Rentrée.. à reculons

Nous avions rendez-vous ce matin, avec le directeur de l’école maternelle. La rencontre s’est bien passée, sans être extraordinaire pour autant. Il fait également cours en moyenne section, ce qui
ne nous concerne pas cette année. Nous avons par contre, par un heureux hasard, fait la connaissance de sa maitresse, et eu la chance qu’elle l’emmène avec elle dans sa classe.
Il a pu jouer un petit peu, tout seul bien sûr, parler avec elle.

 

Je ne suis pas emballée. Pire, je vais lui confier mon enfant avec d’énormes craintes. En 15 minutes elle lui a déjà dit 3 fois « tu as toujours raison toi », elle est sévère (le ton employé est
atroce) et m’a l’air d’avoir besoin de briser pour se faire obéir. Elle l’a repris sur le mot chenille, lui disant « un coup tu le prononces bien un coup pas (« senille »), ça ne va pas c’est
chhhhheee ». Je la trouve.. désagréable.

Jamais je n’aurai autant regretté ne pas pouvoir lui payer Montessori.

 

Je suis effrayée, et je ne sais pas comment ne pas le transmettre à mon fils..

Soit ça se passera mal et on le retirera, soit ça se passera bien pour lui et il va se faire formater ce qui me rend malade.

 

Ajoutons une angoisse supplémentaire : l’école, c’est aussi l’après-midi. On peut l’amener après la sieste des petits, soit à 15h, mais il devra y aller dans tous les cas et je trouve que cela
fait beaucoup. Mais le problème que je vais rencontrer est purement physique : comment vais-je pouvoir monter et descendre autant de fois mes escaliers.. ?

 

Une rentrée.. pas prévue

Nous n’avions envisagé que l’école à la maison, et de très très loin nous regardions vaguement, l’année dernière, à inscrire notre fils au cas où. Cette année on a oublié, et la cousine du Gnome
va faire sa rentrée en maternelle. Et comme les deux enfants se voient tous les jours ou presque, on a pensé à soit ne plus voir la demoiselle soit inscrire notre fils en urgence à l’école pour
ne pas soudain être débordés par un « moi aussi je veux aller à l’école » qui ne manquera pas.

 

Donc.

La mairie a accepté exceptionnellement de faire l’inscription le matin, alors que ce n’est ouvert que l’après-midi (mais mon mari est en stage à ces moments là et moi.. je peux
difficilement sortir). Ca aurait techniquement dû être fait en mars !

Rendez-vous est pris avec l’école ce jeudi. La voix du directeur est tranquilisante.

Papiers en main, je réalise que je suis incapable de relire l’écriture du pédiatre, je n’ai aucune idée si ses vaccins sont à jour (mais à priori oui..). Je vais devoir laisser
se débrouiller le directeur de l’école avec le carnet de santé, en croisant les doigts.

Nous ne sommes pas prêts. Gnome ne veut pas y aller, mais accepte le RV de jeudi.

Nous n’avons même pas de cartable. J’ai 6 jours pour en coudre un.. je ne panique pas du tout.

Je n’ai aucune idée de comment je vais pouvoir, deux fois par jour, descendre puis remonter mes escaliers pour l’accompagner à l’école.

 

humph..

 

pas prête pas prête pas prête

 


Laisser pleurer.. quitte à être jugés

Suite à des commentaires fort intéressants d’un article (sur la violence) qui l’était tout autant, je me suis lancée sur un sujet qui me tient à cœur et que je vais reprendre en ces lieux :
laisser l’enfant pleurer toute sa frustration, son stress, sa colère, son désespoir, sa détresse. Des heures. Jusqu’à ce qu’il ai tout évacué. L’accompagner jusqu’au bout, ne jamais le laisser
seul..

 

On m’a déjà répondu « l’enfant a un moment, ne sait plus s’arrêter et s’auto-entretient, alors je coupe tout« . C’est à la fois vrai et.. faux. Effectivement il arrive que
l’enfant se remette à pleurer quand on croyait en voir le bout, qu’il se force et reparte pour une heure de crise.. mais c’est qu’il avait encore en lui, des choses à sortir. Il y a quelques
semaines mon fils (première crise depuis bien un an), a qui je disais « ne te force pas tu t’étais arrêté ! » m’a répondu entre deux larmes « mais j’ai besoin maman ».. Alors je suis repartie pour
une demi-heure d’accompagnement..

 

Et c’est.. terrible. Il est rare que je ne finisse pas moi-même en crise de larmes, tellement il m’est difficile de voir mon fils pleurer, hurler, donner des coups de pieds (qui sont des spasmes
incontrôlables de sa part). Il m’est très dur de recevoir ses coups qu’il me faut éviter pour ne pas hurler moi-même (maladie de m****), très dur d’arriver parfois à le maintenir pour qu’il ne se
cogne pas, très dur de ne pas arriver à le calmer, très dur de me sentir si impuissante face à sa détresse évidente.

 

La plus grosse crise que nous ayons eu à gérer a duré 4 heures, et c’était l’une des premières. Le plus dur étant qu’on avait la sensation d’être de très mauvais parents, à laisser pleurer ainsi
et à ne pas arriver à calmer notre propre enfant.. Et puis je ne sais plus qui en a parlé en premier, mais cela nous fit du bien de parler de cela avec des amis, LN et Feul, nous parlant d’un
livre qu’ils avaient lu sur ce sujet.. on s’est senti bien moins seuls et pas sur un mauvais chemin. Honnêtement, les résultats observés nous ont rassurés également..

 

On oublie trop souvent que les petits bouts n’ont pas le langage, ne savent pas encore parler ou pas suffisament, qu’ils n’ont pas grand chose à leur portée pour exprimer tout ce qui leur pèse.
Et ne vous leurrez pas, être un enfant, c’est très dur.

Je ne dis pas que c’est la solution.. juste que c’en est une et qu’elle nous a convenu. Nous n’avons en tout cas, rien trouvé d’autre.

 

Et puis ensuite.. quand tout est fini.. qu’on a bien parlé avec le petit bout.. on ramasse les morceaux éparpillés des parents épuisés et stressés. Nous sommes, je dois l’avouer, très heureux
d’avoir dépassés cette phase et qu’il parle tel un moulin.. et pas pressés du tout, de repartir pour un tour avec la future crevette ^^

 


Sous la lune je ne dors pas

 

 

 

Les inquiétudes entraînent les angoisses, qui entraînent les larmes.. et beaucoup de stress. Je ne fais plus la part des choses entre ce qui
m’appartient en propre, et les hormones qui me bousculent. Je me pose tant de questions que j’en deviens folle.. Ma première grossesse était zen, la seconde est.. stressée.

 

J‘ai du mal à marcher, du mal à me servir de mes mains, et je pense souvent à la torture infligée pour faire parler les gens.. je prends pleinement
conscience qu’il est possible de ne pas hurler en se faisant charcuter. Il y a quelques années, je criais, pleurais, me tapais la tête contre le mur.. Maintenant les seuls cris que je lâche
viennent des douleurs soudaines, qui ne préviennent pas, traversent mon corps en traître. J’enferme le reste pour ne pas faire peur à mon fils. Et je sais que ce n’est pas bon pour moi, de garder
ainsi, mais comment faire autrement ?

 

Et la question qui revient, depuis quelques jours, c’est « que ressent mon bébé de mes souffrances ? ». Du peu que j’ai pu réussir à trouver sur le net, il y a des conséquences c’est certain.. ils
parlent vaguement du stress du bébé.. mais en vérité peu d’études ont été menées. Je reste perplexe, il semble que je sois la seule à me poser cette question, parmi les mamans fibromyalgiques.
Les témoignages trouvés s’inquiètent de l’augmentation ou non des douleurs durant la grossesse, mais pas de l’effet sur le bébé.. et de mon côté j’ai trop compté sur le fait que ça se passerait
aussi bien que pour mon Gnome.

 

Les nausées ne se calment que si je passe de bonnes nuits, c’est donc aléatoire. Mais de ce côté au moins, il y a tout de même une nette amélioration. Je crains juste de ne pas pouvoir descendre
mes 3 étages jusqu’en février.. c’est long.. vraiment long. Je suis allée chez le dentiste et.. mon mari a du me porter, incapable de remonter les escaliers.

 

Je ne rêve plus que de partir, prendre le train, et faire des photos..