Au hasard d’un atelier

Au hasard d’un atelier

[Je voudrais ne pas perdre ces quelques mots, je le pose donc ici –où je peine à revenir ]

Atelier d’écriture de MélieMélie
La proposition d’écriture du jour nécessite seulement 5 minutes… et on écrit à partir d’un poème d’Andrée Chedid. Si ça vous tente, c’est par là pour la consigne complète !

En résumé :
1 – attrapez le premier livre à votre portée et ouvrez-le au hasard 📖, ou, si vous n’en avez pas, prenez un onglet de votre navigateur avec du texte à l’intérieur ;
2 – choisissez des mots de votre page (ou de la page d’à côté si vous n’en avez pas assez) pour compléter selon votre inspiration les phrases ci-dessous, qui sont un extrait d’un poème d’Andrée Chedid ;
3 – pas de réflexion nécessaire, pas de « mais ça ne veut rien dire !!! », faites ça de manière intuitive, le but, c’est de jouer ! 🤪

Avec cette page, complétez :
Je te donne trois ………………………..
La ……………………… d’un …………………….

De l’……………………… entre les ……………………..
De l’……………………… entre les ……………………..

Je te donne trois …………………………
Et le goût de l’……………………..
 

Et alors ma participation soudaine et presque je pourrais dire, involontaire :

Je te donne trois sourires désolés
La gratitude d’un enfant
De l’espoir entre les chagrins
De l’Amélie entre les carnets
Je te donne trois rires
Et le goût de l’encore

(livre : D’autres vies que la mienne, E. Carrere, page 93)

Pagaille littéraire

Pagaille littéraire

A un moment, c’est un peu comme avec le fauteuil, ça prend trop de temps cette histoire. J’ai envoyé un message aussi court que ceux reçus l’année dernière – quand elle me disait « revoir ça » sans autre indication qu’un débrouillez-vous donc avec. Je sais être douée dans le mimétisme des mots, être un miroir, prendre le ton de l’autre et déstabiliser. Laconique. Elle l’a reçu.

La réponse fut comme je l’espérais : construite et complète. En une année, c’est la première. Jusque là j’avais la sensation d’envoyer dans le vide d’un câble, je me perdais, peut-être mon mail s’égarait-il dans l’espace.. je n’ai jamais su s’il y avait réception en face. Je ne sais pas comment cela se passe dans les autres maisons d’édition, mais celle-ci est fort silencieuse.

Je peux donc m’exprimer sur le sujet, puisque je sais à peu près la chose : à la fin du mois prochain, mes textes seront publiés dans un livre.
Je. suis. publiée.
Je ne suis pas certaine de ressentir quelque chose, encore. Il arrive si tard, il arrive sans annonce volontaire, il arrive et je ne sais pas du tout ce que je peux faire de cette information-là.

Je crois que ma vie s’était figée, peut-être avec les médicaments pour dormir – mais je ne les prends plus et j’espère, je dors – peut-être avec ce qui se jouait à l’intérieur – il a manqué les racines, un peu comme lorsqu’enfant je dessinais des arbres parfaits mais sans racines – peut-être la lumière manquante. Un désastre invisible. Et si je suis absente, la vie autour ne peut que l’être également.
Je voudrais recommencer, parfois. L’existence. Avec toute la lucidité requise. Regarder chaque personne tout au fond. L’hyperconscience serait d’une grande violence

Aujourd’hui c’est presque à l’écoute

Aujourd’hui c’est presque à l’écoute

Le texte précédent, Aujourd’hui c’est presque, a tellement plu à Marie Tinet, qu’elle y a posé sa voix : c’est bouleversant d’écouter ses propres mots. Lorsque je les ai écrit ils avaient une sonorité, une richesse que je n’ai pas perçue, pas ainsi, les entendre chez une autre personne leur offre une puissance que je ne leur connaissais pas.
Merci infiniment, Marie 🙂

J’écris pour ne pas être tuée par ce que je n’aurais pas dit

J’écris pour ne pas être tuée par ce que je n’aurais pas dit

J’écris. Est-ce suffisant.
Aurai-je le temps de vivre ma vie d’écriture – vaste question traversante.
Je me suis mise à respirer en écoutant Marguerite Duras sur Arte, comme si je retrouvais enfin ce qui me manque tant dans l’abécédaire : une écriture au service de soi, l’affrontement de ce qui me façonne. L’écouter, c’était déjà écrire.
Je ne sais pas. Pourquoi. Ou comment. Le jour où Bruno Tessarech m’a dit que j’avais son écriture, il m’a liée à elle. Je vois ses failles, ses manquements, ses douleurs, je sais ce que l’écriture a sauvé d’elle, je sais ce qu’elle n’a pas écrit et l’a tuée.
C’est cela, que je dois écrire. Ce qui tue.