Eito (lampe d’ombre), de Daniel de Bruycker

Eito (lampe d’ombre), de Daniel de Bruycker

Le livre m’a prise par surprise, posé face à moi sur l’étagère de la médiathèque. On ne saurait dire pourquoi parfois mais un livre nous parle, appelle, demande à être lu, et c’est ce qui m’est arrivé avec celui-là.

Je l’ai lu en deux fois, gnome oblige, mais les deux fois où je suis ressortie de ce livre, j’étais dans le même état que l’auteur. Un peu sonnée, un peu ailleurs, un monde à part où rien n’est important sinon la journée qui passe, toujours la même..

Nous sommes à Hiroshima, le 6 août 1945. De l’explosion atomique, il n’a pas de souvenir, de sa personne non plus. Son innocence face à ce monde dévasté, éclatant de blancheur, brûlé, mort, est perturbant ; on met un moment à comprendre son état de choc, état dont il ne sort pas, ne sortira pas. De son corps malade il ne dit presque rien, l’importance de son regard se place dans le monde qui l’entoure.

De ce choc empli de douleur, nait une poésie terrible, incongrue. Déplacée.

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676

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Quand un livre est mal écrit, on peut gentiment en vouloir au traducteur. Si le livre est passionnant malgré tout, on passe à l’envie de meurtre sur le-dit traducteur, mais on tente de passer
par-dessus. Et parfois, parfois, on s’habitue au style de l’écriture. Même si.

C’est quand on vérifie et qu’on se rend compte que l’auteur est français, que les choses se gâtent un peu.

C’est ce que j’ai vécu avec ce livre. Tellement mal écrit que j’ai pensé, pardon vraiment, que la traduction était mauvaise. Oui, mauvaise. Parce que les distances sont données en « yards », et que
franchement, ils auraient pu le traduire en mètre, ça ne mange pas de pain.
Je me suis pris une petite claque : aucune excuse au style si mauvais et à ces fameux yards, l’auteur.. est français.

 

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Sujet revu et corrigé par un tas de monde, nous voici plongé dans des nombres, maudits ça va de soit, jusqu’à overdose (de nombre ET de malédiction). Ça m’a rappelé mon allergie avérée aux maths,
j’en ai beaucoup voulu à l’auteur de me faire une chose pareille alors que je ne vais plus à l’école.

Et là attention au spoil.
Mais bordel ! On nous fait le coup du diable (lui-même), qui s’incarne dans le corps de ce héros (même pas sympathique), on se dit que bon ben, tant pis pour l’humanité mais au moins le héros va
pas s’en sortir (je suis réaliste, ce héros j’en voudrais surtout pas pour ami donc vraiment il n’a pas à survivre à ça). Et pour faire bonne mesure, une cathédrale lui tombe dessus alors qu’il
est dans les sous-sols et qu’il n’y a aucun survivant, c’est quand même merveilleux ce qu’on peut faire subir à ces personnages dans un livre.

*toussote*
Tout de même, si la lecture en diagonale de ce livre indigeste ne vous a pas suffit, vous finissez les 3 dernières pages parce que ça le fait pas de laisser en plan l’humanité comme ça avec le
diable qui court sur la planète (d’ailleurs pour ma part, je pensais que c’était déjà fait, l’auteur nous apprend donc que non, là maintenant ça va nous tomber dessus sans plaisanterie). C’est
comme ça qu’on apprend que le diable n’est pas si méchant. Il a tué des milliers de personnes avec sa cathédrale par terre, mais il a laissé la vie sauve à celui qui l’a hébergé dans son corps le
temps d’être libéré des enfers.
Vivant, mais un peu demeuré quand même, pour faire bonne mesure..

Vous l’aurez compris, le livre m’a mise en colère, essentiellement parce que j’avais envie de lire un bon livre. Il est mal écrit, il n’y a aucun sentiment, le héros est minable, aucun personnage
sympathique pour rattraper l’ensemble, le monde entier lui en veut et conspire contre lui, on est noyé sous les chiffres, les malédictions sont risibles, et puis le côté anges/démons on a déjà
donné merci.
Et puis bon.. savoir lors des dernières lignes du livre que 676 sont les nombres qu’il cherche tout du long, alors que c’est carrément le titre, ça me donne l’impression d’être prise pour une
imbécile. D’autant qu’aucune explication n’est donnée..