Une chose à la fois

Une chose à la fois

Gnome a fait sa rentrée, la seconde. En douceur, prenant ses marques dès le vendredi (2nd jour), lié à sa cousine comme le miel et l’abeille : indissociables.
Ce matin une autre maîtresse a pris le relai, la principale étant également directrice elle a une journée « administration » qui implique un remplacement.

Je me sens partagée, entre une directrice qui a l’air formidable avec les enfants mais qui me semble un brin dépressive et ne communique pas facilement avec les parents, et la 2nde qui a son bac+5 en communication parentale mais semble avoir raté son bac en communication infantile. Un énorme décalage perturbant.
Gnome lui, m’a déjà dit deux fois qu’il ne voulait plus aller à l’école, suivi d’un « j’ai des choses à faire » (bah tiens). Je l’ai récupéré aujourd’hui instable, en larmes au moindre cheveux sur sa route.

Je me sens un peu perdue.

Je n’aurais jamais cru dire ça un jour, mais j’aime la grève de demain, qui tombe à point nommé : garder le petit bout à la maison pour deux jours, est exactement ce dont il a besoin.

De mon côté, je suis en train d’apprendre que si je veux mener au bout cette grossesse sans en faire un prématuré, je ne dois prévoir qu’une seule chose par jour. Et que si j’emmène le grand à l’école, je dois ensuite rester chez moi. Je dois juste le comprendre et l’accepter, ça va finir par entrer dans ma tête !

feerie

Inscription sur les chapeaux de roue

Inscription sur les chapeaux de roue

Chaque jour, Blanche a harcelé la mairie à ma place pour savoir où en était le dossier de dérogation. Chaque jour elle fut renvoyée à « rappelez dans 3 jours », et même mieux lundi « rappelez à la fin de la semaine ».
Et j’avouerai que j’en étais arrivée à vouloir juste une réponse, pour ne plus être dans l’attente.

Bien sûr, elle a de nouveau téléphoné hier, mardi. Et la réponse est enfin arrivée, Gnome change d’école pour aller dans celle de sa cousine ! Je n’y croyais plus..

J’ai pris je crois, la nouvelle un peu trop doucement. J’avais chez moi ma filleule, et pensais aller à la mairie récupérer le certificat vers 17h après son départ. Je préviens mon mari par texto (il est en stage), je l’annonce à la terre entière via facebook (20 personnes à tout casser), je m’occupe de mon fils au milieu, puis prends mon téléphone pour prévenir la (nouvelle) directrice. Qui me donne rendez-vous à 16h45 pour l’inscription (avec le certif et une photocopie des vaccins).

Il était 15h bien passé.. Plus vraiment de marge, quand on a deux choses à faire avant un RV et une petite fille à rendre à ses parents.
Et ce fut l’apocalypse.
Difficulté de joindre le papa, qui finalement arrive à.. 16h15. Heureusement dans ma panique, j’étais déjà en plein milieu de la ville et on n’a pu se rejoindre. Je lui ai littéralement abandonné sa fille, et j’ai couru, couru, couru. Et mon fils adorable, fatigué, a couru sans se plaindre :
– Jusqu’à la photocopie, où le gars m’a arnaquée de 2 centimes en me faisant payer une impression et non une photocopie.
– Jusqu’à la mairie où il y avait du monde, et où à l’accueil je me suis faite envoyer promener sans bonjour ni au revoir et avec beaucoup de mépris (c’est fou vraiment, que toute la ville ne sache pas qu’il y a une antenne scolaire à perpette, mais pas ici).
– Jusqu’à l’antenne en question, pour récupérer le certificat. Où il y a eu un magnifique cafouillage sur le nom de l’école, et où j’ai failli craquer, croyant qu’ils acceptaient la dérogation.. dans une autre école que celle prévue.
– Jusqu’à chercher désespérément l’arrêt de mon bus. Tout est en travaux, c’est une pagaille monstrueuse, les arrêts changent de place tous les mois. J’ai demandé à un chauffeur de bus, pas de bonjour, pas de réponse alors j’insiste, « je ne sais pas demander donc à la T.. » (nom des transports de la ville) et m’a claqué sa porte au nez et a démarré. En larmes en plein milieu d’un trottoir, trois personnes très gentilles (dont une un peu condescendante « vous allez inquiéter votre enfant à pleurer comme ça » : mais je t’emmerde merci), j’ai fini par trouver ce satané arrêt.
– J’appelle la directrice, j’ai 15 minutes de retard et je suis prête à pleurer encore. Elle me rassure, beaucoup de travail, pas prête de partir.
– Le bus arrive, je vérifie le numéro et la direction, je monte dedans.. quand une dame m’arrête : le bus, ce fourbe, vient de changer de numéro ! Elle a suivi mes déboires, et l’adorable dame m’a prévenue, une chance pour moi..
– Je monte enfin dans le bon bus, m’assois.. entame les contractions. Forcément. Et le bus perd lui aussi un temps fou, les portes arrière se bloquent et il doit descendre le faire.. manuellement.
– Quand je descend enfin, sans même être certaine d’être au bon arrêt, la tension est retombée, j’ai un bébé à protéger, je suis en retard de 35 minutes et rien ne changera ça.

L’école est immense.. mais a l’air vraiment chouette.
Il est enfin inscrit, a fait une visite de l’école, puis de sa classe et des jouets mis à disposition.

Gnome par contre fait un blocage, j’ai dû lui dire 5 fois où nous allions sans qu’il s’en souvienne, et à son papa qui lui demande comment ça s’est passé il lui dira « on est sorti mais j’ai rien fait (de particulier) ». Et cette nuit, il a refait pipi au lit.
Forcément, l’angoisse remonte..
Nous parlons beaucoup, j’essaye de le tranquilliser.

Je me demande qui va tranquilliser la maman, qui a rêvé toute la nuit d’école, d’oubli du cahier qu’elle doit signer et rapporter, et d’apprentissage de l’alphabet.


suspendue

En miettes

En miettes

Je triche pour encore une semaine ; j’ai planifié des posts sur le blog de cuisine, que j’ai en fait mis il y a quelques soirs de ça. J’ai du sentir que j’allais bientôt décliner et ne plus rien faire. Plus l’envie de quoi que ce soit, sinon celle de m’endormir.
Toujours ce besoin de fuir qui revient, assez souvent.
Dès que je ne suis plus en accord avec moi-même, simplement.

Et je ne le suis pas.

J’appréhende le mois de février, où je vais voir mon fils par intermittence, de temps en temps, inch’allah. Dont une journée particulière où je suis censée faire, où je vais faire 9h30-19h. Rien que d’y penser, je m’enfonce. Que la maman voit ses enfants entrecoupés de voyages m’est difficilement appréhendable, mais c’est son choix. Ne plus voir le mien comme je l’ai décidé au préalable n’est pas le mien et j’en souffre. Qu’on ne me dise pas que c’est le cas de toutes les mamans, que les choses sont ainsi : ce n’est pas le chemin que j’ai choisi. Nous avons certes peu d’argent à la maison, mais cela me permet d’être, habituellement, disponible pour mon enfant. Je n’ai aucun problème avec le fait de bosser en journée, mais ça ne va plus quand je rentre entre 19h30 et 20h30.

Ajoutons à cela que mon fils depuis quelques temps, à décidé de bien me faire comprendre que la situation ne lui convenait pas, en me boudant (soir y compris, il ne veut de moi ni pour le coucher, ni pour le rassurer, ni même pour le consoler), mon cœur explose et je m’effondre. Nous faisons régulièrement des tentatives l’un et l’autre de réconciliations, qui échouent lorsque je pars de la maison sans lui.

Si quelqu’un, sans enfants, cherche un travail de nounou, ma place est à lui/elle.

Gouffre

Gouffre

J’attends à la sortie de l’école, la cloche sonne.
Elle doit avoir 10 ans. La pré-adolescence déjà là.
Elle va droit sur son père, une mine de dix pied de long, prête à l’esclandre.
Je t’avais dit de pas venir aujourd’hui ! Je rentre avec mon amie. Je te l’avais dit en plus !
Ah bon ?
Le père est grand, baraqué, genre chef d’entreprise, qui ne s’en laisse pas compter par les gens. Mais pas prêt pour se battre avec une gamine, pas prêt pour avoir dans les pattes une ado qui va faire la gueule toute la soirée.
Eh bien rentre avec elle.
Le sourire revient sur le visage sombre de la gamine, qui fourge ses affaires d’école à son père sans lui demander son avis, et surtout.. sans lui dire merci.
Le père se retrouve avec un cartable et un autre sac, sans enfant, déjà envolée.

Lendemain soir, je revois la gamine sortir de l’école.
Je la vois chercher du regard.
Personne pour l’attendre cette fois.
Elle se tourne vers son amie, le visage illuminé, ravi, presque euphorique :
Génial il m’a oubliée ! Je vais pouvoir rentrer avec toi !
J’aurais pu y croire, j’avoue.
Il m’a oubliée, c’est génial ! T’a vu il m’a oubliée !

Vraiment, j’aurais pu y croire, qu’elle s’en moquait.
Si elle ne l’avait pas répété trois fois.