Aujourd’hui sucré – Biscuits au citron

 

J’ai bien regardé ma cuisine, les yeux dans les yeux de ma faim.
Il y avait hier et même tout à l’heure encore, les douceurs cuitent dans la cuisine de l’amie, ses citrons et son sucre roux. A quinze heures, mangés. Si l’énergie j’avais eu, cette recette j’aurais (re)fait :

400 gr farine, 150 gr sucre, 1 œuf, 2 jus de citrons, 12 cl huile, pincée de bicarbonate et sel.
Mêler les farines et à part les liquides avec l’œuf, mélanger l’ensemble.
Petites boules aplaties sur une plaque, 180° pendant 16 minutes à la chaleur de mon four – plus c’est épais, plus longtemps ça cuit.

Mais d’énergie, point.
 

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui sucré
 
 

biscuits citron Aujourd'hui sucré
Pas jolie, la photo – aucune autre possible

 

Une histoire de curry de pois chiches

LeChat m’a proposé d’acheter une pince à pression pour que je n’ai pas à les coudre et pour protéger mes mains, il me propose de s’en servir lui-même, il fera lui ce que moi je ne peux pas faire et je l’aime chaque jour pour ce genre d’attention qu’il a, ces idées régulières qui soulagent mes journées. Je me ré-équipe donc, nous faisons un essai. J’ai reçu la pince ce matin, petite chose perdue dans un immense carton : je suis désespérée à chaque fois par ce genre d’ineptie. Les pressions elles, arriveront dans treize jours, que de temps perdu pour les bavoirs-bandana… Pour l’instant je ne peux donc pas jouer avec la pince, voir si je peux le faire moi-même – bien que j’en doute, j’ai besoin de m’y confronter pour accepter.

Je me fâche. Je n’aime pas ça, je ne sais juste plus comment gérer mes enfants et croyez-le ou non, depuis, Prince ne fait plus de crise. Je suis désespérée de devoir autant cadrer la maisonnée, et je suis épuisée par tant de tensions dans mon corps. Les répercussions dans les cervicales me font craquer, j’essaye de me détendre pour ne plus souffrir autant de cette situation. Est-ce qu’un jour la douleur s’arrête…

Une odeur a empli la maison, celle du curry de pois chiches. Elle s’est fait un chemin épicé dans chaque pièce, je savoure à l’avance ce plat qui m’est inconnu et que j’ai fait surtout au feeling – et la main lourde côté épices, ma main ayant lâcher le pot. A la demande de Laurence, la recette :

Ingrédients :
1 oignon
huile d’olive
1 grosse gousse d’ail
2cm de gingembre
2 CaS de : Curry, Garam Massala, coriandre, curcuma (j’en ai même mis davantage)
poivre
Beaucoup d’eau
Un peu de sauce tomate
400g de pois chiches cuits (en bocal, pour moi)
Sel
coriandre fraiche pour servir

Couper les oignons en morceaux petits, les jeter dans beaucoup d’huile, rajouter toutes les épices et faire revenirà feu très très doux 5 minutes. Ajouter ail et gingembre, remuer, laisser mijoter 10 minutes à feu très très doux toujours. Ajouter les pois chiches, la sauce tomate, et recouvrir d’eau chaude. Laisser mijoter 45 minutes (à adapter à votre cuisinière), remuer souvent, à feu doux.
A présenter avec du riz 🙂

curry de pois chiches

Recette d’une crêpe de pommes

enfant pommes Gourmandise au goûter :
(pour oublier que j’ai le nanowrimo à faire et que je n’ai pas envie, je cuisine)

Une crêpe de pommes, c’est des pommes dans une poêle et une pâte à crêpe par-dessus qui cuit pendant 20 minutes. Une recette très simple, que je loupe souvent parce qu’à chaque fois je me dis que je dois le couvrir, je mets le couvercle, ça gonfle sans cuire et ça devient détrempé, du coup je le mets un tout petit peu plus fort et je le brûle. Un classique chez moi. Sachez-le, c’est non. On met du papier d’alu pendant la cuisson en guise de couvercle, et c’est tout.

Il faut trois pommes coupées en lamelles – qu’on partagera généreusement avec un enfant – et 2 cuillères à soupe de sucre dans la poêle – feu doux – un peu de vanille liquide quand elles ont commencé à dorer. Dans un saladier, on mélange 3 œufs, 2 cuillères à soupe de sucre, 3 de farine puis un verre rempli au 2/3. La pâte doit être lisse, on la verse sur les pommes et on attend 20 minutes, toujours à feu très doux, que ça cuise surtout SANS remuer – c’est pas une omelette – avec le papier d’aluminium dessus – pas un couvercle, jamais un couvercle, vous suivez la recette et vous n’inventez pas une recette avec un couvercle dedans.

Je récapitule :
. 3 pommes
. 3 oeufs
. 3 grosses cas farine
. 3/4 grosses cas sucre
. 2/3 verre de lait
. une cac de vanille liquide
. un enfant (ou plusieurs, mais dans ce cas rajoutez une pomme), à défaut d’enfant soyez gourmand pendant le découpage

C’est un goûter qui fait l’unanimité dans notre famille. Et puis surtout, surtout, c’est un goûter qui a l’odeur du bonheur, qui envahit la maison, et donne le sourire longtemps. Il y a des odeurs qui font ça.

pommes main enfant

pommes en lamelles

pomme coupée en deux

crêpe de pommes

Cuisine – la recette de pain maison, sans pétrir !

boules de pain
 
LeChat fait son pain. A l’ancienne avec un levain maison, un peu comme ma grand-mère sauf que son pain était noir, bizarre et très bon. Celui de LeChat est un gros pain de campagne à la croute un peu trop épaisse pour mes dents, frustrant du coup pour moi – à défaut, la mie est bonne ! Il surveille son levain et c’est beau de le voir monter.
Je me suis mise à faire mon pain, moi aussi, quand on attend celui de LeChat . Sans levain, ou plus exactement avec une levure boulangère – rien n’est parfait dans ce monde. Ce sont de petites boules de pain délicieuses, un peu au gout de la baguette mais en bien meilleur.
J’ai découvert cette recette et c’est merveilleux : je n’ai pas besoin de pétrir – mes mains l’en remercient.

La recette de pain maison

Ingrédients :
– 500 gr de farine T55
– 1 c à c de levure de boulanger
– 1 c à s d’huile d’olive
– 320 ml d’eau (ou 3,2 dl)
– 80 ml de lait (ou 0,8 dl)
– 1 c à s de sucre
– 1 c à c de sel

Mélanger lait + eau tiède + sucre.
Mélanger farine + sel + levure, faire un puits, verser le lait + l’huile d’olive.
Mélanger le tout, saupoudrer de farine sur le dessus, repos 2h (3h c’est encore mieux).
Th.7, 210°C. Couper la pâte en dix ou douze boules, au four avec un ramequin d’eau pendant 20 minutes.

Et hop 🙂

recette de pain maison
 
 
J’ai cette fatigue ce soir qui me fait mettre le casque sur les oreilles, j’ai cette fatigue qui m’isole et me ferait pleurer si je ne pouvais pas prendre soin de me mettre à l’écart. Ce ne sont pas les enfants, c’est plus sûrement une crise qui s’installe. J’ai beau lutter depuis quelques jours, je sens bien que mon corps lâche et que j’ai de plus en plus besoin de l’oxygène, que mes mains refusent de plus en plus ce que je leur demande. Et j’en fais de plus en plus parce que je suis cette personne qui tremble à l’idée de retourner m’allonger sur des journées. Alors donc je sors les enfants au parc, je vais à la poste, je passe commande à la librairie où je n’ai pas revu ma copine de lycée puisqu’elle était en vacances, je dessine, je cuisine, je fais ma lessive et même j’ai repris le tri dans la maison.

Je suppose qu’il va falloir être raisonnable et prendre un livre.
Il y a pourtant pire comme punition.
 
 
 

La confiture de ma grand-mère

confiture groseilles
 

Ma grand-mère ne m’achetait jamais de bonbons, de jouets ou de je-ne-sais-pas-ce-qu-achetent-les-grands-mères. Pas même à Pâques, des chocolats des œufs des poules ou des lapins. Noël a toujours été succin, et mon anniversaire.. ben c’était un anniversaire, et j’étais déjà bien contente qu’il y ai un gâteau même si je le partageais avec ma mère – caprice du calendrier.
Je n’ai jamais été gâtée, pourrie, mais j’ai été aimée plus qu’aucun autre enfant dans cette famille à l’envers. Un amour profond qui m’a construite à l’endroit, étrangement. Un amour à l’odeur de confiture.

Dans le jardin nous avions des cassissiers, des fraisiers, deux cerisiers, et puis des groseilliers, des fruits partout, vraiment, il n’y avait que ça. Nous passions notre été à ramasser les fruits, puis sous le parasol nous équeutions huit-pattions effeuillions pour ne conserver que les baies rouges. Nous remontions les escaliers et dans la cuisine ma grand-mère s’affairait. De la gelée avec les groseilles rouges, de la confiture avec les groseilles blanches – mais pourquoi être si sectaire je ne le sais toujours pas – des bocaux de cerises cuites, des confitures de cassis, et puis des confitures de rhubarbe, et des confitures de tomates vertes, et des conf.. Des confitures, avec tout. La bassine, l’eau, l’immense cocotte à confiture, les fruits, le sucre, la chaleur.. et puis la mousse de groseille. Je mangeais cette mousse qui apparait à la surface, que ma grand-mère récupérait à l’écumoire. La meilleure chose au monde dans une assiette. Je me délectais, parfois en m’ébouillantant un peu dans mon impatience. C’est que si on attendait trop, ça durcissait et c’était moins amusant à manger : ce n’est pas facile d’être une enfant gourmande. On sous-estime grandement la place de la gourmandise dans l’enfance, ça mériterait une thèse.

Et donc.

Ma voisine m’a fait un cadeau inestimable en m’offrant des groseilles, il y a quelques jours. On en a mangé, mangé, mais il y en avait encore et encore et nous avons eu peur de les perdre. Alors j’ai proposé d’en faire une confiture, toute petite mais tout de même une confiture. Trois quart de sucre pour la quantité de jus, un peu de citron, et j’ai regardé dans ma casserole l’enfance reprendre ses droits. Sans réfléchir, j’ai refait ce geste.
L’écumoire. La mousse. L’assiette. La gourmandise. Et la vision de ma grand-mère aux fourneaux.
C’est là que j’ai pleuré.