Bonheur de la méditation

Bonheur de la méditation

Titre : Yongey Mingyour Rinpoché
 
(..) j’ai commencé à comprendre pourquoi, d’un point de vue objectif et scientifique, les pratiques bouddhistes sont efficaces : parce que les sentiments de limitation, d’angoisse, etc., ne sont que du bavardage entre neurones. Ce ne sont essentiellement que des habitudes. Et les habitudes peuvent être désapprises.

 

Trapèze by Les Elles on Grooveshark

 

Entre deux crises, j’ai l’habitude de faire tornade, les tâches sur les doigts et la maison qui se range. Entre deux crises, je me précipite pour la balayer et faire comme si. Elle n’avait pas été là.
Je rattrape tout le temps qui a disparu. J’épuise mon crédit d’entre-deux, et je replonge dans une crise aussi facilement que le vent dans la plaine.
Je n’ai pas de nounou, pas d’aide à domicile pour m’aider à gérer autrement. Et puis en toute honnêteté, j’ai testé de ne rien faire entre deux.
L’entre-deux se comprime tout autant.

Je suis sur un après-crise. Après. Pas entre.
Je joue avec moi, je joue à faire disparaitre la douleur. J’ai l’impression de clignoter.

Ce matin au réveil, une douleur au coude. Je m’y suis envoyée (faute de pouvoir l’exprimer mieux).
J’ai l’impression de clignoter oui. De m’occuper d’une douleur puis d’une autre, d’en éteindre une quand une autre s’allume ailleurs. Je suis une guirlande à moi seule et ce doit être beau à voir de là haut, ce rouge-douleur qui s’allume et s’éteint et s’allume ailleurs.
Nous travaillons.

J’apprends par la méditation, à travailler avec un dragon.
Je ne tornade pas. Je fais avec parcimonie, ce qui demande à avancer. Je me concentre sur moi, égoïsme re-centré où je m’apprends. Il y a une certaine douceur à se voir être, prendre conscience de soi en oubliant la colère, l’autre, l’inutile, le vide, la lutte, l’excuse, la larme, le mot, l’existence même. De l’autre.
M’ouvrir à moi avant de m’ouvrir à l’autre. N’est-ce pas cela la possible compassion ?

Je pensais exister.
Fermez les yeux, ouvrez les à l’intérieur. Ouvrez-les sur la richesse de votre monde, celui que vous portez en vous, qui dépend de vous.
Il y a des mondes, des peuples, des êtres. Dans le creux d’une seule main.

Je ne suis pas seule.
Je suis complète, légère, tout est sens. Tout mon être avance, travaille, médite, et oh oui prend sens.

Et quand je ne clignoterai plus, ou que clignoter ne me prendra plus toute mon attention..
Méditation de mots.

Je n’ai pas le besoin de tornade, et c’est peut-être ce qui m’impressionne le plus. Oui, le plus, dans tout ce ça.
Vous l’entendez l’espoir dans mes doigts ?
Je m’éveille.

Ce n’est que le début de moi.

Entrez dans la pratique du Qi Gong

Entrez dans la pratique du Qi Gong

Titre : Ke Wen (vidéo)
 
Ecouter votre corps, le cœur paisible, comme un miroir qui reflète le ciel pur.
Dans le calme profond, on arrive à atteindre un objectif plus loin et plus complet

 

En cherchant un texte que j’ai écrit il y a pas loin de 8 ans sur un vieux blog, texte où Blanche a cru que j’avais frappé son frère lors d’une dispute, j’ai trouvé à la place un post sur le Qi Gong.
C’était exactement cela dont j’avais besoin.
Une migraine me tient depuis lundi et rien n’y fait pour la faire passer.. alors j’ai regardé hier soir les vidéos, rapidement. Et ce matin, je me suis lancée avec Hibou qui me regardait, à fait quelques gestes, me disait encore quand cela s’arrêtait.

Tout d’abord, celle-ci ; plusieurs fois. Le temps de retrouver correctement ces gestes que je faisais il y a quelques années avec le prof.
Les tensions ont commencé à glisser.

Et puis celle-ci, pour retirer les tensions dans mes cervicales.

Et puis la première vidéo, puis la seconde, puis la première.

J’ai ensuite tenté cette vidéo là, mais j’ai dû m’arrêter extrêmement vite. Mon challenge va donc être, petit à petit, d’entrainer mes mains aux mouvements. Peut-être que cela les dérouillera, peut-être que cela éloignera les douleurs, peut-être simplement que je retrouverai des mains capables.

Ma migraine est là, sous-jacente. Mon œil droit est à la limite du flou et je sens une différence sur tout le côté droit, comme un masque qui serait posé et n’attendrait qu’un souffle pour être visible. Je la tiens à distance, et miraculeusement je me sens également plus libre, comme si j’avais fait fondre la colère qui venait si vite ces derniers temps.
J’ai retrouvé la légèreté du rire.
Et quand Hibou a jeté un yaourt à travers la cuisine, que LeChat aurait eu besoin de mon soutien moral, que je me suis pris les pieds dans les chaussures (en vrac dans un coin) de LeChat pleines de yaourt, j’ai explosé de rire.
Et savez-vous, ce n’était pas nerveux 🙂

La nuit de l’oracle

La nuit de l’oracle

Titre : Paul Auster
 
Les mots sont réels. Tout ce qui est humain est réel et parfois nous savons certaines choses avant qu’elles ne se produisent, même si nous n’en avons pas conscience. Nous vivons dans le présent, mais l’avenir est en nous à tout moment. Peut-être est-ce pour cela qu’on écrit Sid. Pas pour rapporter des évènements du passé, mais pour en provoquer dans l’avenir.

 

Blanche m’a proposé hier soir, d’écrire chacune sur une lame de tarot. Tirée au hasard ou choisie, l’écriture en échange. J’ai triché, il y a deux lames en réalité : j’ai coupé mon jeu en deux et retourné les paquets.
Ses mots, qui jamais ne se perdent c’est une promesse que je fais ; et mes mots ce matin.

J’ai rêvé de Lutine cette nuit, qui était arrivée à moi en larmes et terrifiée. Il y avait le feu à l’endroit où je travaillais, une sorte de palais, et vous y étiez tous les trois. Et Lutine et moi nous t’envoyions notre énergie par la pensée, te dire de ne pas la chercher, qu’elle était en sécurité.

Les mots, pour se retrouver.

Le tarot celte des arbres

Le tarot celte des arbres

Titre : Liz Murray, Colin Murray
 
La Mer ; Ainsi, considérant la mer, ses profondeurs cachées, le voyage et les liens maternels (..), vous voyagez dans une mauvaise direction, ignorez les racines dont vous êtes issu.

 

Pendant quelques années, j’ai vécu en cité U. C’est lors de la première année que j’ai découvert le tirage des cartes par le tarot, avec un jeu neuf qui n’était pas le mien, en provenance directe de Femme Actuelle (mais visiblement de l’autre côté, ils se moquent du support). Le jour où j’ai dû le rendre à la personne à qui il appartenait, non seulement cela a été douloureux pour moi, mais cela a tué le jeu lui-même. Par une sorte de suicide énergétique, les cartes n’existaient plus qu’en tant qu’objet de décoration.
J’ai donc fini par me résoudre à acheter un jeu de tarot et un livre de significations. Puis d’autres, des deux. Pour le plaisir, la collection, l’enthousiasme.. et ce que je n’avais pas encore compris : je n’avais pas trouvé mon jeu.
J’ai papillonné de tarots en tarots, la tête dans les nuages et les études en boulet attaché au pied.

A la cité U, je me suis fait une réputation bien malgré moi de tireuse de cartes et des gens inconnus venaient parfois me voir accompagnés de vagues connaissances croisées. Certains gênés, la plupart incrédules et riant autant de la demande que de prendre des cartes au hasard comme si c’était l’action la plus ridicule qui soit (nous n’en étions pas si loin).
Ce fut l’année la plus sociable et la plus solitaire.
Toujours, je les prévenais : je ne savais pas pourquoi, mais au lieu de tirer l’avenir je tirais le passé des gens. Ce qui les faisaient encore plus rire, bien sûr, ils me disaient d’accord mais ne me croyaient pas davantage. C’était amusant de se faire tirer les cartes, un truc à raconter en soirée pour se moquer de la fille bizarre du 4è étage.
Ils repartaient la plupart du temps déboussolés, blêmes et m’évitaient par la suite systématiquement.

J’ai fait un site internet, où je regroupais tous les tarots que je rencontrais, avec des photos des cartes. Des gens me contactaient, ce qui a commencé à me peser.
J’ai ralenti le tarot, occupée à me comprendre davantage moi et non les autres, qui restaient des êtres obscurs.
Et puis j’ai arrêté sans vraiment faire attention. Dire le passé aux gens a fini par perdre son attrait, sincèrement.

C’est dans cette période que j’ai trouvé un tarot magnifique, un tarot celte qui manie les lames et les runes, un tarot d’arbres et son alphabet Ogham.. et comme les runes ont une petite tendance à dire le passé elles aussi, ou à défaut, le présent, il était tout indiqué pour moi.
J’ai du faire avec ce tarot, trois ou quatre tirages pas plus. Les vérités qu’il sortaient étaient encore plus déboussolantes que lorsque je tirais le passé avec les autres cartes, parce que ce jeu là tenait dans ma main. Lié à moi, profondément.
Seulement j’avais déménagé, plus vraiment de personnes pour me demander de tirer des cartes, je suis tombée en dépression et puis S. est mort.
Et j’ai laissé dans un coin, tout ça. Tarots, runes, pendule. Tout un carton. J’y ai même une dizaine de tarots jamais ouverts que je cherche à offrir (faites vous connaitre, n’hésitez pas, certains sont très beaux ^^).

Et puis il y a deux jours, j’ai retrouvé ce carton, je l’ai ouvert, j’ai retiré tous les tarots neutres de mon énergie en attente d’être offerts, mis de côté deux ou trois jeux et je n’ai pas pu m’empêcher de tirer une rune, pour le plaisir.
Évidemment, j’ai tiré le passé (proche). Ça ne m’a pas emballée de continuer à tirer le passé, pas emballée qu’on me dise que c’était un mauvais séjour et voyage.
J’en ai parlé avec une amie qui m’a demandé de lui tirer les cartes, pour voir ; ce que j’ai fait avec mon tarot celte.. et là, surprise : j’ai tiré passé/présent/futur. D’après les cartes, elle devrait bientôt être enceinte.

Très curieuse, je me suis tirée les cartes parce que je sais aussi profondément que si ça me revient c’est que je suis concernée.
J’ai tiré là encore, passé/présent/futur.
J’aurais juste dû m’abstenir.

Parce que outre la claque, ce qu’on me dit c’est que je dois découvrir mes racines maternelles (je note d’ailleurs que le tarot se moque éperdument du côté paternel. Ça tombe bien).
Et que ce matin, j’ai fait tomber une carte du jeu, sans le vouloir. Une seule.
Il semble que l’on insiste prodigieusement sur la connaissance du passé et l’écriture.

Mais maintenant, ça tourne dans ma tête.
Et la tête qui tourne, ça empêche d’écrire.

Fleur