Digitale (Digitalis purpurea) #Fleur

Je l’ai croisée bien souvent durant nos vacances, elle était dans toute la montagne, de tous les bords de chemin, toujours solitaire – une bonne centaine de mètre avant d’en retrouver de nouveau les clochettes. C’était semble-t-il étonnant, puisqu’elle est rarement ainsi isolée. Elle dépassait loin au-dessus de la tête des fleurs environnantes, s’offrait aux caresses du vent et à nos yeux de promeneurs : la digitale était superbe. Je l’ai définitivement associée à cette excursion-ci.
Je la savais toxique, mais je n’ai mesuré à quel point qu’après quelques lectures poussées – un peu derrière sur la gauche des autres lectures habituelles sur les plantes. Il semblerait qu’il ne faut même pas songer – les enfants ont ces idées-là – à boire l’eau de rosée se déposant sur elle. Grande méfiance pour cette beauté, donc.

Nom scientifique complet : Digitalis purpurea var. purpurea L., 1753
Autres appellations : Grande Digitale, Doigtier, Gant-de-bergère, Gant-de-Notre-Dame, Gantelée, Gantière, dé de Notre-Dame, gandio, peterolle, gobe-mouche, doigts de fée
Famille : Scrophulariacées
Habitat : champs en friche, chemin forestier, lisière de forêt, clairière
Répartition : Dans une grande partie de la France, absente dans la région méditerranéenne et Corse – Europe occidentale et centrale, depuis le Portugal et la Sardaigne jusqu’au sud de la Suède.
Origine : Europe
Altitude : 0 – 1700 mètres
Floraison : mai à septembre, elle est bisannuelle
Hauteur: 30 cm à 2 mètres
Toxicité : toute la plante. Provoque nausées, diarrhées, dilatation des pupilles, hallucinations épouvantables, troubles mortels du rythme cardiaque. Son feuillage est irritant pour la peau.

Elle a tant été cultivée dans les jardins, bien des sélections plus tard la plante a été « améliorée » pour donner des fleurs plus grandes, une hampe florale plus haute et plus florifère.

Cette fleur est essentiellement utilisées en médecine comme cardiotonique (digitoxine extraite des feuilles pour en produire la digitaline, il me semble avoir compris cela ainsi).

Elle est également fortement réputée dans l’Histoire pour de célèbres et mortels empoisonnements. Cette page-ci sur Marie-Madeleine Anne Dreux d’Aubray dite marquise de Brinvilliers, est la première à lire pour comprendre le déroulement linéaire et en profondeur du scandale –je vous assure c’est passionnant. Sept années passent lors de ce second scandale, impliquant de hautes personnalités – par simple volonté de nuire ?, il s’agit de Mme La Voisin, désormais considérée comme une tueuse en série. Un témoignage de Madame de Sévigné, dans une lettre à sa fille, ponctue le dernier article, ayant assistée à son exécution.
L’affaire des poisons (entre 1679 et 1682) est entièrement résumée sur cette page.
Si nulle part il n’est précisé la nature des poisons, il semble y avoir un consensus sur la digitale – et vraiment, j’aurais aimé en savoir davantage là dessus. Cet article précise la nature folle des empoisonnements : vêtements venimeux, bague de la mort, chandelle toxique (mais ne citant aucune source, je suis un peu frustrée).

La digitale a une longue histoire passionnante, tel Van Gogh soupçonné d’en avoir un petit peu abusé –possiblement.

Vidéos
pour éviter les confusions avec la bourrache ou la consoude (avant floraison)

Et pour les téméraires :
. Récolte des graines
. Semer les graines

Sources :
. Jardinage
. Wiki
. Botaplus : légendes de la plante mêlée à l’Histoire

Fraisier des bois

Puisque c’est la saison, je me suis dit.. 😉
Je m’attarde donc également un peu sur son fruit.

Nous avons trouvé cette fleur – que je connaissais très bien, ses feuilles dentelées sont caractéristiques – dans un bois. Évidemment avec son nom me direz-vous, mais où donc pensais-je la trouver ? Et bien dans une clairière, bien davantage. C’est que cette plante a besoin de lumière et que dans un sous-bois, ce n’est pas du tout ce qui prime : les arbres leur volent la vedette. Et pourtant il y avait des fleurs et des fleurs et des fleurs, et puis des fruits et des fruits et des fruits.. Ce fut une surprise folle, ces fraises, un bonheur pour notre sortie !

Nom scientifique complet : Fragaria vesca L., 1753
Autres appellations : Fraisier sauvage, fraisier commun
Famille : Rosacées
Habitat et répartition : Bois, haies, buissons – Dans presque toute la France et en Corse. – Europe ; Asie ; Afrique septentrionale ; Amérique du Nord et du Sud.
Altitude : 0 – 2000 mètres
Floraison : avril à juin (les fleurs sont hermaphrodites autofertiles1)
Cueillettes des fruits : juin, juillet (attention à bien les laver avant de les consommer !)
Utilisation médicinale: Les feuilles, riches en tannins, silice et sels minéraux, sont très riches en vitamine C. En infusion, elles sont astringentes, diurétiques et antirhumatismales. Le rhizome séché utilisé en décoction (on met la racine dans l’eau froide que l’on fera bouillir pendant environ dix minutes) a les mêmes qualités.1

Il existe plus de 600 variétés de fraises cultivées, et l’espèce Fragaria vesca est particulièrement savoureuse et légèrement acidulée.
La fraise des bois est riche en vitamine C, en molécules antioxydantes et en sels minéraux. Elle contient aussi pas mal de fibres, ses petits grains étant composés de pectine.2


8 juin 2018, forêt de Saint Babel (63)

Sources :
. 1 Wiki
. 2 Académie du goût
. Plus bon que nature
.

Coquelicot #fleur

Entre deux orages, LeChat nous a emmené vers de superbes champs fleuris, repérés durant son travail. C’est ainsi que nous avons photographié des fleurs de lin, des bleuets et puis des coquelicots. Le champs abandonné s’y prêtant, nous avons pu ramasser ses derniers, pour faire un délicieux sirop – la recette est par ici. Je trouve l’occasion trop belle pour ignorer cette fleur sous prétexte que son nom est fort connu, je vais donc vous parler d’elle, de ses pétales un peu froissés, si fragiles et extraordinairement colorés.

Le plus commun des coquelicot est entièrement rouge, et se nomme papaver rhoeas.

[Index des autres fleurs]

Nom scientifique complet : Papaver rhoeas L., 1753
Autres noms : pavot-coq, pavot des champs, pavot sauvage, poinceau, ponceau
Étymologie : d’abord écrit coquelicoq (1545), son nom est une variante de l’ancien français coquerico, désignant le coq par onomatopée. Il s’agit d’une métaphore entre la couleur de la fleur et celle de la crête du coq.
Famille : Papavéracées
Habitat et répartition : Champs et moissons – Toute la France. – Europe centrale et méridionale ; Asie occidentale et centrale ; Afrique septentrionale.
Altitude : 0 – 1700 mètres
Floraison : mai à juillet – attirent les insectes pollinisateurs grâce à leur couleur rouge, insectes qui disséminent le pollen sur les autres coquelicots
Comestible : uniquement les pétales de fleurs. Le sirop se marie admirablement dans un kir (vin blanc)
Toxicité : la sève donc les feuilles, la tige, etc sont toxiques
Usage médicinal : comme tous les pavots, le coquelicot a des effets narcotiques dus aux alcaloïdes qu’il contient.
. Le sirop est anti-tussif et calme les irritations de la gorge (4 cuillères par jour), et favorise le sommeil (1 cuillère avant de se coucher). Les enfants y sont particulièrement sensibles.
. Les pétales séchées servent pour les tisanes.
En anglais : poppy, corn poppy ou field poppy
Symbolique : dans le langage des fleurs, il signifie la consolation. Les noces de coquelicot symbolisent 8 ans de mariage.

Il existe une multitude de coquelicots, notamment le Papaver commutatum ‘Ladybird’ (magnifiques fleurs rouges marquées de noir), le pavot à opium à fleurs doubles ou frisées, ..


dans un champs de lin

Sources :
. Quelle est cette fleur
. Wiki

Stellaire holostée #fleur

Cette fleur, je la trouve joyeuse, vive, libérée, elle égaye les bois de sa présence. Il pourrait y avoir des fées minuscules sur ses pétales qu’elle n’aurait pas davantage de légèreté. Allez savoir pourquoi je ressens cela en la voyant..

Malheureusement pour la débutante que je suis – et sans la moindre formation à l’horizon– en botanique il existe bien des fleurs semblables les unes aux autres, ce ne sont pas les similitudes qui peuvent manquer dans une même famille. Je ne pense pas me tromper dans mon identification, mais la dame ici me fait me poser mille questions maintenant que j’ai lu cette page. Toute personne connaisseuse passant par là voudra bien gentiment me confirmer ou non l’identification de mes photos ?

 

fleur pistils

 

Nom scientifique complet : Stellaria holostea L., 1753
Autres appellations : Langue d’oiseau, Herbe à la Sainte-Vierge, épingles de la Vierge
Famille : Caryophyllacées
Habitat et répartition : Haies et bois – Dans presque toute la France ; rare dans la région méditerranéenne. – Presque toute l’Europe ; Asie occidentale ; Afrique septentrionale.
Altitude : 0 – 1700 mètres
Utilisation alimentaire : les jeunes pousses, feuilles et fleurs sont comestibles en salade (goût du petit pois), mais les organes végétatifs sont en général trop coriaces et filandreux avec l’âge, et il ne faut pas en abuser à cause de sa qualité légèrement laxative voire toxique.1
Utilisation médicinale : Dans les pharmacopées traditionnelles en Europe, sa richesse en saponines et flavonoïdes fait qu’elle elle était employée comme la Stellaire intermédiaire (diurétique, troubles gastro-intestinaux), mais surtout, une fois écrasée, en applications externes, en particulier sur les furoncles et les anthrax.1
Écologie : Les chenilles de papillons de nuit se nourrissent de son feuillage et de ses fleurs.
Anecdote : Le nom « holostée » veut dire « entièrement [constitué] d’os », en raison de la forme particulière des tiges, anguleuses, et renflées aux extrémités, ce qui les fait ressembler quelque peu à des os. Comme la tige est particulièrement cassante, la stellaire était autrefois tout naturellement préconisée dans le traitement des fractures, selon la théorie des signatures1.
 


Auvergne, 5 mai 2018


Auvergne, 2017

Sources :
1 Wikipédia
Fleurs des champs
Quelle est cette fleur
Jardin ! L’encyclopédie