Bilan projet 3 : Lire un livre

Suite à mon projet de lire un livre dans ma semaine, le temps s’est étiré et j’en ai finalement lu deux (en vrai davantage mais je ne suis pas capable d’en parler des heures même si j’ai une tasse de thé entre les mains. Alors deux est un chiffre honorable pour faire oublier que cela fait une semaine que j’aurais du m’y atteler).
Ce projet m’a relancé dans la lecture, ce temps précieux de détente : c’était le but recherché, je suis heureuse d’y avoir réussi.
 

  • Les années, Annie Ernaux
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    les années annie ernaux

     
    Un livre qui se languit d’impersonnalité, rythmé sur le « on » qui met à distance émotions et personnages, qui met à distance ces photos qu’elle étale au rythme des années, du temps qui passe. Elle les décrit comme un paysage mort, et je me suis sentie incapable d’adhérer au style. Sans émotionnel, je ne sais pas être dans un livre. Ce « on » dépersonnalise à outrance jusqu’à l’envie de lire : c’est pesant.
    Au vu des autres critiques, il semblerait que je passe à côté de l’essentiel.. je répondrai simplement qu’on ne cherche pas tous la même chose dans une lecture.
    Je n’en retiens pratiquement rien, sinon quelques formules très plaisantes trop peu souvent parsemées entre les pages – car oui je me suis ennuyée :

    « Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais. »
     
    « Nous étions débordés par le temps des choses. »

    Navrée de n’avoir su adhérer au style, l’instant peut-être n’était pas là.

    Note : 2/5

     
     

  • Mille femmes blanches : Les Carnets de May Dodd, Jim Fergus
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    mille femmes blanches jim fergus

     
    J’ai entamé la lecture d’un autre livre de l’auteur, « La fille sauvage« , mais le style ne me plaisait pas. Je n’arrivais pas à m’intéresser – pourtant le sujet me parlait. Je l’ai mis de côté et j’ai entamé son livre le plus connu et encensé, « Mille femmes blanches ». J’y ai malheureusement retrouvé le même souci de style d’écriture. Je me suis cette fois obstinée, et j’ai commencé à accrocher quand l’asile fut quitté pour les grandes plaines : le véritable début de ce livre.

    Jim Fergus part d’un très vague fait réel : la rencontre entre le président Grant et le chef de la tribu Cheyenne Little Wolf en 1873 (et non en 1874 comme il est dit dans le livre ; erreur du traducteur ou de l’auteur ?). De cette rencontre, l’on ne sait rien. L’histoire du roman débute donc là, fictive. Little Wolf propose l’échange de mille femmes blanches contre mille chevaux, afin d’assurer la survie de sa tribu, un moyen de mettre fin aux guerres incessantes entre les deux civilisations. Si la proposition est refusée au premier abord, elle est acceptée ensuite en secret. Ainsi partent une centaine de femmes (prostituées, prisonnières, aliénées,..) chez les « sauvages » : elles n’ont rien à perdre.

    May Dodd est donc celle que nous suivons de l’intérieur puisque nous lisons son journal. Ce style narratif ne m’a pas interpellée, voire même il m’a agacée. Les lettres qu’elle écrit soit-disant à son ancien amoureux, sa sœur ou ses enfants me semblent sans intérêt pour la lecture. Il semble qu’elle cherche à choquer sa sœur ou à faire culpabiliser son ex, et c’est fort peu agréable. Des invraisemblances ponctuent le discours : je doute qu’en 1875 une jeune femme catholique ait eu le cran de se mettre en ménage sans se marier, je reste perplexe sur le personnage de Martha qui par amitié va quitter son emploi et partir elle aussi en terre inconnue alors qu’elle a peur de tout (il manque l’essentiel de leur amitié, dans ces pages, pour expliquer et comprendre le geste). May passe plusieurs années dans un asile, placée par sa famille. Elle devrait être brisée par les traitements subis, elle n’a pas peur pourtant et tombe même en chemin, amoureuse d’un autre homme avant de choisir la voie du devoir : aller jusqu’au territoire des Indiens. Ses états d’âme m’ont parfois tiré des soupirs, elle s’adapte tellement vite que le choc des deux civilisations n’est pas exploité, ni les avantages ou les inconvénients : un regret qui me reste.

    Les personnages sont relativement caricaturaux et sans surprises : les soldats sont bêtes et méchants, les américains sont certes civilisés mais méchants, les Indiens sont sauvages mais sages, l’alcool rend les indiens sauvages, dépravés et violents, les femmes n’existent pas, n’ont pas le droit de parler ou de se battre (à part l’une d’elle.. ce qui m’a laissée perplexe quant à la possibilité véritable de tout ceci). C’est fort dommage, un mélange aurait gagné en saveur. Jim Fergus ne l’aura fait que sur un instant inconcevable d’une rare violence et ce passage m’a marquée plus que le livre dans son entier pour cette raison : rien jamais, n’est blanc ou noir.

    Les péripéties, parfois surréalistes enlevant une crédibilité bien dommageable à l’ouvrage, sont narrées d’une manière souvent brute et inintéressante, qui laissent le lecteur sur le bas-côté.
    Un exemple :

    Mais avant de retomber mort sur la jeune femme, il réussit dans un dernier souffle à l’égorger et toute vie disparut des yeux de ****. Terrible instant.

    Moi dans ce passage (« terrible instant » ?!), j’ai pris l’information mais n’ai ressenti aucune compassion : l’auteur, par ses mots froids, m’a retiré l’émotion de sa mort. Le livre est ainsi fait qu’il lui manque la dimension émotionnelle – 90% des auteurs oublient cette dimension là, ce n’est pas spécifique à Jim Fergus. J’ai besoin de vibrer pour aimer – ce qui dérange particulièrement vu le milieu différent, aux abords hostiles, chez les Indiens. Pas un mot sur le choc pourtant inévitable sur les différences dans la manière de vivre, d’être.

    Bien que particulièrement intéressant – allez savoir pourquoi les Indiens d’Amérique me passionnent – ma lecture a été parasitée par un mot revenant pratiquement à toutes les pages : les « sauvages ». May Dodd, mariée, enceinte, intégrée, continue de les appeler les sauvages au fil de ces pages d’écriture jusqu’à la fin, ce qui a eu le don de me crisper et donc de gâcher le livre.

    Une dernière incohérence – dont je parlerai, mais il y en a d’autres – je n’arrive pas à admettre comment May a pu écrire la fin de son journal. Je ne veux pas spoiler aussi j’en dirai peu, je reste simplement sur une impossible qualité littéraire telle qu’elle a été rendue par l’auteur.

    Malgré tout j’ai aimé lire ce livre. Plus que tout, ce sont ces paysages, la beauté de cette nature aride, cette terre ancienne offerte à mes yeux qui m’a emmenée et agrippée, page après page. Cette vie simple en accord avec la nature m’a parlé en profondeur. Le rythme est relativement lent, réveillant en moi l’envie de voyage.

    Nous sommes dans la confrontation de deux mondes, la perte d’une identité, la disparition de la liberté.. nous assistons dans ce livre, aux derniers jours d’un Peuple. Et quels que soient les défauts, nombreux, de ce livre, cela fait mal.

     

    Les Cheyennes croient que toute chose ayant eu lieu quelque part – chaque naissance, chaque vie, chaque mort – s’y trouve toujours, de sorte que le passé, le présent et l’avenir cohabitent éternellement sur terre.

    Note : 3,5/5
     
     
     
     

    Projet 3 – Lire un livre

    fete des meres
    Fête des mères – Prince

     

    Pour rappel, les projets de l’année sont ici.

    Récemment j’ai réussi l’exploit incroyable de lire un livre, directement sur l’ordinateur pour une fois – flemme quand tu nous tiens. J’en ai fait une critique que je n’ai pas retranscrite ici, suite à un défaut majeur dû à la narration même : il ne m’a pas transcendé.
    Alors certes, il n’y a pas de quoi en faire un post, par contre il m’a redonné l’envie de ces instants où l’on se perd dans la lecture. L’écriture fort laborieuse dans laquelle je me suis lancée me laisse un goût d’inachevé inévitable : il me faut me nourrir.

    Trois jours ont passé, et je n’ai toujours pas eu le temps de me plonger dans un livre.. mais qu’est-ce qu’on fait de nos vies à part courir ? J’en ai conclu qu’il allait falloir pousser un peu du temps – le titre précédent s’inspirait de ce temps qui disparait tant l’on échappe sa vie de mille façons – et je me propose donc de lire un livre dans la semaine.

    Je n’ai pas la moindre idée du livre – en même temps ce n’est pas comme si j’en manquais. Si vous avez des suggestions, je prends tout de même 😉

    Bilan ici

    Bilan projet 2 – boite mail

    scarabee fleur jaune

     
     
    Beaucoup trop fatiguée hier, j’ai abandonné l’idée de faire le bilan du projet mail et de lancer le suivant. Je répare donc, mais je crois que je traine un peu la chose la tête à beaucoup d’autres creux et pleins.

    Il m’a bien fallu la semaine, à ma décharge j’ai voulu relire presque chaque mail et j’ai fait du tri dans la maison, mais les deux boites mails ont bien été vidées. J’ai encore quelques tris à faire concernant deux listes (factures et inscriptions), et j’aurai terminé. Chacun de mes projets semble définitivement devoir déborder sur les semaines qui suivent, et je ne sais définir si je suis lente ou si cela demande simplement un investissement temps plus conséquent. Je crois qu’il serait bon que j’apprenne à faire une chose à la fois et d’arrêter de me disperser dans de multiples tâches – un projet à lui seul, je le crains.
    Je pense que je vais prendre le temps d’aller au bout, avant de lancer un troisième projet.

    J’ai donc lu et mis en poubelle une correspondance autant vieille que récente, les débuts datant de 2003. L’unique finalité était écologique à ma petite échelle, et je ne m’attendais pas quand je m’y suis lancée à ce que ce tri referme des portes passées. C’était un nettoyage très intérieur, pas uniquement des octets à libérer. J’ai dit au revoir à bien des personnes et c’est en moi que j’ai libéré de la place. J’ai senti couler des larmes, laissé partir des amitiés, souri à des souvenirs, aimé ceux que vous étiez, redécouvert des personnes depuis longtemps oubliées.. mon cœur s’est serré une dernière fois sur certains mots.
    Et puis j’ai supprimé ce qui a compté, ce qui a pesé, ce qui a été. Je n’ai gardé de chacun de vous que le souvenir de ma mémoire et cela ne suffira pas bien sûr, cela ne suffit jamais. Alors j’ai envoyé à chacun tout mon amour, toute mon amitié, parfois un peu de tristesse.

    Un bilan particulièrement positif, là où je ne l’attendais pas.

     
     

    Projet 2 – La boite mail

    lecture

    Pour rappel, les projets de l’année sont ici.
    Les mails ont remplacé le papier, les courriers dans la boite aux lettres.. j’en ressens à la fois un regret particulier – que c’est doux de recevoir entre ses doigts, les mots d’un ami – et un certain bien-être – je ne stocke plus des tonnes de papiers.

    Pourtant même cette boite mail s’encombre. Nous nous en rendons moins compte puisque ce n’est pas tangible : il est temps de faire le vide. Suite à cet article lu il y a quelques semaines sur le site Idecologie (« des idées chouettes pour la planète »), je suis arrivée à la conclusion que ma boite était catastrophiquement remplie et qu’il était temps d’y mettre un terme : je ne relirai jamais.
    Pour davantage d’information sur l’empreinte écologique en question : LeMonde et Bastamag (et bien d’autres, n’hésitez pas à chercher).

    La tâche de la semaine
    (copié-collé de l’article d’Idecologie) :
    1. Supprimez vos mails au fur et à mesure
    2. Désabonnez-vous du superflu (Refusez les newsletters auxquelles vous ne vous êtes jamais abonné-es)
    3. Utilisez la copie conforme avec modération (envoi multiple)
    4. Envoyez des pièces jointes légères
    5. Mettez en place un filtre anti-spam

    De mon côté, il va surtout s’agir de supprimer tous ces vieux mails datant pour certains de 2003, puis me reconnecter à une vieille boite que j’utilise vaguement pour y supprimer les mails et la-dite boite. Du travail en perspective !
    Et puis s’il me reste du temps d’ici dimanche prochain, je reprendrai mon grand tri ^^
     

    Edit : bilan du projet boite mail
     
     

    Projet 1, la Outbox : bilan

    champs de coquelicots
    Une dizaine de jours ont passés depuis le premier projet lancé, la outbox – petit rappel ici. Je suis donc censée en faire un bilan à tout le moins enthousiaste.. Cela aurait été, si j’avais pu y consacrer un minimum de temps – du style un peu tous les jours.

    Je n’ai que très peu avancé dans ce projet, la faute au temps, à l’amitié et à mon absence de la maison. J’ai reçu Blanche, je suis partie à Montpellier, nous avons fêté l’anniversaire de LeChat puis de Prince. Dimanche est là depuis ce matin, et je n’ai pu m’occuper de ce projet qu’à peine deux demi-journées – mes placards rigolent bien.

    Malgré tout, j’ai observé un phénomène intéressant : j’ai trié, jeté, donné, sans que cela passe par cet espace Outbox. De savoir que j’allais devoir faire un choix sept jours plus tard, je l’ai fait immédiatement. Et sincèrement, c’est vraiment davantage ma façon de fonctionner : les affaires qui trainent dans un coin, ça a le don de m’exaspérer.

    Bilan :
    – la moitié du maquillage (offert à Blanche. Reste deux eye-liner (un neuf, un entamé), deux mascaras (idem), deux fards (deux couleurs), un verni transparent pour le DIY)
    – un peigne, un chouchou, des piques à cheveux, etc (donnés)
    – une dizaine de vêtements (donnés ; il m’en reste cinquante-cinq hiver/été confondu (sans compter chaussettes et slips), pourtant j’ai l’impression que c’est encore trop)
    – la moitié de la penderie de Prince (de côté pour Hibou, jeté si troué, ou donné)
    – quelques médicaments pour la pharmacie
    – un tissu couture (donné à Blanche)
    – quelques livres à vendre

    Ce n’est guère glorieux, mais je compte continuer au fur et à mesure des semaines qui viennent, en prévision du possible vide-grenier de ma ville.