ? Et toi, est-ce que tu t’aimes ?
_ Non.
_ Non ? Pourquoi ?
_ C’est ma vie, maman.

Oui mon enfant c’est ta vie. C’est un petit peu la mienne aussi tu sais quand tu me réponds non à l’amour même par espièglerie, un petit peu la mienne.
 
 
aquarelle lapin papillon

Une certaine idée de la mélancolie

marque page enceinte vert
 

J’ai mis un peu de temps à le refaire, ce dessin. Différemment parce que j’ai compris que je devais me méfier du crayon aquarellable noir, différemment parce que je n’aime pas faire et refaire, différemment pour une plus grande douceur. Je préfère avancer, faire autre chose, découvrir.
Je vais enfin pouvoir l’envoyer à mon amie O. – ce qui tout de même est intéressant à faire avant qu’elle n’accouche.

J’ai commencé à dessiner une sorcière. Il me manque des crayons, des couleurs et elles viendront, bientôt. En bateau. J’ai dépensé tant et plus, pâte à modeler, feutres effaçables, peinture, perles en bois.. que j’ai englobé dans mon geste des crayons, pour moi, pour mon plaisir. Pour des douceurs. Derniers achats du mois, cette vie dépensière à ses limites.

J’ai repris quelques mots, entre deux respirations. Je me suis souvenue pourquoi je n’écrivais plus, j’ai vu poindre la date et j’ai compris pourquoi je tentais de reprendre. Je ne m’en sortirai pas. Je tombe alors sur ces mots « Si un écrivain tombe amoureux de toi, tu ne mourras jamais vraiment » et je demande, est-ce juste que de l’écrire, est-ce juste de garder cette part vivante, intacte, contrariée par la mélancolie de l’écrivain ?

Je me sens comme si tombait la pluie. Ce froid qui saisit et cette envie de thé sous la couette, mon livre entre les mains et le seul clapotement des gouttes sur les vitres des fenêtres. Je me voudrais à Paris sous une pluie fine, assise à une table avec la légère fumée de deux thés partagés et voir le monde trempé et flou se presser, courir après la chaleur.

Il ne pleut pas.
Mais il pourrait.