Projet anglais carte 1 : Abundant Possibilities

Dans mes pensées, c’était d’une clarté limpide : chaque jour j’allais traduire ce jeu de cartes – il y a peu je parlais de ma phobie de l’anglais – et bien sûr, non, ce n’est pas arrivé, je n’ai rien traduit, j’ai oublié. A la place j’ai combattu une horde de puces sauvages, c’était quelque chose aussi, certes. Il semble d’ailleurs que nous avons gagné jusqu’à la guerre, même si une puce survivante a tenté de nous faire croire que jamais, elles ne périraient. Depuis, un silence entier nous submerge, elles ne parlent plus. Et je me suis allégrement perdue dans le dessin – j’ai même dépensé une somme folle pour peindre avec des crayons.

dessin roseaux libellules
J’ai tenté le scan, après la photo ratée..

Il va bien ma falloir accepter l’idée : ce dessin ne veut pas rendre à l’écran, il est sincèrement plus joli dans la réalité.
[Et évidemment, je parle d’autre chose, je suis partie sur un autre chemin que l’anglais]

Et alors donc, j’ai traduit ma première carte il y a une éternité et le projet n’a pas avancé d’un pouce.
Voici les cartes, et ma traduction du sortilège :

carte anglais abondance

carnet carte



 

Dans un sens comme dans l’autre,
La sagesse de la Mère doit circuler librement.
Pour en laisser la possibilité, je lâche-prise.
Qu’il en soit ainsi

 

Autant je suis sûre de moi pour la traduction de la carte, autant le sortilège –enfin, si on peut l’appeler ainsi, c’est un bien grand mot mais voilà, il me plait – m’a donné quelque fil à tordre dans tous les sens envisageables –et non « retordre », car il aurait fallu pour cela que je l’ai déjà tordu une première fois. Alors.. si une bonne âme parfaitement bilingue voulait bien me dire si j’ai juste, si j’ai tort, si je peux faire mieux.. qu’elle me le dise avec gentillesse ? 🙂

 

Le projet maison, d’un rêve à un autre

J’avais commencé à raconter, il y a quelques jours, ce projet maison un peu mouvant.
Je reprends.

Nous avons ce projet de maison, dans le Sud ensoleillé, possible par le cadeau de mes beaux-parents : il nous offre 400 m² de leur terrain.
Nous acceptons pour plusieurs raisons – ordre aléatoire, liste non exhaustive :

. L’accès à la propriété dans le Sud nous serait impossible sans ce don
. La chaleur, mon corps en a besoin pour vivre et arrêter de survivre en pleurant sous le froid et les douleurs
. Retourner dans le sud, c’est se retrouver proche de personnes que nous aimons, notamment Reno. L’amitié manque, à distance
. Nos enfants verraient vraiment leurs grands-parents
. Je pourrais parfois bénéficier d’une relève
. Le grand-père a des milliards de choses à leur apprendre, dans des milliers de domaines (dont : comment gérer sa surdouance)
. Nous aurions un jardin très grand – tentative d’autosuffisance

Nous sommes passés par beaucoup d’étapes, dans notre tête et sur le papier. Nous avons songé à une Earthship et les différentes déclinaisons de cette maison de hobbits. Nous avons pensé paille, pneus, bouteilles dans les murs. J’aurais bien vu une maison dans un arbre, mais cette fois j’avais poussé un peu le rêve trop loin et je suis revenue sur terre. Nous avons envisagé le toit végétal, la récupération d’eau de pluie, le chauffe-eau solaire, des matériaux de récupération.
Du temps a passé.
Les différents plans aussi.
On a dévié, sans s’en rendre-compte.
Je me suis sortie du projet.
J’étais fatiguée.
Je n’ai pas vu exactement ce qu’il est passé pour que je m’éloigne. J’ai recommencé à avoir de mauvais rapports avec mes beaux-parents, j’en ai déduis que je craignais d’habiter à 10 mètres de chez eux, et le projet je ne me suis plus investie. J’ai fui. J’ai dit un peu oui à tout, j’ai insisté tout de même sur la pièce dont j’avais besoin pour me retirer, je ne l’ai pas vraiment eue et je suis partie encore plus loin du projet. Je ne voulais plus déménager, construire, habiter là-bas. L’angoisse est arrivée, au détour d’un plan. C’est une belle maison, vraiment. Avec une verrière et deux salles de bain. J’avais obtenu un puits de lumière dans l’une d’elle, parce que j’étouffais à l’idée d’être dans le noir, mais LeChat avait rechigné bien qu’accepté : plus de frais. Mes exigences sur cette maison avait pourtant été raisonnable : un coin à moi et un puits de lumière. Je n’avais pas été pénible. Je ne comprenais pas la cuisine au milieu de la maison, j’avais bien tenté de dire que tout de même cela me faisait étrange, mais j’aimais bien aussi les murs en verre qu’il projetait et puis il s’agissait finalement d’une grande envie de LeChat et je la lui ai laissée.

projet maison plan

J’avais lâché la maison et récupéré toutes les angoisses de la terre : je ne voulais plus y aller. Considérant les soucis relationnels que je peux avoir de temps à autre avec ma belle-famille, la cause m’a semblé très facilement identifiable..

Après des mois et des mois de travail –une année, exactement -, les plans ont été envoyé à une entreprise d’ossature bois et à un électricien. Nous avons attendu les devis. Il aura fallu trois mois et demi pour obtenir celui de l’entreprise : 125 000 euros (35 000 de trop pour la banque), et nous attendons toujours celui de l’électricien –nous en sommes à 5 mois, nous n’attendons plus, évidemment.

Au départ mon mari s’est agacé, il a tourné un peu en rond. Il avait besoin que ça avance. Il a relancé. Une fois, deux fois. Cinq fois. Par mail, par téléphone. Aucune réponse. Il a lâché, il a décidé de chercher quelqu’un d’autre et il s’est apaisé. Il est reparti, assez tranquille.

Et là, j’ai tout mis par terre.

Reno était à la maison, nous discutions. Et j’ai essayé d’expliquer que je ne me sentais pas à l’aise. Je n’y suis pas arrivée, parce que dans ma tête rien n’était clair. J’ai commencé à parler de la maison j’ai dérivé toute seule sur notre pagaille ils ont réussi à débroussailler un besoin de « moins de choses quoi ! ». C’était parti pour le moins-de-choses-quoi, et on a viré toutes nos assiettes, verres, tasses. On a gardé quatre de chaque, couverts compris. Je me suis sentie mieux, c’était ce dont j’avais besoin, me disais-je. Reno est parti et nous avons continué un peu. Juste un peu. Cela me convenait, je n’étais pas pressée. Je ressentais toujours ce stress, en moins fort.

LeChat a reparlé de la maison, des plans, de l’agacement de l’électricien et de sa réflexion sur le sujet : il tenait l’idée du siècle, il allait construire la maison lui-même et pour ça nous allions d’abord construire une cabane de 20m², on allait y dormir/manger/vivre le temps de la construction. Et ensuite, on détruirait le cabanon.
Mes mots sont allés plus vite que ma pensée.
Je lui ai répondu « mais moi je veux bien y vivre tout le temps, dans la maison de 20m², je n’ai pas besoin de la grande ».

Voilà.
C’était dit.
C’était enfin dit.
Je tenais le bout de mon angoisse depuis une année : je ne souhaite pas une grande maison. Ce dont j’ai besoin, c’est de retirer 75% de nos possessions. Épurer. L’espace, l’air, la visibilité. Et si je retire tout, quel besoin d’une grande maison ? Ce qu’il me faut c’est une toute petite maison, avec un tout petit peu des choses dedans.

LeChat, qui avait passé une année à faire des plans sur ordinateur comme un architecte professionnel, à voir comment agencer chaque pièce pour que l’ensemble soit bien spacieux, à glisser une deuxième salle de bain dans notre chambre, à réfléchir comment nous allions nous sentir bien dans tout cet espace, à prendre rendez-vous avec une entreprise d’ossature bois sur notre temps de vacances en Espagne, à attendre les devis et à s’agacer de leur lenteur, ce même homme m’a regardé avec de grands grands yeux durant une minute. Et puis il a dit : ok.

Voilà. C’était tout. C’était grandiose.
Je me suis remise à respirer.
Dans l’après-midi, il avait refait tous les plans à la main.

maison dessin projet maison
Avec un espace couvert sur le côté gauche, un étage, le prunus désormais sauvé
et du coup, on ne fait pas ça non plus

Il a commencé par une mezzazine, pour les enfants. Trois heures plus tard nous avions tout refait, c’était un étage. Huit heures et du sommeil entre et nous avions tout mis au rez de chausséeje ne pourrai pas monter les escaliers toute ma vie. Et ce qui m’a tout de suite sauté aux yeux, c’est que j’avais l’envie de m’investir vraiment, j’étais bien là, dans l’instant présent, à vouloir cette maison, à vouloir déjà y être, à avoir mille idées.

Oui, voilà. Nous avons une nouvelle maison à présenter, à construire. Ce ne sera pas une tinyhouse – sur roues, 15m² – mais une petite maison passive, tout de même, avec un système de récupération d’eau – fini les bidons à porter. Au sol, 35m² environ. Les trois chambres vont être les plus grandes, elles se partagent 9m² chacune. D’abord parce que nous avons un futon immense et que nous voulons le conserver, ensuite pour que les enfants ne se sentent pas trop à l’étroit, que ce ne soit pas uniquement un espace pour dormir, :mais aussi pour y dormir, pour que ce soit « leur » pièce.

Cela ne semble pas comme ça, mais nous avons aussi calculé la possibilité de recevoir pour manger : à l’intérieur deux personnes de plus et dehors autant que nous le souhaiterons.

Et en attendant, nous vidons notre appartement. Le vélo d’appartement a été vendu, le lave-vaisselle donné. Dans notre entrée s’entasse tout ce que nous avons retiré de la cuisine, et ce sera déposé lors du vide-grenier de dimanche, pour que les personnes intéressées se servent. Nous avons un travail immense en chantier, et sincèrement, entre vous et moi, j’adore ça !

Le projet 2018

Évidemment je me suis levée sur un rêve très parlant, ce matin. Il m’a parlé si fort, je l’ai encore devant les yeux. Je me tenais sur un escalator descendant, et je devais marcher sur les mains, en bas de cet escalator, sans me blesser les doigts, l’image est revenue encore et encore, je m’empêchais d’accéder au sol, d’accéder, j’avais peur de la descente qui arrivait si vite, peur de poser les mains et de ne pas y arriver, peur de marcher la tête en bas et de me faire mal, si mal. Je me suis réveillée sur ses mains non-posables et cet escalator en mouvement.


ܟ


Le projet 2018 : m’occuper l’année qui vient. Occuper mes mains, mon esprit créatif, ma plume.
Dans les premiers jours de janvier, j’aurai écrit durant une année sur les 366 réels. Et c’est une drôle d’aventure que celle-ci. Il y a quelques trousil y en aura d’autres -, je les comblerai peut-être. Pas forcément. Et je ne suis pas certaine d’avoir l’envie de recommencer à écrire ainsi sur une année, bien que cela m’apporte beaucoup. Et justement il m’oblige à venir écrire chaque jour et j’adore : alors je voudrais mettre en place un autre challenge, un peu fou sur les bords – à l’intérieur aussi. Le voici :
 

🌼 1 – Une couverture


Je souhaiterais créer une couverture en patchwork (pour une personne), avec des carrés que vous m’envoyez –dès à présent ou en partie avant la fin de cette année, que le projet puisse être viable -, 360 carrés pour tenir l’année, une couture par jour. Le chiffre n’est pas exact, ni 365 ni 366 ne donnait quelque chose de correct pour coudre, j’ai donc opté pour 360. Comme il me faudra ensuite l’assembler avec une doublure (un fond), les cinq jours restant seront de toute façon bien utiles.
Donc.

J’ai besoin de :
. carrés de 8*8 cm (soyez chouette, je ne souhaite pas redécouper 360 carrés pour bien ajuster, donc 8*8 pas plus pas moins)
. tissus en coton, solides (de préférence neuf)
. à la rigueur, tissus en velours si assez fin et non-extensibles
. tous les motifs possibles, toutes les couleurs que vous aimez

Ils ne doivent pas être transparents, extensibles, usés, trop épais (pour l’unité de la couverture).

Vous pouvez en envoyer plusieurs, ils peuvent être identiques (retrouver le motif dans la couverture sera très beau) ou non.

Quelques soucis ?
. Si vous souhaitez participer mais n’avez pas de tissus à envoyer, penser à demander à une personne couturière de votre entourage, peut-être ?
. Il y a l’option échantillons, à demander sur les sites de couture (trouvé par Lizly). Chez tissusnet ils fotn entre 8 et 9cm
. Si le nombre de carrés devait, pas extraordinaire, dépasser les 360 reçus, je n’utiliserai pas tous les tissus envoyés par les personnes en ayant offert le plus, ceci afin d’équilibrer –mais il y a bien trop de marge pour que ça arrive je pense.
. Si, encore plus extraordinaire, le nombre de carrés reçus devait atteindre 720 (soit le double), je ferai alors soit une couverture pour deux personnes, soit deux couvertures – vous déciderez le moment venu.

 

🌼 2 – Un mot


Dans votre enveloppe, vous m’envoyez un mot par carré de tissu.
J’utiliserai un de ces mots pour le broder sur l’un des carrés envoyés. La couverture aura donc, disséminée un peu partout, un début d’histoire, un mot choisi par vous et moi, brodé sur votre carré de tissu.

S’il devait y avoir des doublons – et il y en aura, forcément – je choisirai parmi les mots reçus pour que chaque mot brodé soit unique.

J’ai besoin de :
. un mot par carré
. un mot doux, agréable, bienveillant

Les mots ne doivent pas être neutres comme par exemple un objet (ex : table), le but est de créer une couverture joyeuse, bienveillante, douce. Le monde manque de tous ces gestes, je souhaite participer, à ma mesure.

 

🌼 Ce que cela va m’apporter


. Avec le mot brodé, j’écrirai une histoire. Si je suis inspirée et surtout s’ils s’y prêtent, j’inclurai également les autres mots contenus dans votre enveloppe.
Un envoi de tissu équivaudra donc à une histoire.
. Si le résultat s’y prête – comprendre, si l’auteur que je suis est satisfaite, ou si mes relecteurs me martèlent qu’ils sont parfaits – j’irai jusqu’à l’auto-publication de ces histoires, que vous pourrez vous procurer en livre papier – joli prétexte pour tester ce côté de l’édition.

 

🌼 Ce que cela va vous apporter


. Un mot choisi par vous, brodé sur la couverture
. Une histoire : je ne souhaite pas vous prendre en otage avec cette histoire de publication. Votre histoire vous sera envoyée (par mail très certainement).
. Un livre à acheter pour ceux qui le souhaitent (ou toutes les histoires publiées ici, selon)
. Vos noms en remerciements, dans le livre (si vous acceptez)
. La couverture, pour l’un d’entre vous tiré au sort

Je vous demanderai de la patience, d’abord parce qu’il me faudra bien une année pour venir à bout de ce projet – l’écriture, cela demande du temps, ensuite parce que je vais devoir composer, vous le savez, avec ma santé et les particularités de Prince. Entre les crises de cet enfant, le fait de toute façon d’en avoir deux (ça occupe bien aussi), les luxations et les déchirures musculaires, j’ai de quoi faire régulièrement pour occuper mes journées. Il arrivera peut-être que je doive repousser un peu dans le temps, la finalisation de ce challenge. Dans tous les cas, il verra le jour !

 

🌼Je récapitule ce dont j’ai besoin :

. un envoi par foyer

. un carré de 8*8 au minimum (pas de maximum), identiques ou non
. un mot par carré envoyé, obligatoirement bienveillant ou doux (pensez vous comme une marraine-fée/parrain-fée)
. votre adresse mail (servira uniquement à l’envoi de la nouvelle ou micro-nouvelle, et au tirage au sort)
 

Alors, tenté par ce « projet 2018 » ? 🙂

couverture patchwork projet 2018
Couverture patchwork de poupée, pour ma filleule

 
 

(Bleu à l’âme, alors) 5/52 photo project – bleu


bleu

 

tasse de thé carte théière bleu


 
C’est une couleur timide, elle se noie sans le dire. Elle a une tonalité particulière, absente et céleste. Délicate. C’est l’évasion par le fond. On entre dans le dialogue hésitant entre invisibilité et méditation, le vide apparent s’ouvre dans le bleu de l’âme et on y sombre sans saveur. Il ne m’inspire rien, je pense bleu et je ne vois que mes lunettes d’enfant qui m’avaient valu en 5èm un surnom dépressif à souhait : Schtroumphette. Je m’habillais de bleu, mes lunettes étaient bleues, mes yeux étaient bleus… les surnoms proviennent souvent d’une médiocre observation. Mes vêtements m’étaient donnés, mes lunettes étaient choisies par ma mère, ce n’était pas par plaisir, par choix, par envie. Un gamin m’a dit Toi tu aimes beaucoup cette couleur, c’est ta préférée non ? et j’ai découvert qu’il était possible d’avoir une préférence pour une couleur, que je les aimais toutes à l’exception du rose et que le bleu pouvait bien faire l’affaire.
_ Quelle est ta couleur préférée ?
_ Le bleu.
J’aurais même pu y glisser une note condescendante ça se voit tout de même.
Le sommeil m’y a attrapée. Je crois que le bleu me tuait, creusait mes cernes, il coulait sur mes joues : le chagrin est bleu, ne le saviez-vous pas, il a ce reflet invisible et tenace de la dépression – cet inachevé là qui se noie sans le dire, sans le moindre bruit.
Il m’a fallu attendre d’avoir vingt-quatre ans pour m’apercevoir que j’aimais le rouge dans toutes ces profondeurs, que j’entrais dans ma préférence véritable, que j’existais, que le bleu gelait mes pensées.

Il y a sans doute trop de bleu dans ma vie, pour que je ne sache plus écrire des histoires. J’en suis d’une tristesse infinie.

Je me demande. Y a-t-il du bleu en toi ?
 

Sur une idée de Yellow Cat