Aujourd’hui envie d’être à



 

Mes pensées n’en finissent pas de tomber. Tellement, que l’angoisse remonte, légère, présente. Sinistre ce que je ne souhaite pas être à demain. Je donnerais beaucoup pour les récupérer dans la sérénité, j’ai l’envie si forte d’être à la hauteur de ce qu’il(s) génère(nt), d’être à la hauteur, simplement, de nous. Tous. Chacun. Je vais devoir me distancier plus encore de mes besoins, d’ici.. j’ai cette peur terrible de ne plus savoir écrire, perdre l’irremplaçable ; à m’éloigner serai-je encore moi ?
J’ai l’envie peut-être, d’être à leur départ, ne pas risquer la méconnaissance de mon être dans cette tristesse si instable, à venir.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui envie d’être à
 


Elle avait la figure pâle. Elle avait peut-être aussi les traits tirés; mais alors tirés à main levé par un dessinateur névrosé.
Terry Pratchett – Trois Sœurcières

 

falaise espagne estretit

 

 

Aujourd’hui cheveux


 


Elle m’échappe, je ne sais jamais qui je vais voir, elle change de cheveux comme on enlève une robe : ils étaient blonds bouclés courts, ils auraient bien pu être lisses roux dreadlockés. Elle est belle, cette fille. Depuis quelques semaines nous développons une extrêmement fragile communication, elle change ; elle m’a agressée un jour éloigné, je l’ai détestée, aujourd’hui nous avons discuté viol conjugal – mais je m’y suis blessée, finalement, c’est difficile les larmes avec les mots dans les yeux.
Elle change et pas seulement de cheveux, elle change et je m’avance doucement, je m’assure qu’elle ne me griffe pas.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui cheveux
 
 



La lumière croit voyager plus vite que tout, mais elle se trompe. Elle aura beau foncer le plus vite possible, elle verra toujours que les ténèbres sont arrivées les premières et qu’elles l’attendent.

Terry Pratchett – Le faucheur

 


Cala Estreta – Espagne

 

 

Aujourd’hui une confidence




C’était la première fois. J’ai envisagé la chose très sereinement, l’idée a fait son chemin depuis le lit d’hier la journée d’hier l’allongée d’hier que j’étais, j’ai songé à tout ce que j’aurais pu offrir pour quelques heures d’air frais, quelques heures de photos, de lieux à voir. C’était beaucoup, ce tout. L’homme que j’aime a transformé ma journée alitée en doux souvenir, pourtant aujourd’hui je souhaitais mettre fin à cette prison, ces quatre murs, ce gris et ce blanc, et c’est un peu miraculeux d’être sortie. Oui, vraiment j’ai enfin envisagé le fauteuil roulant comme la liberté qu’il est.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui une confidence
 
 

Le Bagage ne répondit rien, mais plus fort, cette fois.
Terry Pratchett – La huitième couleur

 


Côte espagnole – mer méditerranée à l’ombre d’une falaise

 
 

Aujourd’hui si je portais des lunettes roses j’écrirais


Qu’ai-je à faire d’être debout ? Le lit à la blancheur éclatante repose mon corps en douceur, les rideaux filtre la chaleur, mon amoureux caresse mes courbes, j’apprends à me sécuriser et le temps passe, il passe sur nos peaux les douleurs l’immobilité, il passe et je n’ai pas vue la journée, celle qui m’a maintenue allongée et absente d’Espagne pour un manque de fauteuil, si je portais des lunettes roses je dirais que je suis folle amoureuse, et sans doute, mes lunettes ont-elle un peu de rose sur leur violet.. L’intimité s’éclaire-t-elle sans la nuit ?

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides – Aujourd’hui si je portais des lunettes roses j’écrirais
 

cala estreta mer bleue rochers
Cala Estreta – Espagne

 
 

D’aujourd’hui, j’oublierai certainement demain que


 

Je ne sais pas, si j’oublierai ; la longue marche sous le soleil d’une terre sèche, la poussière qui volait, la persévérance pour mon corps, l’olivier millénaire, l’écorce tombante des eucalyptus, les chênes-liège, un pas après l’autre pas les kilomètres, la mer d’un bleu des îles, les poissons dans les jambes, le manque d’eau, la brûlure sur le bras et le corps qui lâche, redescend, ma peur, un peu.
J’oublierai sans doute dans les demains prochains ce que cela m’a couté, pour n’en conserver que la beauté tranquille d’un été espagnol.

ambre espagne

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides
 

-Et vous avez remarqué l’écriteau sur son bureau ? avait fait le doyen.
-Vous parlez de celui qui dit « C’est moi qui refile le bébé » ?
-Non, l’autre. Celui qui dit « Quand tu as le cul au milieu des alligators, aujourd’hui est le premier des jours qui te restent à vivre ».
-Et ça signifie…. ?
-A mon avis ce n’est pas censé signifier quelque chose. A mon avis c’est censé être, rien d’autre.
-Etre quoi ?
-Proactif, je crois. C’est un mot dont il se sert beaucoup.
-Qu’est-ce que ça veut dire ?
-Ben….En faveur de l’activité, j’imagine.
-Ah bon ? Dangereux. Pour ce que j’en sais, l’inactivité suffit bien.

Terry Pratchett – Le dernier continent


La poussière, la poussière, la poussière… !

Je voulais mettre d’autres photos mais il se fait tard, je suis fatiguée.. une autre fois !