Prendre le temps

Prendre le temps

Souvent je me fais la réflexion que cette maladie m’apprend à me poser. Faire les choses doucement, tranquillement, une par une. M’asseoir. Que le monde ne s’écroulera pas si le linge est fait plus tard et s’entasse en attendant. Je le dois pleinement au diagnostique enfin posé, qui m’a légitimé ce droit au repos, de prendre soin de moi.
 
Immobilisée hier parce que mes muscles se sont amusés à faire une grosse boule avant d’accepter de reprendre leur place, j’ai découvert le syndrome myofascial, indépendant de la fibromyalgie mais très souvent lié. Aussi mal diagnostiqué, 6 ans que j’en souffre et que les médecins sont passés à côté. Je me dis qu’ils ont donc encore 12 ans devant eux avant d’exploser un nouveau record me concernant ^^. Là où mon corps abuse c’est que je suis sous magnésium et spasfon depuis trois mois.. je ne peux faire mieux. Enfin si.. je pourrais prendre du chlorure de magnésium, une vraie saloperie pour le corps. Je préfère gérer autrement.. vivent les bouillottes ;). Au moins, je remarche dans la maison à défaut des escaliers. Mais qu’est-ce que ça châtaigne..!
 
Nous ne savons toujours pas si Le Chat va travailler ou non mercredi. Mais ce matin, il passe son dernier examen et il est content que ce soit enfin terminé. J’avoue que moi aussi. Nous touchons du doigt la fin des galères financières ; ces 6 mois sans ressources auront été difficiles, surtout nerveusement..
 
Je suis toute zen. Fatiguée, mais calme. Les choses ont l’air de s’engager sur un petit chemin moins accidenté, et c’est si agréable 🙂
 
La chose la plus étonnante de la semaine ? Après des années d’allergie aux laitages, j’ai un jour réussi à manger certains fromages tout en détestant le goût du lait, des yaourts et toutes ces choses.
Hier, j’ai bu trois milk-shake à la banane de 750ml chacun.. Ce bébé est un petit démon !
 

Renard 

 

Ce renard n’est pas de moi mais je le trouve magnifique
 

Pagaille

Pagaille

Les choses apprennent à se gérer sans moi.
Mais je ne suis plus très sûre de gérer le reste.

Je ne dois pas bouger, je dois me reposer. Deux faits, deux évidences qui malmènent notre quotidien déjà mis à mal par ma santé habituelle.
J’essaye de sortir, une à deux fois par semaine, quand mon corps le veut bien, que mon ventre n’est pas trop dur, que bébé n’essaye pas de sortir. Trois mois à tenir enfermée dans un appartement que je n’aime pas, à ne rien pouvoir faire.
Gnome est devenu rapidement intenable, un enfant de dehors qu’on enferme que voulez-vous donc que ça donne ? Une mini-bombe ? Présentement. Une mini-bombe qui grandit diablement vite ces jours-ci, qui soudain sait accrocher sa salopette tout seul, construit des voitures avec des légos, et qui nous expliquait hier soir avec beaucoup de sérieux que la terre a un noyau (et qu’en soulevant un caillou, il l’avait vu).

Et je craque. D’être enfermée, sans air, sans photos, sans arbres et sans argent. Mais avec douleurs, avec contractions, avec angoisses et avec épuisement.
Une chance qu’il n’y a pas si longtemps, on en a profité pour faire de belles sorties (merci LN et Krinos ^^’).

L’appartement se poussièrise tranquillement, le linge s’accumule fourbeusement et la cuisine se salit silencieusement.
L’argent continue de prendre la poudre d’escampette chaque mois, on commence à toucher le fond de nos économies, noël approche à grand pas.. et bien sûr, c’est là maintenant que j’ai besoin de dépenser, de compenser, d’aider au moral défaillant et donc de faire n’importe quoi.
Même pas pour moi, hein.
Un cadeau hors de prix pour le gnome ce matin parce que j’ai craqué, et un cadeau encore plus hors de prix pour Le Chat (pour noël cette fois..) que je prévois parce que son pc de 6 ans rend l’âme et que là c’est lui qui craque.

Je suis un écureuil épuisé, qui en a par-dessus la tête d’être raisonnable. Un écureuil a qui on a dit « Le Chat va avoir un boulot mardi ». Puis « ah non, il débutera mercredi ». Puis « peut-être ». Les gens me rendent dingues. Savent-ils que les hormones peuvent donner des envies de meurtre ?

Bon par contre faut pas croire qu’à devoir être allongée, j’ai envie de lire.
Ah ça non. Pourtant, j’ai deux livres (séries mêmes) de commencés et un troisième en attente.
A la place, je relance mon blog de cuisine (le fait que je ne puisse rester debout longtemps est un détail qui n’a aucun rapport avec la chose ; j’ai envie de cuisiner, je suis enceinte, ne me contrariez pas alors que j’ai de folles envies de dépenses !).

Ce serait peut-être le moment d’ailleurs, d’égarer ma carte bleue dans la maison..
 

tiramisu

 
Quelqu’un veut du tiramisu ?

Silence

Silence

Je me sens complètement désarmée face aux sujets lancés depuis quelques semaines et dans lesquels je me retrouve malgré moi impliquée, avec diverses personnes. C’est.. étrange.
Je ne sais comment S. revient dans tous les sujets ; la folie de ma mère (et S. plus là pour en témoigner), mon ex-belle-mère si caricaturale, la maladie, l’ingérence, sa mort, notre couple, l’incinération, l’autre cérémonie, le déménagement, le vol de mes affaires, le vol de ces derniers cadeaux.
J’ai tu jusqu’à présent son absence, le choc, la violence, les engueulades, la souffrance, l’incompréhension, le silence, les émotions, nos larmes, notre amour. Ce n’était pas le sujet.

J’ai fait en sorte, toujours, de pouvoir parler de lui si la situation se présentait, de ne jamais faire un tabou de ce qu’il s’était passé.

Aujourd’hui j’ai laissé la conversation glisser, sans moi. Jamais je n’avais envisagé la souffrance, dans sa mort. J’avais pensé à son sentiment de solitude, d’incompréhension ou de compréhension peut-être, une angoisse possible, un bien-être tout autant envisageable.
S’enfoncer dans le coma, se sentir partir.. je me suis souvent posé la question : a-t-il compris qu’il fermait les yeux et ne les rouvrirait pas ? A-t-il eu le temps de penser à moi ? A-t-il repensé à toutes ses autres fois où j’étais présente pour lui sauver la vie ? A mon absence présente ?

Oui aujourd’hui, j’ai laissé la conversation glisser.
J’ai écouté.
J’ai eu mal.
J’ai mis de côté. Pour ne pas glisser avec.

J’aurais aimé dire que je ne voulais pas. En parler, écouter, qu’il ai eu mal.. J’aurais aimé dire ce que cet homme m’a apporté, le bon comme le mauvais. J’aurais aimé.. dire.
Il y a encore des choses qui me font taire.. je ne m’y attendais pas.
Le silence parfois est tout autant précieux, mais ce besoin de mettre à plat est resté.
 

Fatigue

Fatigue

Je me sens perturbée ces temps-ci.

Mettre mes photos sur le site de vente m’a donnée une énergie formidable, mettre le lien sur le mur de facebook pour informer mes contacts m’a créé une boule d’angoisse. Je crois que je n’assume que difficilement le prix final pour l’acheteur (le site est cher), quand je ne vais pas moi, toucher tant que ça dessus. Mais je n’ai rien trouvé ailleurs pour l’instant, ce site a semble-t-il bonne réputation.

La grossesse se passait mieux grâce au magnésium, mais les effets semblent s’estomper : les contractions redeviennent violentes et douloureuses, en plus de douleurs inexplicables qui me clouent sur place. J’y vais avec encore plus de tranquillité pour faire les choses, mais soudain l’école de Gnome me semble au bout du monde.

Parce que le gnome ne veut plus aller à l’école (à cause d’un enfant assez violent) ni se séparer de moi une fois sur place, nous allons voir un pédopsychiatre qui a l’air très bien. S’il l’est effectivement, je songe à tenter d’éradiquer ma phobie avec lui pour plusieurs raisons, plutôt qu’avec Dame Mande comme je l’avais envisagé. D’abord parce qu’ainsi je serais remboursée (et vu les finances ce n’est pas un luxe négligeable), ensuite parce que je m’inquiète de tous les liens qui pourraient parasiter nos séances, depuis la « dispute » de Blanche avec elle. Je prends pleinement conscience, soudain, que ce n’est pas pour rien que la neutralité d’un psy est importante. A cela s’ajoute, après mûre réflexion, que je n’ai pas forcément envie moi-même, de connaître des détails de la vie de la personne que j’aurai en face de moi.
Je ne veux pas pour autant blesser Dame Mande, et je ne sais pas trop comment gérer la situation. A voir donc.

Je suis prise d’une folle envie de voyages, à voir des sites de photos splendides de lieu que je n’ai jamais vus.. envie qui vient comme par hasard à un moment où je suis de plus en plus immobilisée. Je m’accroche à notre prochaine sortie (que je ne prévois pas encore pour être certaine cette fois d’avoir l’énergie pour cela), à savoir la serre amazonienne : je sais que cela comblera une partie de ce besoin de partir, tellement on entre dans un monde à part. Il faut juste qu’on arrive à trouver LE jour où on peut faire la sortie en famille, que mon gros ventre soit zen, et que la fibromyalgie me laisse porter mon appareil (pas comme à l’aquarium..).
Et puis un jour.. j’irai en Écosse, en Islande ou à Madagascar (là, seulement si je ne suis plus phobique des huit pattes !) et je ramènerai de magnifiques photos 😀

 

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