Plus la patience

Plus la patience

Ce chat est une calamité. D’une gentillesse absolue par ailleurs, très câline, un ronronnement sur pattes, vraiment adorable.

Sauf que.

– Ça perd ses poils, indéniablement.
– Ça pue. Vu la configuration de l’appartement, la caisse est dans la cuisine, il est insupportable de cuisiner avec cette odeur et les pieds écrasant des graviers (ma belle-sœur a eu la flemmardise (avouée) de nous apporter la caisse fermée avec rabat. Je la hais).
– De même cuisiner avec un chat (attaché) dans les pattes, c’est rude pour les nerfs. A la base, on ne rentre pas à deux dans cette « pièce ». J’ai dû attendre la sieste du gnome, pour libérer la bête et pouvoir enfin faire ma bûche de noël.
– Dans la même veine, impossible de vider/remplir le lave-vaisselle, accéder au congélateur, ouvrir la porte du four.. sans shooter dans le chat. Très petit, cette cuisine, disais-je.
– Ce con de chat chope tout ce qui traine et le met dans sa gamèle eau/croquettes. Même la serpillère.
– Ça mange les plantes, particulièrement le papyrus. Après, ça vomi. Après, faut ramasser.
– Ça coute un argent fou.
– Ça veut toujours rentrer dans LA pièce qui lui est interdite.
– Ça a des griffes, et ça s’en sert au petit bonheur la chance : sur le canapé, les pieds de table, les jambes de ceux qui passent, la poubelle de la cuisine, le visage de mon fils..

(liste non-exhaustive, hésitez pas à la compléter)

Comme nous sommes des bourreaux non convaincus, on libère la pauvre bête autant qu’on peut, même quand le gnome est réveillé. Du coup, nous sommes des boules de nerfs à l’affut du moindre coup de queue du chat pouvant vouloir dire que sa patience est à bout. En général, on tient 5 minutes.

J’aime les chats. Je suis toujours plus zen, quand y’a un chat dans ma maison, c’est systématique. J’ai gardé la mienne 17 ans, une merveilleuse bestiole au sale caractère qui me manque. J’ai toujours pensé reprendre un chat, quand j’aurais une maison et un terrain.

J’ai changé d’avis.

Des nouvelles du front

Des nouvelles du front

Nous avons eu un très beau noël. Aucune tension d’aucune sorte. Je n’appréhendais pas particulièrement, personne ne peut atteindre ma famille qui attend noël de pied ferme pour attaquer et faire mouche. Mais ce fut vraiment un beau noël tout tranquille, ou tout le monde fut grandement gâté. Notamment les deux enfants ; mon gnome s’en est donné à cœur joie pour ouvrir chaque cadeau, déchirer le papier, faire un énorme câlin au chat en peluche, déchirer un autre papier, se balancer sur le cheval à bascule, déchirer un papier, foncer avec sa petite voiture, déchirer un papier.. je m’arrête là, la liste est trop longue.

Mon mari, en grand fou qu’il est, m’a offert une surjeteuse, que j’aurai à la mi-janvier. Je ne réalise toujours pas ^^’ (Pour ceux qui se demandent, en gros, ça fait une finition très pro des vêtements. Dommage que j’ai déjà cousu la cape rose, ça aurait été bien mieux que ce que j’ai fait).

Je l’attends de pied ferme, sa place est déjà prête, même si ma table n’est pas grande. J’ai fait tant de ménage par le vide en deux jours, que désormais nous respirons mieux dans l’appartement, et nous pouvons donc accueillir comme il se doit ce petit bijou.

Bon en fait, personnellement je ne respire plus grand chose, mais l’idée y est, nous avons jeté 6 sacs poubelles noirs, entre autres choses. Et c’est pas fini.

Je ne respire plus parce que nous avons accepté d’héberger un chat pendant 5 jours, pendant que ma belle-sœur part en Allemagne 4 jours. Une fois le contrat accepté, nous avons finalement le chat pour 7 jours, et nous avons dû acheter la pilule de la bestiole (tu verras, elle en raffole, elle se jette dessus). Ce truc coute 8euros et des poussières (je te rembourserai dès que je touche mon chômage), et il a fallu que je le donne de force au chat qui s’en foutait royalement.
La cohabitation a commencé à sentir le roussi quand mon fils a débarqué hier, dans la salle de bain, alors que je me déshabillais pour ma douche.
_ etiz, etiz !
_ Bêtise ?
Même si c’était la première fois qu’il me le disait, je suis allée vérifier. Je me suis extasiée sur le nouveau vocabulaire du gnome, j’ai viré le chat de la table (sic) et je suis allée sous la douche. Là, j’avoue, c’est moi qui ai fait une bêtise.
_ etiz, etiz !
_ Tant pis mon lapin, là maman elle prend sa douche.
_ etiz, etiz !
_ Oui j’ai compris mon coeur mais c’est pas possible là. Dis lui non, au chat.
_ la non, la non !

Petit silence.

_ etiz, etiz ! Cha !! (dès fois que j’aurais pas compris)
_ et merde..

J’écourte ma douche, je m’essuie vite, je passe la tête par la porte et je fonce nue et donc ridiculement, vers le chat vautré dans mon papyrus.
Je remercie mon fils, même si j’ai conscience que le mot bêtise risque de repasser par mes oreilles très vite. Je perds pas espoir, je vais dans ma chambre pour m’habiller (fait froid bordel), je ferme la porte (afin de conserver une unique pièce des poils de chat et donc mes poumons en vie) et là, bien sur..
_ etiz, etiz ! chaaaa ! etiz, etiz !

Je maudirais volontiers le chat sur plusieurs générations, j’ai eu le temps de mettre mes chaussettes de fée.
Mon fils me prend par la main et m’amène jusqu’à un petit vomi de chat de rien du tout. Pas le temps de me dire que c’est pas grave que mon fils m’emmène plus loin, vers.. un énorme vomi de chat, avec papyrus et tout. Je m’y attendais, j’avais juste l’espoir de m’habiller avant.
Le temps de soupirer, mon fils envoie sa voiture dans le vomi.

TOUT va bien.

La fin de journée fut plus calme (juste virée du citronnier, de la table, du papyrus encore etc), par contre ce matin a signé l’arrêt de mort de la bête.

« tu verras, on malmène beaucoup le chat, elle a l’habitude, on l’a fait exprès parce que vous avez des enfants, pour qu’elle ne griffe pas. Elle ne griffe jamais et ne mords jamais, et les rares fois où elle le fait elle s’aplatit parce qu’elle sait que c’est une bêtise ». En toute honnêteté, un discours pareil me fait peur, ça donne l’impression d’un chat maltraité sous couvert de bien faire.

La crème en question, 20 minutes après le lever (avec au milieu le petit dej, le bib etc donc le gamin a pas eu le temps d’énerver le chat vraiment, d’autant que j’étais pas loin et que je surveille qu’il lui foute la paix un minimum), s’est jeté sur le visage de mon fils.

Une griffure sur la joue, une autre au coin de l’œil et une 3èm en dessous de l’œil (mais à 2-3mm contrairement à l’autre). Je remercie le cerveau humain qui fait fermer les yeux par peur, sinon il aurait perdu un œil. Et en prime il a fallu que je me batte pour bien désinfecter.

Je ne suis pas fière, j’ai l’impression de maltraiter ce chat, mais je ne vois pas comment faire autrement, d’autant que passer la première terreur, mon gnome retournerait volontiers embêter le fauve. Nous avons attaché le chat dans la cuisine, la barrière est en place, et chacun est de son côté. On la libèrera quand le petit dort l’aprem et le soir, mais c’est tout. Et on doit tenir comme ça jusqu’à dimanche -_-

Semaine de merde. Mes poumons sont comme écrasés, la cuisine est un champs de bataille, ma belle-sœur en plus de la pilule de son chat a oublié de nous donner la raclette pour nettoyer la caisse, je suis énervée, jamais plus jamais de chat chez moi.

Ma conclusion, un chat en appart avec un bébé, c’est une hérésie : une torture pour le chat et un danger pour l’enfant.
Autre conclusion, vivent la ventoline et les antihistaminiques.
Je tenterais bien une conclusion sur ma belle-sœur mais je suis surtout énervée après moi.

Dans la même semaine

Dans la même semaine

D’abord, ce fut un plat. Transparent, pour le four, il est tombé d’une certaine hauteur où il n’aurait pas dû être. D’une certaine manière, nous avons aidé à son suicide. Il a explosé, ce fut un carnage dans la cuisine. Comme il n’est pas tombé seul, mais avec notamment des pommes de terre et des oignons, il a fallu enlever sur chaque chose, les petits fragments de verre.

Ensuite ce fut un petit pot du gnome. Presque proprement, il s’est cassé en très peu de morceaux.

Un autre pot a suivi le premier quelques heures plus tard, et cette fois j’ai compris pourquoi ramasser de la nourriture avec du verre, c’est l’horreur. J’aime pas la carotte.

Le rabat des wc a rendu l’âme. Il s’est cassé à la base.

Deux jours après, achat d’une cuvette de wc, à 26 euros. Qui s’est cassé entre les mains de mon mari, pour cause de vis faussée. On s’est bien sûr fait rembourser.

Un plat empli de gâteaux encore tout chaud fut échappé par mon mari. Mon plat préféré ça va de soi. Pour les gourmands, sachez que les gâteaux ont tout de même été mangés.

L’écran de mon téléphone s’est cassé un peu plus (sans être tombé), je commence a ne plus voir grand chose, à différents endroits (comme la barre d’énergie, mais ça ça fait un moment).

C’était dans la même semaine, et je croyais la crise passée.
Ce matin, coupure de courant. Le pc n’a sans doute pas apprécié de se faire éteindre à l’arrache, mais on le prend avec philosophie.
Et puis un doute passe, je vais vérifier dans le couloir de l’immeuble. Merde, ça vient de chez nous. On vérifie, point après point, on trouve la prise coupable.
Nous médisons sur la multiprise quand la lumière soudain se fait (c’est le cas de le dire).. la bouilloire bien sûr ! C’est pourtant la 3èm fois qu’elle nous fait un court-circuit on devrait être habitué (pas la même ça va de soi)!

Donc, la dite bouilloire qui a environ 3-4 mois d’existence en nos murs a un faux contact qu’on ne s’explique pas et qui nous met terriblement en colère. C’était le dernier achat, jamais plus jamais nous n’en reprendrons, ça ne tient pas la route et y’en a marre.

Espérons que cela soit le point final. Cette histoire commence à couter cher. Je n’ai plus de plat pour cuisiner, entre autres problèmes..
Par contre, comme de par hasard, aucune assiette n’a été cassée et là, je trouve ça très injuste. Je ne peux plus les voir en peinture, du coup on mange dans notre beau service asiatique jusqu’à ce qu’on trouve un service qui nous plaise.
Ce qui n’est pas gagné.
Flânez donc quelques minutes au rayon vaisselle, et savourez vos superbes assiettes bleues ou vertes, parce que ce qui est vendu est d’une laideur absolue ! Si jamais l’un d’entre vous tenait à se débarrasser de son service en gré, hésitez pas, je suis la famille d’accueil I-DE-ALE !

siyouplémadam, siyouplémeuuussieu

Dans un verre

Dans un verre

Les mains pleines et un estomac vide.

Je fuis. Doucement. L’esprit vagabonde, saute, s’effondre dans un coton bleu comme le verre. Une maladresse et le bureau me ressemble, sent l’alcool ; j’éponge mes faiblesses.

Ça s’infiltre dans mes veines, insidieusement. Pas suffisamment. L’ivresse n’y est pas, le cœur non plus. Ca ferait peut-être moins mal si je partais dans le verre. Je savais tout ça, la douleur quand tu fais bien et que les reproches pleuvent sans raison. Je ne pensais pas le revivre. Je ne lui en veux pas. J’en souffre. Plus difficile à gérer.

J’en tombe. Dans le verre. Dans la musique. Dans le lit. Dans ses mains. Dans moi. Dans les larmes. Je ne me sais plus.

Il parle de notre nuit. Beaucoup. Il a ressenti chaque mouvement dans sa différence.

Il est là, plus sûrement que ce qui coule en moi, plus sûrement que mes angoisses. Doux. Attentif. Je me perds en lui et lui en moi, l’odeur s’écoule, s’évade et je me révèle. Sans tout saisir de toi en moi et de moi en toi. Une boucle a cassé et se promènent langues et mains comme jamais. Je l’aime. Il ne force rien. Jamais. Il attend que j’aime. Mon corps. Mes imperfections. Mes perfections. L’amour. L’hier.

J’attends de voir mon chemin. Mon corps. Mon regard sur moi. La boucle brisée. J’attends de comprendre tout ce qui vient de changer en moi. Qui m’échappe.

Et. Comprendre. Qu’il faut. Refuser. Vivre. Penser à. Être soi-même.

Arrêter de se raconter les jours brisés.

Mon insignifiance bat de l’aile et prend une forme autre dans ma démission, dans mon refus d’être blessée, d’être trainée dans la boue, dans mon refus de l’argent et de la bataille, dans ses mains et contre sa peau, dans ce qui se brise en moi, dans ma liberté de choix.

Je ne suis que moi et je vais en décevoir de ne rien faire. Ce moi change encore. Se cristallise. Se dessine. Je l’admire de me suivre dans cet envol qui nous bouleverse jusque dans nos caresses intimes.

Je ne suis que moi. Laissez-moi apprendre à m’aimer. A ma manière. Dans mon intimité. C’est déjà tellement perturbant..