Petite pause avant le repas

Petite pause avant le repas

La cape d’enfant avance, elle est entièrement assemblée. Il me reste à aplatir les coutures, et coudre les capuches ensemble. Peut-être ce soir, si ma fatigue s’envole un chouilla (humm..), dans tous les cas si tout se passe bien, demain je vous la montre, vous verrez comme ça ce que j’ai choisi finalement, avec votre aide 🙂
Il m’est impossible de la passer à mon fils ou à ma filleule (pour prendre une photo), c’est une cape pour enfant de moins de un an, je n’ai pas pensé à tout bêtement agrandir un peu l’encolure. La prochaine fois ^^
Donc si un bébé cherche une cape pour les soirées fraîches ou pour les jours de pluie.. qu’il n’hésite pas !

Par contre je suis déçue de ne pas avoir finie ce soir, je comptais vraiment dessus et ça m’a donné une énième leçon : faire les choses comme elle vienne, sans prise de tête. Je ne dois plus me donner de contraintes de temps, cela ne sert qu’à me frustrer. Mon travail avancera comme il avancera.

Prince de son côté commence à comprendre que lorsque je suis sur ma machine à coudre, je ne suis pas disponible, j’ai pu davantage être dessus (en tout cas, plus de 10 minutes d’affilée, c’est pas rien).

Et puis sinon, depuis quelques temps, le coucher se passe merveilleusement bien. Je le mets dans son lit, il s’assoit (je n’ai pas réussi à obtenir qu’il se couche, par contre j’ai juste à dire doucement « non » et il reste en position assise.), je m’assois par terre à côté de son lit et je lui lis une ou deux petites histoires.. et quand je pars, mon petit gnome toujours assis me regarde droit dans les yeux l’air de dire « tu vas quand même pas me laisser là », je lui fais un bisou et je ferme la porte.. et pas un son ne trouble mon départ. Je ne sais pas à quel moment il s’endort, mais ça se passe d’une manière qui donne des ailes à mes sourires ^^
Je l’aime, ce petit gnome..

Stress d’enfant

Stress d’enfant

Prince a mieux dormi cette nuit, parallèlement et très logiquement, nous aussi.
Peu de fièvre également, c’est un progrès. Mais il ne mange toujours pas ou à peine. Il tombe beaucoup, son équilibre est précaire, ses muscles s’épuisent de manquer du nécessaire.

Qu’on ne vienne plus me dire qu’être un bébé est le plus bel âge, je pourrais devenir très méchante. Venu d’un stress pour l’instant incompris (mal au ventre ? Faim ? Épuisement ? Mal aux dents ?) il s’est lacéré la gencive du bas avec une dent du haut, jusqu’à en saigner, le corps raidi de concentration et d’angoisse. Il m’a fallu une bonne dose d’imagination pour arriver à ce qu’il cesse et le faire se concentrer sur autre chose, qu’il arrête de pleurer une souffrance qu’il s’imposait.
Je ne sais pas si à un an, on peut se mutiler volontairement, ce qui est certain c’est qu’il n’a pas su le gérer seul et s’arrêter.

Être maman, c’est pleurer souvent à l’intérieur..

Thérapie par le rêve

Thérapie par le rêve

Plus tard après le parc, Dih me dit « ce soir je vais à une thérapie par le rêve ce serait bien si tu venais » et je l’interromps presque parce que j’avais oublié.
Hier matin, j’ai fait un rêve.
Je n’avais besoin d’aucune interprétation, il était fort clair. Une ou deux zones restaient un peu obscures mais n’enlevaient rien à la compréhension du rêve.

Normalement le soir, je ne fais aucune sortie, je suis épuisée, je tiens difficilement debout faut bien le dire, et en aucun cas je ne veux rater le coucher de mon fils.
Et puis cela impliquait sortir sans mon mari ce dont j’ai du mal en soirée comme ça. Plus vulnérable sans doute avec la nuit qui tombe.

Et puis je me dis que c’est une manière comme une autre de tenter quelque chose pour que je sorte de cet état. Même si je ne parle pas, il sera toujours intéressant d’écouter les autres. Je m’engage donc.
Nous arrivons un peu en retard mais tout va bien.

Une dame de 50 ans environ se lance et raconte ce rêve récurrent depuis des années. Un livre dans une bibliothèque qu’elle n’arrive pas à atteindre et qui pourtant lui tend les bras (je n’en dis pas davantage car il lui appartient).
Les personnes qui le souhaitent lui posent des questions. Les premières tournent autour du « et tu t’entends bien avec ta mère? et ton père ? » etc. Petit à petit nous avançons dans l’histoire de cette femme, et j’ai la sensation de que nous pourrions faire rencontrer nos mères à la différence prêt que la sienne a 80 ans. Il est très intéressant de l’écouter car tout en elle me parle, d’entendre ce qu’on lui répond, et ce que lui expose le psychanalyste. Il est respectueux, j’ai envie de lui raconter mon rêve.

La deuxième à raconter son rêve est également un récurrent. A peine parle t-elle de sa mère qu’elle pleure. De nouveau, de la même personne en rouge, les mêmes questions « tu t’entends bien avec ta mère » etc. Je suis interloquée par sa brusquerie, je la regarde vraiment puisque jusqu’à présent elle m’était pas mal cachée par els autres personnes et je me prends un choc. Elle ressemble tellement à ma mère que ça en est perturbant. La différence à la limite, c’est qu’elle n’a pas le visage abimé ni par la cigarette ni pas la maladie ni même par sa violence. Mais le masque est le même. Je me dis que je projette et je me tais (plus tard Dih me dira « qu’est-ce qu’elle ressemble a ta mère ! », ce qui m’a rassurée, je ne projette pas ^^).

Cette dame donc me stresse un peu, ainsi que ma voisine qui est trop dans le « oui voila c’est ça » quand quelqu’un avance quelque chose ou dans le « ah non on va pas rentrer dans ce domaine c’est trop intime » alors qu’au final vu qu’il ne s’agit ni d’elle ni de son rêve ce n’est pas à elle de dire cela. Si cela la dérange, elle peut toujours sortir deux minutes.

Ce que j’aime dans tous ces échanges, c’est le rebondissement, là où cela nous entraine, le respect du psychanalyste pour les symboles de chacun. Et si l’interprétation n’évoque rien, il cherche une autre piste sans imposer la première. Du coup je me fais violence et me dis que je vais raconter mon rêve tout de même, mais Etherée me devance, et avec mon accord elle va donc le faire avant moi, je ne me sens pas encore prête de toute façon et ça m’arrange.

La dame en rouge qui ressemble tant à ma mère se déchaine. Inquisitrice, violente dans sa façon d’être et ses questions, elle me déstabilise et je me félicite de ne pas avoir parlé. Je n’ai plus aucune envie de dire quoi que ce soit, non contente d’être intimidante sans qu’elle en soit responsable, sa violence et ses propos me font reculer.
Il est intéressant qu’à ce moment cette dame fasse un lapsus : je lui ai renvoyé sa question à elle-même avec le même ton qu’elle, elle s’en est échappé par le rire ce qui a d’ailleurs détendu l’atmosphère car elle faisait bien monté la pression. Intéressant que je puisse remettre à sa place cette dame qui ressemble tant à ma mère.
Dans tous les cas, raconter mon rêve me semble inapproprié vu sa personnalité et de toute façon j’en ai déjà quasiment les clés.

Manque de bol, Dih demande si je veux raconter mon rêve à mon tour..
Et puis je me dis qu’après tout je suis venue pour ça, que le challenge ne va pas résider uniquement dans le fait de parler devant 13 personnes, mais aussi devant le visage de ma presque mère et que pourquoi pas je n’en mourrai pas..

Voici mon rêve. Ce n’est pas tout à fait son début mais il m’échappe désormais.

Je suis dans la vaste pièce d’un appartement ou maison qui doit être à l’un d’entre nous. Il y a là mes deux belles-sœurs, mon beau-frère, mon mari et notre fils. Au centre de la pièce il y a une assez grande table carrée, et nous nous apprêtons tous à jouer à un jeu de construction, une sorte de légo géant en bois de quatre couleurs : bleu, jaune, rouge et vert. Nous n’avons pas encore commencé à jouer, pourtant le rouge est représenté en surnombre et forme une tour arrondie (comme les tours de Pétronas). Nous faisons tous beaucoup de bruit à parler, rire, s’amuser.

Mon téléphone sonne et j’ai ma belle-maman au téléphone. Je me rends compte qu’elle est émue et sonnée au point de ne pas arriver à parler. J’en veux un peu à tout le monde du bruit qui est fait, car cet appel n’est pas pour moi et sans doute que les téléphones n’ont pas du être entendus, et en plus je ne l’entends pas bien parler.

Pour mieux entendre, je quitte la maison en emmenant mon fils en poussette d’une main, le portable de l’autre.
Ma belle-maman pleure par moments, elle n’arrive pas à m’expliquer. Je ressens qu’il est arrivé quelque chose de grave, un accident ou une mort.
En marchant, j’arrive à un virage. La route est assez blanche, les murs qui l’entourent sont gris. Au détour de ce virage, je me rends compte qu’il s’agit d’une impasse et me retrouve face à un portail vert foncé, fermé. On ne voit rien à travers. Un monsieur, une sorte de gardien, me fait signe de la tête et un peu du doigt en même temps, signe négatif, d’un côté et de l’autre. Je comprends que l’endroit ne m’est pas interdit, juste que non, je n’y ai pas ma place ; je réalise qu’effectivement je n’ai rien à y faire et je fais demi-tour avec ma poussette. C’est dans ce geste que je m’aperçois que de l’autre côté, il s’agit d’un cimetière. A ce moment là, ma belle-maman arrête de pleurer et arrive enfin à exprimer les choses. Elle me dit, « Eärlindë, j’ai une bonne nouvelle pour toi » (là je m’attends à ce qu’elle m’annonce la mort de quelqu’un, et je pense qu’elle va parler de ma mère), « ta grand-mère est morte ».
Je lui réponds « ma GRAND-mère ? », je pense qu’elle s’est trompée. Elle me dit « oui, ta grand-mère ».

Je me suis réveillée là dessus, avec le sentiment que quelque chose ne cadre pas.

Je vais passer rapidement sur l’interprétation que j’avais déjà moi-même faite. Le début symbolise la construction de la famille, de ma nouvelle famille.
Il a été dit que l’enfant symbolisait la vie, ce que je n’avais pas remarqué, contraste frappant avec le cimetière.
Je me détourne du chemin mortifère familial, volontairement, de moi-même ou par ce qu’on pourrait appeler peut-être un ange-gardien.

Ensuite même interprétation que moi, à savoir envie de voir mourir ma mère.
Ça ne m’apporte pas grand chose.
Quelqu’un soulève que le rêve est très positif, parce que peut-être, même si moi j’avais bien mis ma grand-mère à sa place de grand-mère, je n’ai très bien pu faire le travail inconscient que maintenant. Je réponds effectivement que pourquoi pas. Le psy me demande ce que je ressens, je lui dis être très neutre.
Le psy me demande alors qui est ma mère. Je lui réponds qu’elle est beaucoup de choses, notamment violente et sans remords et je lui donne un exemple. Choisis entre tous, étrangement, me viens celui de ma mère presque fière de raconter qu’à 2 ans et demi elle m’a chopé, fais traverser la pièce et que je me suis pris le mur. Il me demande si je m’en souviens, ce qui n’est pas le cas, et s’il y avait des témoins, ce qui n’était pas le cas non plus.
Il me dit alors quelque chose qui me surprend (sans me braquer) : il n’y croit pas. Il dit qu’un enfant qui se prend un mur, il y a des séquelles. Il pense que ma mère est dans la psychose, la folie, et que cet épisode est faux, qu’on ne se vente pas avec le sourire au lèvres d’une telle chose ce qu’elle fait pourtant. Je ne l’avais jamais remis en cause, vu la violence qu’elle a en elle, et vu mon enfance.
Il met en lumière mon rêve, reprend l’épisode du téléphone, cet étonnant revirement de ma belle-maman en larmes puis joyeuse de m’annoncer la mort de ma grand-mère et donc de me faire du mal. Il dit penser que mon inconscient ne pouvant pas prendre ma mère parce que symbole bien trop violent et trop fort, a choisi ma belle-maman pour passer cet appel, ce qui explique ce revirement soudain lors de l’appel, dû à la psychose, à la folie.

Et là.. ça me parle. Violemment même.
J’ai effectivement un travail encore à faire sur la mère et ce qu’elle représente. Je trouve vraiment très intéressant d’avoir pris ma belle-maman en représentation.

Mais là où ça me bouscule, c’est que jamais je n’ai réalisé que ma mère a toujours baigné dans la folie, ce n’est pas comme je l’avais pensé, quelque chose qui est arrivé sur le tard, une folie latente qui a vu le jour petit à petit ces dernières années. Il me dit que j’ai vécu quelque chose de très traumatisant durant ma vie, en baignant ainsi dans la folie de ma mère.
Je me rends compte que tout mes repères sont faux. Je savais qu’un tas de choses sont sujettes à caution venant de ma mère mais finalement c’est encore plus compliqué que cela. Tout est un mensonge possible, mon père était-il ce menteur et ce voleur qu’elle m’a dépeint ? Ai-je vraiment une demi-sœur s’appelant comme ma grand-mère et comme mon 2nd prénom ? Mon père a t-il vraiment dit à ma mère, sans vraiment d’émotion, que son fils et donc mon demi-frère (petit garçon blond que j’ai en photo sur les genoux de notre père) était mort d’un accident ? Est-ce vrai ? Elle m’a toujours soutenu avoir revu cet enfant et avoir décidé une fois pour toute que mon père était un menteur.. Rien n’est stable dans les mots qui fondent ma vie, mon enfance, mon entourage. Pour ma mère j’ai eu un père qui voulait qu’elle avorte, a envoyé des roses rouges du fleuriste le plus cher de Paris pour ma naissance mais ne m’a pas reconnue et n’est pas venu à la maternité. Pourtant des photos de mon père datent de mes 2ans et demi.
Rien dans les mots que j’ai en mémoire, rien de ce qui ne m’a été dit n’est stable. Je ne réalise que maintenant, même si j’ai toujours su tout cela, que ce n’était pas clair, c’est seulement maintenant que je comprends que la folie de ma mère n’est pas de ces dernières années, que sa psychose remonte sans doute a bien avant ma naissance.

Depuis hier soir, je suis plus légère. Étonnamment plus légère, moi qui vais devoir retravailler sur mes repères et ma mère. Je suis soulagée qu’un professionnel, en très peu de mots, ait mis le mot psychose et folie sur elle. Sans que je l’ai fait moi avant, pour ne rien induire. Je lui ai confirmé ensuite sa théorie, mais je me demande bien ce qu’il aurait pensé si j’avais parlé des couteaux dans mon carton de livres sur lesquels j’avais bien failli m’empaler..

Séance toutes les deux semaines, j’y retourne jeudi prochain.
Je crois avoir pour l’instant, trouvé la thérapie qui me convient, le thérapeute également.
Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais.

Premiers pas

Premiers pas

A très exactement 20h15 ; ou 20h25 l’émotion aidant, Prince a fait pleurer son papa.
Plus tard il faudra qu’on lui explique que faire pleurer ses parents, c’est vraiment pas bien !

Mais en attendant, nous sommes fiers de vous dire qu’à très exactement 10 mois et demi, après avoir tenté un pas à la fois depuis une semaine, il a fait ses premiers pas ce soir x)

Edit : le gamin surexcité (qui a dit les parents aussi ?) a refusé d’aller dormir et comptait bien marcher de l’un à l’autre encore longtemps ! Sacré crapule.