Jack #nanowrimo

Jour 1.
Je ne sais pas ce qu’on peut dire de ce texte. Jack est arrivé brutalement sous mes doigts depuis une vie lointaine et je ne sais pas ce qu’il fichait là après tout ce temps, il n’est pas travaillé, il est brut et sans beauté, sans poésie, et c’est typiquement ce que je reproche au Nanowrimo, ce non-travail (je rappelle que le Nanowrimo est une course quantitative et non qualitative). Quoi qu’il en soit, j’ai profité de ce jour férié et de LeChat à la maison pour en écrire autant. Ce sera ensuite plus.. digeste – il faut bien le dire, je ne retrouverai jamais autant de temps pour écrire quelque chose. Ce serait peut-être même le seul texte qui en sortira, hey.

Nombre de mots : 2357
(A lire en page 2)

Une écriture somnambule

Stavroz – The Finishing

Demain je vais tenter d’écrire durant un mois, ça se contiendra tout dans demain parce que si j’échoue dès le premier jour je vais baisser les bras. C’est sûr. J’ai un anxiolytique qui me les monte ses bras mais tout de même, il faudrait voir à ne pas croire qu’il est surpuissant. Par exemple, il n’a pas réussi à me faire ouvrir la porte sur des monstres-enfants, ils n’ont pas eu de bonbons mais peut-être, moi, j’ai eu un sort sans le savoir et il m’attend sur le palier. Contre les portes, il y a un autre côté toutes ces nuits-là. C’est cela Halloween, un envers à nos peurs et nos fantômes. On se maquille, on se déguise et on croit leurrer les morts avec des sucreries. Ne sommes-nous pas merveilleusement amusants, tout de même.

Je n’ouvre pas les portes de dehors, peut-être parce que je contemple celles à l’intérieur. Je ne les savais même pas là, ou alors elles sont apparues avec la pilule mauve, celle que j’ai cru voir blanche et qui était mauve, si, vraiment. Comment j’ai fait pour la voir blanche, cela me dépasse complètement, mais enfin elle me fait dormir, je ne me réveille plus alors la nuit je ne sais pas si je rêve en mauve ou en blanc, je ferme les yeux, et c’est tout ce que je sais. Maintenant j’en suis à me demander comment sont les nuits que je dors, est-ce qu’elles existent réellement ces nuits, est-ce que ce n’est pas un leurre ? Je ne suis pas sauvable.

Et donc demain, je vais tenter le Nanowrimo, cette chose angoissante.
D’accord, je ne dis pas la vérité.
Je ne vais pas le faire, je ne vais pas me torturer la tête pour trouver tous les jours 1667 mots. Je vais juste essayer d’écrire le plus possible et voir venir, et puis tant pis pour le compteur. Alors parfois, je partagerai ici ce qui est venu, ça sera sans relecture, brut ou peut-être brutal, des choses qui me viennent ayant besoin de sortir de ma tête et je décline toute responsabilité. Je n’ai pas la moindre idée d’écriture ; et ce rien à écrire, je ne sais pas si je saurai, si ça va être posable, si ça ne va pas encore partir dans les aigus ou les fantômes. Ça sera une écriture somnambule, certainement. Inhabitable – c’est à espérer pour les morts – bouleversée ou passée, mentalement équilibrée sur un seul pied comme pour une marelle, je ne sais pas être autre. Divagante.

Et puis parfois je le garderai loin parce que ça sera trop délirant ou alors non destinés à vos yeux, ou encore pour le Carnet Noir, lorsque cela concernera le roman – voyez ce futur optimiste. Parce que mon horizon c’est lui, seulement lui. Je sais que je ne peux pas écrire 50 000 mots cette année, et peut-être plus aucune année de toutes les années à venir, cette pression m’avait fait pleurer je me souviens. C’est trop lourd, cette fois. Et je l’espère, je saurai être raisonnable, je saurai ne pas tomber dans ces 1667 drogues. Parce que c’est cela finalement, j’ai peur de ne pas savoir me discipliner et de me jeter dans le précipice et me perdre, me perdre.. Comme souvent.


Épilobe



Au hasard d’un atelier

Au hasard d’un atelier

[Je voudrais ne pas perdre ces quelques mots, je le pose donc ici –où je peine à revenir ]

Atelier d’écriture de MélieMélie
La proposition d’écriture du jour nécessite seulement 5 minutes… et on écrit à partir d’un poème d’Andrée Chedid. Si ça vous tente, c’est par là pour la consigne complète !

En résumé :
1 – attrapez le premier livre à votre portée et ouvrez-le au hasard 📖, ou, si vous n’en avez pas, prenez un onglet de votre navigateur avec du texte à l’intérieur ;
2 – choisissez des mots de votre page (ou de la page d’à côté si vous n’en avez pas assez) pour compléter selon votre inspiration les phrases ci-dessous, qui sont un extrait d’un poème d’Andrée Chedid ;
3 – pas de réflexion nécessaire, pas de « mais ça ne veut rien dire !!! », faites ça de manière intuitive, le but, c’est de jouer ! 🤪

Avec cette page, complétez :
Je te donne trois ………………………..
La ……………………… d’un …………………….

De l’……………………… entre les ……………………..
De l’……………………… entre les ……………………..

Je te donne trois …………………………
Et le goût de l’……………………..
 

Et alors ma participation soudaine et presque je pourrais dire, involontaire :

Je te donne trois sourires désolés
La gratitude d’un enfant
De l’espoir entre les chagrins
De l’Amélie entre les carnets
Je te donne trois rires
Et le goût de l’encore

(livre : D’autres vies que la mienne, E. Carrere, page 93)

Pagaille littéraire

Pagaille littéraire

A un moment, c’est un peu comme avec le fauteuil, ça prend trop de temps cette histoire. J’ai envoyé un message aussi court que ceux reçus l’année dernière – quand elle me disait « revoir ça » sans autre indication qu’un débrouillez-vous donc avec. Je sais être douée dans le mimétisme des mots, être un miroir, prendre le ton de l’autre et déstabiliser. Laconique. Elle l’a reçu.

La réponse fut comme je l’espérais : construite et complète. En une année, c’est la première. Jusque là j’avais la sensation d’envoyer dans le vide d’un câble, je me perdais, peut-être mon mail s’égarait-il dans l’espace.. je n’ai jamais su s’il y avait réception en face. Je ne sais pas comment cela se passe dans les autres maisons d’édition, mais celle-ci est fort silencieuse.

Je peux donc m’exprimer sur le sujet, puisque je sais à peu près la chose : à la fin du mois prochain, mes textes seront publiés dans un livre.
Je. suis. publiée.
Je ne suis pas certaine de ressentir quelque chose, encore. Il arrive si tard, il arrive sans annonce volontaire, il arrive et je ne sais pas du tout ce que je peux faire de cette information-là.

Je crois que ma vie s’était figée, peut-être avec les médicaments pour dormir – mais je ne les prends plus et j’espère, je dors – peut-être avec ce qui se jouait à l’intérieur – il a manqué les racines, un peu comme lorsqu’enfant je dessinais des arbres parfaits mais sans racines – peut-être la lumière manquante. Un désastre invisible. Et si je suis absente, la vie autour ne peut que l’être également.
Je voudrais recommencer, parfois. L’existence. Avec toute la lucidité requise. Regarder chaque personne tout au fond. L’hyperconscience serait d’une grande violence