L’inattendu, ce merveilleux là

 


 
 

couverture orange oursons velours commande
Couverture d’été, une commande

 

Je voulais créer de la douceur et la partager, je voulais quelque argent, je comptais réussir, et tout ça c’était dans le Temps que je le voyais, comme quelque chose d’éloigné, de lointain – osai-je dire d’inaccessible bien que réel à un moment -, et pas un instant je n’ai imaginé poser les lingettes dans ma boutique et les avoir vendu dans un laps de temps compris entre la première minute et la trentième – ça, que je n’ai pas vraiment regardé et qu’il est fort possible que les trente minutes ne soient même pas passées.
Cela fait un effet incroyable au cœur, comme une envolée qui chatouille à l’intérieur ; une bulle, un peu, une bulle des bulles des étoiles qui révèlent quelque chose à la joie elle-même et les ailes dans le dos, ces ailes dont parle parfois mon tout petit, ces ailes qui grandissent, se réparent, emplissent le monde, laissant là, intacte et pourtant différente, tout qui me fait moi. C’est un effet qui se double et fait s’envoler encore plus haut lorsque la maman m’envoie un mot, très doux si doux, c’est son premier achat de grossesse – pour un peu j’en stresserais -, c’est un effet boule de neige incroyable lorsque des personnes me disent que oh, ils auraient voulu acheter, qu’ils passent commande de lingettes, de couverture, de bavoirs et que je me sens comme Alice dans son pays de merveilles, exaltée à ne plus savoir où poser mon regard.

Je suis une personne à m’extasier sur tout.

Alors je suis partie à coudre. Pour un moment sans doute, pour l’instant en tout cas. Au milieu il y a ce sentiment incroyable de se sentir utile, d’offrir dans le mouvement d’une autre personne des particules de joie, et dans le même temps voir mes mains qui créent c’est un tel bonheur que je ne touche plus terre.

Merci...
 
 

Le plaisir retrouvé de la couture

Je ne travaille plus. Il y a neuf ans, j’ai perdu un travail qui me plaisait mais dont l’ambiance tendue me pesait énormément. L’ambiance s’étant soudainement déplacée sur mes épaules, j’ai accepté le harcèlement dix minutes, le temps de prendre conscience de ce qu’il m’arrivait. Et j’ai démissionné. A la lueur de ce qui m’est revenu récemment, je comprends pourquoi j’ai stoppé net la chose. Trois jours après ma perte d’emploi, je me mariais avec une sensation de liberté intense, j’arrêtais ma pilule et deux mois après j’étais enceinte. J’ai enchainé mes deux congés parentaux, j’ai refusé de faire un troisième enfant – enfin c’est ma patience usée qui a refusé – et je me suis retrouvée au RSA (le désormais « prime d’activité »).
Mon mari travaille, et le salaire n’est pas des plus élevé. Nous vivons bien les rares mois où il fait une nuit au noir, c’est un petit supplément dans le mois qui permet des extras avec les enfants : une respiration dans le cordon serré de notre bourse.

Je ne peux pas vraiment travailler. Les enfants sont à la maison, on y fait l’école. Il y a la maladie qui m’empêche de faire ce que j’ai fait un temps (au prix d’arrêts maladie de trois mois et de béquilles). On peut le tourner comme on le souhaite, c’est compliqué. Et pourtant, cette envie de participer aux revenus de la maison, ce besoin de m’occuper les mains, d’être utile…

Cela doit faire huit ans que j’y pense, mais je manquais cruellement de confiance dans mes capacités, au point que je me suis blessée sur une commande qui m’était faite, certainement parce que j’angoissais de la faire. Après ça, j’ai mis un petit moment à oser retoucher à ma machine, et quatre années à oser repenser la vente. J’y suis de nouveau, avec toute la confiance en moi nécessaire pour de petits travaux. Comme des lingettes pour bébé, des écharpes, je commence à avoir des idées, des envies, je fourmille de joie avec les tissus entre mes doigts : c’est le bon moment. Cela m’est venu après avoir fait des lingettes, à la main (je ne referai pas ainsi), pour trois personnes. Et si je…

Alors je vous présente les deux lingettes faites aujourd’hui : coutures non-apparentes, en éponge et coton, un carré de 11 centimètres.
Bientôt, j’en ferai par lots, avec sa boite de rangement.
Je me lance dans ma vie de couturière

lingettes bebe-orange-tissu-eponge-coton

lingettes bebe-orange-tissu-eponge-coton-monstres

lingettes bebe-tissu-eponge-coton-monstres

Edit : je rajoute une lingette que je viens de terminer. Elle est d’un style très différent, davantage pour un goût parentale sans doute, elle est rouge elle est flash elle est très présente et c’est la préférée de mon mari quand je préfère des couleurs plus calmes, plus zen. Je me suis dit, en achetant ce tissu, qu’il plairait à d’autres que moi. Il m’a fait penser aux dessins que je vois dans le magazine Flow, alors il avait toutes les excuses du monde pour être acheté. Et vraiment, avec un tissu éponge rouge, cette lingette rend vraiment bien

lingette-bebe-rouge

Le patchwork, tout un travail

couverture patchwork berceu

 
Je passe par l’ombre. Troisième nuit où je regarde passer les secondes dans un demi-endormissement de surface après avoir vu la pendule passer les deux heures. Je me suis retournée, et elle était toujours là. Ça ne me repose pas, mes cernes s’agrandissent. J’ai ouvert les yeux sur l’obscurité, les draps m’ennuyaient, je m’étais encore retournée dans le mauvais sens et le tuyau me gênait autour du cou et cette noirceur me disait tu ne dors toujours pas. Ne pas dormir, c’est difficile mais ça m’a permis d’avoir l’idée qui me manquait pour le berceau de ma filleule. Je me suis posée la question, vraiment posée, à quoi ça ressemble une couverture ? Je ne sais pas pourquoi, la bonne réponse était un patchwork. De tout ma vie je n’en ai eu qu’une seule, j’étais petite et je me prenais les doigts dans les trous parce qu’elle avait été tricotée – qu’est-elle devenue ? Ce matin j’ai testé ma main et j’avais très peu mal, c’était donc l’occasion parfaite d’essayer cette toute nouvelle endurance et ce mieux. Ce soir, je suis drôlement moins sûre de moi – mais comme j’en suis responsable, considérez que nulle plainte n’a franchit ses doigts.

J’ai réfléchit dans tous les sens, ça ne m’a pas plu de m’ennuyer sur des virgules, j’ai arrondi pour avoir des carrés de 10×10 et la couverture fait 40×50 avant les coutures – je ne sais pas combien elle fait maintenant qu’elle est terminée et cela n’a pas d’importance : elle est faite. Comme c’était mon tout premier patchwork et que je n’ai pas pensé à regarder sur des sites de couture comment on assemblait les carrés entre eux, j’ai merdouillé, c’est parti bancal, ça m’a agacée et j’ai voulu défaire – mais pour défaire du surjet on peut s’accrocher – finalement j’ai coupé et j’ai compris que je devais les coudre par bandes – initiative soutenue par LeChat pour qui s’était visiblement l’évidence même. Effectivement, là, c’est parti tout seul et c’était joliment bien rendu.

J’ai cousu, je l’ai retournée, j’ai aplati les coins et là je me suis rendue compte que j’avais mis le tissu de dessous à l’envers, et donc que ce qui aurait dû être visible se retrouvait à l’intérieur. Cela m’agresse. J’ai les yeux qui retournent dessus sans arrêt. Ce n’est pas grave, Lutine ne le verra pas mais moi ça m’agresse les yeux. Je me dis que j’ai la grande chance d’envoyer cette couverture à bien des kilomètres de chez moi, que je n’habite pas Paris, que je ne vais pas les voir très souvent et donc que je ne verrai bientôt plus ce fichu tissu à l’envers. Le besoin de la juste place des choses ne passe pas que par les mots…

Malgré cette erreur capitale je suis fière de moi – dommage que ma main ne puisse pas en dire autant. Mais de toute façon cette main il va bien falloir qu’elle retrouve sa fonction de main, noël approche, le bébé de O. arrive bientôt et j’ai promis de lui faire des lingettes avant, j’ai un carnet à customiser et toute une vie à remplir.

Et demain ? Demain mon cadeau de noël arrive ne le dites pas à LeChat, mais le sien est arrivé, je l’ai planqué, et j’ai oublié où.

 
 


 
 

patchwork carrés pour la couverture

patchwork cousu couverture


 

DIY – Atteindre la sérénité

my lovely things au mur

 

J’ai épinglé ce dessin sur mon mur il y a une dizaine de jours, et je le trouvais bien nu sans mettre le doigt sur ce qui manquait. J’avais bien pensé à le mettre sous verre, mais je n’ai rien chez moi et pas d’argent à dépenser plus que ça. C’est une des raisons d’ailleurs qui fait que j’ai un intérieur qui ne me ressemble pas : je n’achète pas de meubles qui me plaisent (le bois c’est très cher), je n’ai pas une seule chaise semblable, notre vaisselle est dépareillée et ébréchée, et l’ambiance est à la pagaille faute de place. Pourtant nous avons bien moins d’affaires qu’il fut un temps, simplement nous avons également peu de meubles, pas de cave, pas de grenier. Sous mon bureau de couture, j’ai entassé un grand nombre de cartons impeccables ou d’enveloppes cartonnées. Ils me permettent les envois de colis et de courriers ; ce sont également les précieux emballages de mes deux machines à coudre, du piano, des ordinateurs. Je ne peux m’en séparer d’autant que nous pensons partir – un jour que notre projet prendra une forme ou une autre – mais parallèlement ils prennent cette place détestable dans mon regard : le salon, les chambres, chaque pièce s’appelle pagaille visuelle. C’est difficile. Sans être maniaque – désormais – j’ai malgré tout besoin de poser mon regard sur un environnement serein, de m’apaiser au contact de ce qui l’est déjà. Je n’ai pas réussi pour l’instant, à avoir cela chez nous.

Pour autant je continue de chercher.

Je le trouve un peu dans Flow mais pas exactement non plus essentiellement parce que je trouve leurs photos sublimes de sérénité mais ce n’est pas ce qu je voudrais créer pour mon intérieur. C’est une ligne directrice particulière qui flirte avec la mode actuelle, j’y ressens fortement l’influence des filtres d’Instagram ou la qualité parfaite de Pinterest – où même la pagaille est juste d’une précision magique – par rapport aux choix des artistes sélectionnés. Je les aime, je suis touchée, c’est beau, c’est sublime, c’est doux, ce n’est pas pour moi. Je prends pourtant un énorme plaisir à le lire, le regarder, le feuilleter : les mots et les photos sont ce dont j’ai besoin de lire et de voir. Cela m’aide rarement dans ma recherche esthétique personnelle, et ce n’est pas un souci, je ne venais pas le chercher. Et puis dernièrement, Blanche m’a envoyé les deux derniers Flow qu’elle avait acheté, pour que je puisse en profiter également, et j’ai trouvé ce dessin, prêt à être découpé, de l’artiste My Lovely Thing. Ce fut d’autant un coup de cœur que quelques mois auparavant, Blanche m’avait envoyé deux dessins qu’elle avait fait en s’inspirant de la dame.

dessin Blanche etoile

Dessin Blanche cheveux rouges

Blanche est de ces personnes qui crée leur vie parce que ça les amuse. Je dis « ces personnes », mais je peux bien vous confier n’avoir rencontré personne d’autre comme elle, qui tente parce que c’est tellement amusant d’essayer. Elle a une confiance absolue en ce qu’elle est – le fait qu’elle ai ses propres doutes à vivre n’enlève rien à ce que je viens de dire. Elle voit, ça lui plait, elle fait. Elle ne tente pas, j’insiste, elle fait. Ce n’est pas le résultat qui lui importe – enfin un peu tout de même mais c’est un détail sur le côté – c’est de s’amuser. Alors elle a fait plein de dessins et elle les a distribué, parce que s’amuser c’est bien mais le partager est encore mieux. Ces dessins, les siens, je vais les intégrer au mur que je décore sous cette impulsionici il était question de recycler un rouleau de papier toilette mais j’ai préféré le faire au canson – je vais agrandir l’arbre que je suis en train de créer et les ajouter. Je me suis arrêtée pour récupérer mes doigts, mais je continuerai un peu aujourd’hui et beaucoup demain. Je décore ce pan de mur d’une amitié profonde et inaltérable, je ne sais plus voir un dessin de cette artiste sans y découvrir Blanche et c’est ainsi que je me sais touchée par le bonheur d’avoir des ami(e)s.

my lovely things cadre noir

my lovely things au mur branches

LeChat aime énormément. Il m’a dit Tu trouves toujours ce qui est beau et tu sais le reproduire. Et ça m’a touchée, moi qui pensais en créant tout à l’heure, qu’avec un intérieur pareil et une déco aussi absente, il était heureux que je n’ai jamais songé à être décoratrice d’intérieure. Il a raison pourtant, je sais créer ces instants là.

Je tiens à signaler que juste en dessous du piano se tient un conciliabule intense entre des sacs plastiques remplis de vêtements à donner et un autre de livres à vendre et que le tout est certainement agrémenté de quelques toiles de huit pattes dans un recoin. Ça n’aurait pas été une belle photo alors j’ai évincé le tout, mais je tenais à le signaler, ceci afin que ce fameux « la perfection chez les autres, leur vie parfaitement parfaite » ne s’applique surtout pas ici. Cela serait déprimant.

Et puisqu’il est question de ne pas déprimer, j’arrête le nanowrimo. Quelques heures de DIY et me voici incroyablement moi, sans démangeaisons de la journée. Mais j’y reviendrai, bientôt.

De la douceur chez vous, surtout

my lovely things piano sérénité

 
 
 

La maisonstre d’Halloween

halloween sorciere lumieres

J’avais trouvé sur Pinterest, une belle photo de monstres attendant aux fenêtres que les gamins passent réclamer des bonbons. Ça a réveillé l’enfant que je suis – jamais très loin – et j’ai demandé à LeChat de nous en fabriquer. Il les a découpé dans un carton léger et ce matin ils les ont peint en noir. De mon côté, j’avais dessiné les chauves-souris dans un papier canson noir et il nous les a découpées. On a passé la journée à coller sur les vitres, sécher les larmes, coller sur les vitres et dans les cris, sécher d’autres larmes, écouter les longs soupirs bruyants parce que la soirée n’arrivait pas assez vite – il était 9h du matin – attendre que l’enfant ai finit de pleurer/tempêter pour qu’il vienne coller son monstre, et répondre à des questions philosophiques – pourquoi c’est pas l’heure ? Et pourtant ils sont sortis au parc, où ils ont tenus à faire peur aux passants, en y allant déguiser. Ils ont couru, marché, joué, cachés, se sont dépensés. Cela n’a servi à rien. Rien. J’ai ouvert la boite d’Halloween et les soucis sont arrivés.

halloween citrouille lampe

Je suis exténuée. La prévision de la fête – et non la fête elle-même – les a mis sur les nerfs et nous avons tous craqué les uns après les autres – j’ai tenu bon jusqu’à 16h16, après j’ai eu faim et j’étais exécrable. Halloween, en vrai, c’est une fête pour que les parents deviennent des monstres ? J’ai bon ?

*soupir*

Les photos faites en début de journées me plaisent beaucoup, les photos faites le soir dans le noir avec mon poignet et ma fatigue de maman-monstre sont ratées. Je les poste quand même, pour le souvenir – et je commence par les moches.

monstres halloween fenetres

monstres halloween fenetres 1

chauve-souris fenetres halloween

halloween monstre langue

monstre halloween fenetre

monstre lochness halloween fenetre
Mon préféré

lampe halloween citrouille luminaire

Prince nous a pété un scandale parce que Halloween, ce n’était qu’une journée et qu’il pensait qu’il allait faire la fête toute la semaine.
Comment lui dire que là, une semaine, je quittais la maison ?