A mesure que nos pas se lisent

 


 
 

lentilles-ombres-lumiere-lisent


 

Sur le chemin, ils plongeaient dans un livre et je guidais souvent un pas, je le ralentissais ou l’arrêtais, je leur disais les fleurs sont douces mais juste en dessous les emprisonnent le béton ils évitaient la bosse j’évitais de sécher des larmes et je surveillais un autre pan de trottoir. J’entendais les voitures ralentir avant de les voir stopper devant nous, je pressais sur leur sourire mes deux oisillons et nous traversions la route, leurs nez à l’intérieur loin loin dans une histoire, dans un rêve, dans un rire. Le plus petit a finalement abandonné ses pages cartonnées pour les fleurs, parce qu’il fallait bien les sentir les toucher les vivre ces couleurs vives, il fallait bien que les mots qui se lisent sortent de leur poussière et effleurent les pétales, et puis c’était si bon de jouer à se faire peur attends-moi mamaaan et de courir sur le trottoir pour rejoindre celui qui lisait toujours et avançait sans se soucier de rien. Et moi la seule chose finalement qui me traversait l’esprit, c’était de savoir à quel instant de ma vie, j’avais arrêté de lire en marchant dans la rue, perdant ce fil entre hier et demain.
 
 

Hibou. 4 ans.
— Je veux apprendre à lire mais je sais pas comment faire.
— C’est vrai, tu as su décoder et maintenant tu voudrais aller plus loin ?
— Oui. Je veux conduire une maison.

 
 

Notre premier contrôle pégagogique d’IEF

Hibou visage cache branche sapin

 

Nous nous étions un peu préparé au pire. Depuis que nous connaissions la date de notre contrôle pédagogique, je n’allais plus du tout sur les groupes FB (raison d’être de la survivance de mon compte) et ce de manière inconsciente. Je crois que c’était une sage décision, je ne me suis pas fait peur sur des inspections difficiles. Ils avaient du retard mais nous avaient prévenu, et ils sont arrivés avec un grand sourire et beaucoup de zénitude. A peine présentés, ils nous mettaient à l’aise : ils venaient non pour vérifier un niveau scolaire, mais pour établir notre choix pédagogique et la base sur laquelle établir les prochains contrôles.

Nous aurions pu suivre les conseils trouvés sur internet, depuis les parents étant déjà passés par là jusqu’aux associations qui viennent en aide. Nous avons choisi de ne rien faire de tout ce qui était préconisé : imprimer les textes de lois, refuser les tests, monter de gros dossiers sur le travail effectué, envoyer une lettre réponse pour expliquer la pédagogie choisie avant la rencontre (certains envoient jusqu’à une soixantaine de pages).
Nous n’avons rien préparé, en conscience.

Je ne me suis inquiétée que lundi matin : à quelques heures du rendez-vous, étions-nous prêt ? Est-ce que le peu que nous avions à montrer suffirait (beaucoup de notre travail n’est jamais passé par l’écrit) ?

Nous savions que nous pouvions refuser les tests, mais à bien y réfléchir nous ne voyions pas l’intérêt de prendre de front des personnes à qui la loi refuse les tests mais ne donne pas d’outil ou de formation pour ouvrir la pensée et faire autrement. Il y a là tout un système à repenser.
Nous avons tenté de prendre l’ensemble avec tranquillité. Nous avions discuté avec mon mari et étions d’accord pour les accepter si Prince l’était également, ce qui était le cas. Le contact entre lui et la conseillère pédagogique (CP) s’est tellement bien passé qu’il discutait avec elle avant même le test. Il lui a montré énormément de choses fabriquées par lui ou avec nous, des livres de la médiathèque, il lui a fait découvrir ce sur quoi il travaillait, sa passion des animaux, etc. La CP et mon fils ont largement dépassé le cadre du test : ils se sont régalés tous les deux. Elle écoutait, regardait très respectueusement ce qu’il lui disait ou lui montrait. Notre fils a pris ça comme un jeu, et puis il adore parler avec les adultes, c’était un bonheur pour lui du coup de communiquer sur ce qu’il fait. Il s’est trouvé qu’il connaissait l’histoire sur laquelle portait le test, il était donc particulièrement à l’aise.
Ils étaient dans le salon et nous dans la cuisine, et nous les entendions parfois, éclater de rire.

De notre côté, l’inspecteur a été également très respectueux, agréable, ouvert. Nous avons parlé de la phobie scolaire et de ce qu’il s’était passé, du parcours, de la difficulté à reprendre, des solutions mises en place puis changées, et enfin adaptées. Nous avons parlé Montessori et il a lui-même suivi une formation, il nous a parlé de cours par correspondance et nous avons expliqué que nous étions contre les notes : il l’était également – c’était une drôle de surprise. C’était un échange très intéressant, ouvert, agréable.

La seule fausse note fut le débriefing de la CP, qui a débuté par « Prince a une lacune avec les chiffres, il n’arrive pas à compter plus loin que 100 », ce qui a fait blêmir Prince – qui reprend pied depuis peu avec les chiffres, ce n’est pas le moment de le démonter. L’inspecteur l’a reprise tout de suite et elle a enchainé sur tout ce qu’il savait faire, axant sur sa belle écriture et sa lecture qui l’avait impressionnée parce qu’il lit très fluide et met même avec les intonations. Je crois que la CP a soudain perdu de vue qu’elle était là pour établir une base, pas faire un lien avec le niveau de CE1. Ce petit passage mis à part, cette inspection fut très positive pour tous.

Au moment de dire au revoir, Hibou s’est précipité pour embrasser la CP, Prince a voulu le faire également et l’inspecteur s’est baissé jusqu’à eux pour les embrasser à son tour… c’était une scène impressionnante. Notre porte s’est refermée sur les sourires de part et d’autres, je crois que chacun, nous emportions de la légèreté en nous après cette rencontre.
 
 

Quand l’instit déborde

hibou ecrit ardoise craie
J’ai effacé avec Photoshop rapidement, pour qu’on ne voit pas son prénom 😉

 
Par le biais de circonstances étonnantes, nous connaissons désormais l’inspecteur qui va normalement venir le 21 mars chez nous. J’en ai profité pour chercher sa photo sur le net : un visage connu est moins effrayant. L’homme de notre circonscription a l’air d’être aimable, relativement ouvert de manière générale – je ne connais pas sa position sur l’IEF et ça peut tout changer bien sûr. Nous l’avons appris par une maman qui vient de le rencontrer suite à ses plaintes pour son propre enfant (et deux retraits d’enfant en cours d’année). C’est donc cet homme qui désormais, s’occupe de comprendre ce qu’il se passe du côté de la maitresse maltraitante de la maternelle proche de chez nous. Il y aurait beaucoup à dire et pas seulement sur elle, mais c’est un début et il faut dire qu’elle va de plus en plus loin dans la maltraitance. L’élément déclencheur s’étant passé pour une fois devant témoins (d’autres parents), je suppose que cela a aidé à la prise en charge de ce qu’il se passe là-bas.

J’ai peu à dire sur elle. Prince faisait son possible pour surmonter sa phobie scolaire et sociale, il revenait de très loin et elle a fait de très gros effort avec lui. Nous nous sommes déplacés quand elle a voulu mettre du scotch sur la bouche des enfants – ce à quoi elle avait répondu « Je ne peux pas faire autrement » et il fallait y lire la dépression et le sentiment d’être dépassée. Nous avions été écouté, elle avais mis trois mois avant de se resservir de l’idée – n’y lire que mon ironie de parent dépassé par une institutrice dans la toute puissance de ses fonctions.. Nous avons surveillé de prêt, et ce qui nous choquait nous ne choquant pas forcément les autres parents, nous nous sommes occupés uniquement de notre enfant. Il y aurait pourtant eu de quoi signaler bien des comportements de la dame. Par exemple, un enfant qu’elle juge moche est surnommé « l’affreux », il perd son prénom, son identité et devient juste « l’affreux ». Seulement quand on parlait de ces choses, il y avait toujours une personne pour répondre « oh, on n’en meurt pas hein ». Même dans mon entourage, j’ai eu ces réponses là. Et c’est vrai, on continue de respirer, mais il n’y a personne pour s’occuper des parties mortes sous les coups des mots, il n’y a personne puisqu’on y survit à toutes ces morts.

Vous êtes-vous demandé quel adulte vous seriez, si toutes les parties de vous étaient vivantes ?

Moi je me le demande. Souvent. Je ne sais pas répondre et il n’y a plus rien à faire sur ce qui est fait. On peut par contre changer ça pour nos enfants. Ne pas tolérer les insultes, les punitions traumatisantes, les claques, les coups physiques, les hurlements terrorisants, les menaces, les mises en poubelle – ceci n’étant pas une image, l’instit en question le faisait, et celle de CP l’année dernière en menaçait les enfants.

Il serait temps que l’Éducation Nationale prenne ses responsabilités. Parce que pour l’instant, les seuls recours que les parents ont sont le retrait de l’école (pour une autre privée) et/ou l’IEF. Mais pour tous ceux qui n’en ont pas les moyens/la possibilité, on fait quoi ? Il y a trop d’enfants pour une seule personne : l’instit (seule et en détresse) qui hurle sur l’enfant qui a fait pipi dans la classe cela pourrait être évité, un enfant de trois ans oublié dans le couloir c’est juste inadmissible, l’instit qui prend son premier poste et est complètement largué par un manque certain de préparation (son diplôme tout neuf ne l’ayant en rien préparé à ça), cela ne devrait jamais se produire.

Cette institutrice là, ce n’est pas la pire qu’on ai eu. C’est la première, celle à cause de qui le comportement de Prince a changé au point d’avoir vu trois psys différents, qui fut un cauchemar (au sens propre). Celle-là est connue de l’EN, de toutes les écoles de la ville, à un énorme dossier et… instruit toujours. Quand la maltraitance devient le premier métier, et que personne ne fait rien, je considère les responsables supérieurs comme autant responsables que celle qui frappe et humilie.
Pour exemple, ce fait à lire, puis le résultat. C’est ce qu’il se passe, sans même aller au procès, avec les instits maltraitants : l’EN sait, les collègues savent, les parents savent, et rien.

Là où je veux en venir, c’est qu’avant même d’en arriver à ces situations critiques, il manque des ressources essentielles –hors dérapage de personne qui devrait être en psychiatrie, comme la première instit de mon fils – au niveau de l’enseignement des futurs enseignants. Où est la formation pour éviter les dérapages, pour y faire face lorsque ça leur arrive ? Où est la formation pour faire face aux échecs ? Où est la formation pour identifier ce qui relève de la violence psychologique, et les moyens à mettre en œuvre pour en sortir ? Où est la formation pour apprendre à gérer une classe et ses conflits, pour apprendre à gérer ses propres peurs, ses doutes, ses dérapages ? Où est la formation pour gérer les émotions des enfants, de l’enseignant ?

En attendant, il y a des instits formidables qui font un boulot dingue et parmi eux beaucoup sont en dépression. Cela pourrait être évité, ça aussi. L’instit de notre école maternelle qui se retrouve avec une enquête, je lui souhaite de se remettre en question. Cela fait longtemps que j’ai compris que l’enquête elle-même ne mènerait nulle part alors j’espère qu’elle, elle va prendre conscience de ce qu’elle fait, de ce qu’elle détruit chez les enfants, de toutes les parts mortes qu’elle enseigne au rythme des lettres de l’alphabet.
Je lui souhaite de trouver les morceaux qui sont morts en elle.
Se soigner, tous, prendre soin de nos parts mortes, les réparer : c’est ce qui amorcera le changement.
 
 

Mes petits pirates


 
 
enfants deguisement pirates Hibou pirate

 

A peine le dernier coup d’aiguille a-t-il été donné qu’ils avaient endossé leurs costumes de pirates avec force cris de joie – je me suis contentée de coudre les pantalons (flûte, un poil trop long), et ces élastiques dont je me faisais une montagne étaient bien simples. Ils ne les quittent plus et finalement seul le froid en a eu raison – il fait moins quelque chose et je ne veux surtout pas connaitre le chiffre. Prince a insisté pour conserver le chapeau et l’a regretté, il a eu bien froid aux oreilles. Il n’en a par contre pas dit un seul mot, quand sur le retour de la médiathèque, il lisait son livre en marchant sous les lampadaires pour contrer la nuit tombante : le froid ne passe pas par les livres.

Le téléphone a sonné. Le noir, celui qu’on appelle fixe bien qu’il n’ait pas de fil et ne soit donc fixé à rien sinon un socle tout aussi noir. Il a sonné et je l’ai regardé de travers alors que je ne savais pas encore qui appelait. J’ai même hésité à décrocher parce que le numéro m’était inconnu – déjà que lorsque je les connais… J’ai eu le temps d’imaginer plein de personnes inquiétantes mais je n’ai pas songé une seconde à l’Académie. Erreur. Notre contrôle sera donc pour le 21 mars.
Étrangement je ne suis pas inquiète, je suis même plutôt rassurée : ma plus grande angoisse était de les voir arriver sans rendez-vous. Ce n’est pas légal, mais ça leur arrive visiblement assez souvent ce qui faisait que je n’étais pas tranquille. La date étant posée, je respire. Pour le reste… et bien pour le reste, il y a eu une surprise étonnante. J’ai pris le livre du programme officiel, et au lieu de ne faire que de l’oral, Prince a voulu écrire les réponses dedans.
Je la refais, parce que c’est intense : Prince a écrit dans son cahier, les exercices demandés.
Alors nous avons discuté.
Il stresse. Mais ce que je trouve intéressant, c’est que la phobie du travail scolaire est moins grande que la peur de devoir retourner à l’école.
J’en suis désolée pour l’école elle-même, mais cela m’arrange bien.

prince lit chapeau pirate
J’ai signé par réflexe : cette photo a été prise par LeChat

 
 

IEF – méthodes (personnelles) pour enfant surdoué

prince lit manga Chi

 
Enfant surdoué ? Je devrais sans doute plutôt dire « pour enfant qui comprend très vite ». Mais je n’aime pas tourner autour des mots – sauf si c’est pour jouer avec – et cela ne rendrait service à personne que je n’en parle pas. Nous ne les avons toujours pas fait tester, essentiellement par manque d’argent. Mais plutôt que d’attendre un diagnostic dans un sens ou un autre, la seule chose que nous pouvons faire c’est nous adapter aux enfants que nous avons.

Je vais m’axer ici sur Prince parce que c’est lui qui est concerné par l’obligation d’instruction, et laisser un peu de côté dans cet article mon second enfant bien qu’il soit également concerné.

Parcours

Prince a marché à 10 mois et à partir du moment où il s’est tenu debout et que ses pieds ont avancé, il a commencé à parler. A un an et demi il avait au moins une cinquantaine de mots (on a soudain pensé à les noter dans un carnet avec ce repère de date là, mais nous n’avons pas le souvenir du premier mot : il a commencé à parler, il les a enchainé) et à deux ans et demi il est certain qu’il parlait en phrase je/verbe/complément depuis un moment. Nous nous sommes contenté de noter sa phrase (2 ans et demi donc), un jour de promenade et le regard dans le vague il a dit « dès fois la vie c’est bizarre. La vie, ça surprend » (non, on ne s’est pas posé de questions. Nous étions naïf). C’était notre premier enfant, il allait peut-être un peu vite mais on ne voyait pas où était le problème. D’ailleurs il n’y en avait pas. Enfin peut-être parfois, quand il dessinait et qu’il s’énervait de ne faire que des gribouillages au lieu de ce qu’il y avait dans sa tête – les feuilles se froissaient et volaient dans la pièce, on a simplement tenté de lui apprendre à respirer et à persévérer. A trois ans et demi il est allé à l’école, ça s’est mal passé, il a fait une phobie scolaire ET sociale alors nous avons fait l’école à la maison pendant deux ans. Il a beaucoup travaillé sur sa phobie, a réussi à retourner en classe pour la GS et le CP (un très bon carnet sur l’année, chute le dernier mois : il s’est conformé à ce qui lui était demandé jusqu’à craquer), avec le résultat désastreux d’avoir désormais la phobie du travail scolaire. Nous l’avons donc déscolarisé en septembre 2015, avec son petit frère en train de prendre le même chemin.
Depuis que nous faisons l’école à la maison, nous sommes confrontés à de gros problèmes :
. comment faire travailler un enfant qui panique dès qu’il voit un exercice ? (au point de ne plus savoir répondre à 8+1=?)
. sur quoi faire travailler un enfant qui se désintéresse de tout ce qui tient du programme (CE1) ?
. que faire quand l’enfant s’ennuie parce qu’il avait compris l’exercice avant même de savoir qu’il existait ?
. comment rendre intéressant un programme pénible pour lui ?
. Est-ce que cet enfant va réussir à apprendre quelque chose (insérer toute panique parentale ici) ?
. J’ai rien à montrer à l’inspecteur AAAAAAHHHHH je fais quoi ? (c’est faux, je n’ai juste rien à montrer de standard, de classique. C’est flippant).

Nos bases

J’ai cherché l’apprentissage pour un enfant surdoué, je n’ai trouvé aucune réponse efficace sur le net, aucune qui nous aide dans notre quotidien. Nous tâtonnons, nous essayons, nous lâchons, nous recommençons différemment, nous inventons. Sans cesse. Nous nous épuisons aussi, parfois, alors nous faisons une petite pause. Nous travaillons parfois le matin, parfois l’après-midi, parfois sept jours sur sept et parfois trois fois dans la semaine. Nous suivons son rythme, ses demandes, sa fatigue, ses fragilités. Je crois que le terme adéquat est que nous jonglons et que chaque jour nous devenons de plus en plus doué dans le rattrapage des balles 😉 La routine l’angoisse rapidement, alors on bouscule.

Mise en place actuelle

Ce sont des éléments qui s’imbriquent, et qui ont tous une importance capitale dans nos journées d’apprentissage : ils sont indissociables.

. Rendre les exercices (simples) compliqués : En CE1, ils apprennent les centaines, seulement les additions c’est trop simples, les soustractions n’en parlons pas. Mon mari a détourné un jeu de société, en a fait un système complexe d’achat et de là Prince manipule les chiffres à 6 chiffres sans problème (et le tout à l’oral sans rien poser sur papier : il fait des erreurs, il réfléchit, recommence sans s’énerver). Mais mettez lui une addition sous le nez et il perd pied. Nous allons donc devoir en parallèle, travailler sur sa phobie. En attendant, mon mari a un don particulier pour rendre les choses plus compliquées qu’elles ne le sont, et cela nous aide énormément.

. L’écriture : c’est long, fastidieux, ça ne va pas assez vite pour lui, il efface sans arrêt pour que ce soit parfait et pire que tout : c’est répétitif. Sauf si la demande vient de lui, il est difficile de le faire écrire mais j’arrive à contourner un peu le souci en lui faisant faire de mini-exposés sur ce qui l’intéresse sur le moment. L’exposé comprend une recherche sur le net, parfois imprimer deux ou trois photos, écrire un peu.

. Le programme scolaire : j’ai au départ fini par tout abandonner. Prince piquait des crises de nerfs plusieurs fois dans la journée (sans rapport avec l’IEF ou avec), c’était ingérable. Nous avons arrêté l’instruction (à partir des cahiers) un temps et au bout d’un moment il s’est stabilisé dans ses émotions et sa peur de l’échec. J’ai eu soudain une illumination, et je lui fais faire le programme en survol : on lit le livre, il répond à quelques questions à l’oral, et on passe à la page suivante (avec des interruptions parce qu’il fait des liens avec des milliers d’autres choses qui n’ont rien mais alors rien à voir : c’est riche). Cela s’est très bien passé, même si cela le fragilise un petit peu sur ses bases. Moi cela me rassure dans le fait qu’il possède bien les bases, lui n’a pas vraiment l’impression de travailler, et lorsque nous aurons terminé (je n’ai pas intérêt à trainer trop) je passerai au programme de CE2. Tout simplement. Il arrivera bien un moment où le programme rejoindra ce qu’il y a dans sa tête ? Et puis si ce n’est pas le cas, ce n’est pas très important. Il a montré qu’il avait besoin qu’on s’occupe de lui, et c’est ce que je fais.

. L’indépendance : justement, il n’y en a que peu. La peur panique de mal faire, l’échec possible le terrifie. Je suis en permanence avec lui, parfois au détriment de son frère qui voudrait bien mon attention également pour apprendre lui aussi. C’est compliqué, c’est pénible et je crains que pour l’instant, nous devions attendre un peu que le temps passe. Dès que nous le pouvons, nous travaillons sur le mode « un adulte par enfant ».

. Le dessin : suite aux conseils d’un twitteux formidable, j’ai investi dans des feutres effaçables. Ça a mis fin à l’éternelle boule de papier jetée dans la pièce, non seulement parce que c’est effaçable bien sûr, mais aussi et surtout parce que Prince a pris confiance dans son trait – il ne part plus perdant.

. Le sac à ennui : j’ai trouvé l’idée quelque part sur le net, je l’ai adapté aux activités possibles de Prince (avec son accord) : sur des bouts de papier cartonné, j’ai inscrit une activité (une vingtaine de différentes) et s’il choisit de tirer un papier il a alors obligation de le faire au moins quinze minutes, nous passons bien le contrat avant. Ça le lance ensuite durablement sur quelque chose et ça apaise les tensions dans la maison. Sur ce principe ce soir, il a ressorti son cahier de mots-croisés et il en était très heureux.

. La lecture : il lit de lui-même en permanence, diverses BD et un manga (le chat Chi), ou des histoires pas trop longues. Il arrive même qu’il en lise à son frère. Du coup de ce côté là, je ne m’en occupe absolument pas sauf pour l’emmener à la médiathèque.

. Activités détournées : on apprend beaucoup hors des livres. Il m’aide parfois à cuisiner et donc à peser, il fait des origamis et apprends donc la géométrie et les formes, etc. Aussi inquiète que je puisse être parfois – et je le suis uniquement quand je pense au contrôle de l’académie, cet enfant apprend en permanence. Cette après-midi je le croyais sur un dessin animé, il regardait un documentaire sur le récif de corail. Je ne vois vraiment pas pourquoi je m’inquiète.

. Divers : il apprend à coder (python) [merci spécial à Pouloucoq], ainsi que la LSF… C’est un enfant très occupé, qui s’ennuie aussi très vite.

 
Rien de ce que nous faisons n’est parfait, mais nous faisons de notre mieux. Vous pouvez commenter, mais pas critiquer négativement – mon privilège de maman fatiguée.