En miettes

En miettes

Je triche pour encore une semaine ; j’ai planifié des posts sur le blog de cuisine, que j’ai en fait mis il y a quelques soirs de ça. J’ai du sentir que j’allais bientôt décliner et ne plus rien faire. Plus l’envie de quoi que ce soit, sinon celle de m’endormir.
Toujours ce besoin de fuir qui revient, assez souvent.
Dès que je ne suis plus en accord avec moi-même, simplement.

Et je ne le suis pas.

J’appréhende le mois de février, où je vais voir mon fils par intermittence, de temps en temps, inch’allah. Dont une journée particulière où je suis censée faire, où je vais faire 9h30-19h. Rien que d’y penser, je m’enfonce. Que la maman voit ses enfants entrecoupés de voyages m’est difficilement appréhendable, mais c’est son choix. Ne plus voir le mien comme je l’ai décidé au préalable n’est pas le mien et j’en souffre. Qu’on ne me dise pas que c’est le cas de toutes les mamans, que les choses sont ainsi : ce n’est pas le chemin que j’ai choisi. Nous avons certes peu d’argent à la maison, mais cela me permet d’être, habituellement, disponible pour mon enfant. Je n’ai aucun problème avec le fait de bosser en journée, mais ça ne va plus quand je rentre entre 19h30 et 20h30.

Ajoutons à cela que mon fils depuis quelques temps, à décidé de bien me faire comprendre que la situation ne lui convenait pas, en me boudant (soir y compris, il ne veut de moi ni pour le coucher, ni pour le rassurer, ni même pour le consoler), mon cœur explose et je m’effondre. Nous faisons régulièrement des tentatives l’un et l’autre de réconciliations, qui échouent lorsque je pars de la maison sans lui.

Si quelqu’un, sans enfants, cherche un travail de nounou, ma place est à lui/elle.

Gouffre

Gouffre

J’attends à la sortie de l’école, la cloche sonne.
Elle doit avoir 10 ans. La pré-adolescence déjà là.
Elle va droit sur son père, une mine de dix pied de long, prête à l’esclandre.
Je t’avais dit de pas venir aujourd’hui ! Je rentre avec mon amie. Je te l’avais dit en plus !
Ah bon ?
Le père est grand, baraqué, genre chef d’entreprise, qui ne s’en laisse pas compter par les gens. Mais pas prêt pour se battre avec une gamine, pas prêt pour avoir dans les pattes une ado qui va faire la gueule toute la soirée.
Eh bien rentre avec elle.
Le sourire revient sur le visage sombre de la gamine, qui fourge ses affaires d’école à son père sans lui demander son avis, et surtout.. sans lui dire merci.
Le père se retrouve avec un cartable et un autre sac, sans enfant, déjà envolée.

Lendemain soir, je revois la gamine sortir de l’école.
Je la vois chercher du regard.
Personne pour l’attendre cette fois.
Elle se tourne vers son amie, le visage illuminé, ravi, presque euphorique :
Génial il m’a oubliée ! Je vais pouvoir rentrer avec toi !
J’aurais pu y croire, j’avoue.
Il m’a oubliée, c’est génial ! T’a vu il m’a oubliée !

Vraiment, j’aurais pu y croire, qu’elle s’en moquait.
Si elle ne l’avait pas répété trois fois.

Les elfes et la technologie

Les elfes et la technologie

Elle est directrice de l’école. Elle a visiblement dans les 40 ans (pas plus), souriante, elle a l’air d’une femme bien avec les enfants.
Nous étions au studio de FR3, hier après-midi, avec un instit, la directrice, deux parents et les trois enfants qui allaient enregistrer.
Au bout d’un moment d’attente, la directrice un peu excitée nous sort « c’est marrant de voir passer des têtes qu’on voit à la tv régulièrement ! »
Grand vide de part et d’autre, aucune réaction sinon de petits sourires par-ci par là.
– Vous ne regardez pas FR3 régional ?
– noooon pas plus que ça
(réponse des parents, puis de l’instit)
– Et vous ?
– Moi, je n’ai pas la tv.

Regard un peu consterné de la directrice, qui ne s’attarde pas trop sur ma personne (j’ai par contre eu droit à un regard intéressé de l’instit blondinet).
Dix minutes plus tard, les enfants sont enfin dans le studio d’enregistrement. Horreur, personne n’a pensé à prendre d’appareil photo (j’ai oublié le mien). La directrice passe rapidement entre nous, voir qui pourrait avoir un téléphone perfectionné qui fait le repassage, le micro-onde, la cuisine et accessoirement, appareil photo.
J’ai à peine le temps de dire que non, qu’elle passe devant moi en me disant « non vous et la technologie de toute façon..« 

Elle m’a profondément déçue. Pour une instit directrice d’école, elle case drôlement vite les gens avec des étiquettes.. D’autant que je suis persuadée qu’elle ne saurait même pas se servir de mon appareil photo, justement.

J’vous dis pas sa tête si j’avais dû lui avouer que je suis une elfe..