Un jour..

Un jour..

Avec une aiguille et un fil entre les mains.
Les ciseaux à côtés.
Une machine offerte qui me disait, voici la lune.
..
J’ai peu à peu perdu confiance en moi. Je ne saurais pas expliqué ni pourquoi, ni comment, mais peu à peu, je me suis effritée. Quand une personne, sans doute un poil jalouse, m’a sorti que ça se voyait (sur mon sac) que j’étais débutante, je me suis repliée sur moi-même encore davantage. Et quand la machine à coudre qu’on m’avait si gentiment offert a décidé de rendre l’âme, quelque part vers les coins les plus poussiéreux de mon esprit retors, ça m’a profondément arrangé.

Ce qui fait que quand ma belle-sœur m’a offert une vieille machine à coudre, la question qui m’est rapidement venue fut : « mais que vais-je faire d’une machine qui fonctionne ?« . Je ne le lui ai pas dit, j’ai pensé qu’un brin de diplomatie pouvait être une bonne idée. D’autant que quand j’ai vu son cadeau, j’ai pleuré comme une madeleine. Bah oui, on a beau avoir peur d’un moteur à pédale, le choc fut grand. Miraculeusement, elle avait besoin d’être révisée, rien n’était donc perdu, je pouvais me la couler douce. J’ai même pas honte. Ou pas beaucoup. A peu près quoi.

Toujours est-il qu’il y a 4 mois en arrière, ma belle-maman m’a demandé un sac à main. Elle en a choisi les couleurs de base, et moi plus tard j’ai choisi le ruban. Et puis j’ai tout laissé en plan, par peur de le finir, de risquer de la froisser en ne voulant pas qu’elle paye, et que sais-je encore d’inconscient que mes rêves ne m’ont dit, faute d’un décodeur-psy que je ne vois plus.

Et puis mon mari a insisté pour faire réparer ma nouvelle machine, dont le fil cassait plus vite que je ne pouvais coudre. Ce que je ne voulais pas : par manque d’argent (80 euros !!), par peur de le faire pour rien (et si mon fil était juste de mauvaise qualité ??), par peur d’une machine qui fonctionne..
Au finale je n’ai pas regretté, la machine est un bijou.

Dans la même semaine est arrivé l’anniversaire de ma belle-maman, et je me suis prouvée que j’étais capable de créer quelque chose en deux jours (intensifs par contre, le tout avec un gnome dans les pattes).

Dans l’urgence de la chose, j’ai fait de grosses bêtises, mais dans l’ensemble, je suis tout de même très fière de moi. Voici donc mon 2em sac 🙂

Pour autant, je me suis pas sentie en confiance avec ma machine. J’étais toujours aussi inquiète à l’idée de coudre, quand Dieudeschats m’a recontactée pour une cape dont on avait parlé cet été, à peu près au moment où ma machine a commencé à être asthmatique.

Et je me suis lancée. En une semaine (sachant que je bosse à côté et que mon fils me colle plus près que de la glu), j’ai réussi à la terminer. Demain, je fais les photos et je vous montre 🙂

Étrangement.. un énorme poids s’est envolé de mes épaules. Impossible à expliquer, à vraiment comprendre, mais j’ai débloqué quelque chose. Je me sens la liberté de créer, la liberté de me tromper, de recommencer, de vendre.. Je vais pouvoir relancer les démarches pour être auto-entrepreneur, je me sens de nouveau en confiance avec moi-même.

C’est beau. La confiance..