Plus la patience

Plus la patience

Ce chat est une calamité. D’une gentillesse absolue par ailleurs, très câline, un ronronnement sur pattes, vraiment adorable.

Sauf que.

– Ça perd ses poils, indéniablement.
– Ça pue. Vu la configuration de l’appartement, la caisse est dans la cuisine, il est insupportable de cuisiner avec cette odeur et les pieds écrasant des graviers (ma belle-sœur a eu la flemmardise (avouée) de nous apporter la caisse fermée avec rabat. Je la hais).
– De même cuisiner avec un chat (attaché) dans les pattes, c’est rude pour les nerfs. A la base, on ne rentre pas à deux dans cette « pièce ». J’ai dû attendre la sieste du gnome, pour libérer la bête et pouvoir enfin faire ma bûche de noël.
– Dans la même veine, impossible de vider/remplir le lave-vaisselle, accéder au congélateur, ouvrir la porte du four.. sans shooter dans le chat. Très petit, cette cuisine, disais-je.
– Ce con de chat chope tout ce qui traine et le met dans sa gamèle eau/croquettes. Même la serpillère.
– Ça mange les plantes, particulièrement le papyrus. Après, ça vomi. Après, faut ramasser.
– Ça coute un argent fou.
– Ça veut toujours rentrer dans LA pièce qui lui est interdite.
– Ça a des griffes, et ça s’en sert au petit bonheur la chance : sur le canapé, les pieds de table, les jambes de ceux qui passent, la poubelle de la cuisine, le visage de mon fils..

(liste non-exhaustive, hésitez pas à la compléter)

Comme nous sommes des bourreaux non convaincus, on libère la pauvre bête autant qu’on peut, même quand le gnome est réveillé. Du coup, nous sommes des boules de nerfs à l’affut du moindre coup de queue du chat pouvant vouloir dire que sa patience est à bout. En général, on tient 5 minutes.

J’aime les chats. Je suis toujours plus zen, quand y’a un chat dans ma maison, c’est systématique. J’ai gardé la mienne 17 ans, une merveilleuse bestiole au sale caractère qui me manque. J’ai toujours pensé reprendre un chat, quand j’aurais une maison et un terrain.

J’ai changé d’avis.

2012, la fin des films catastrophes ?

2012, la fin des films catastrophes ?

Je suis une personne optimiste. Je suis partie d’une idée farfelue qui ne doit pas être très répandue : à force de faire des films catastrophes qui ne tiennent pas plus la route que les voitures
survolant trois camions juste pour éviter la lave d’un volcan en fusion, j’ai pensé que ça faisait réfléchir un peu les cinéastes ; qu’ils avaient peut-être envie, de temps en temps, de faire un
film catastrophe auquel nous pourrions un tant soit peu nous identifier. J’en vois déjà pouffer, mais attendez donc la suite. Après, vous pourrez rire.

C’est donc avec certes un peu d’indulgence, mais beaucoup d’espoir, que j’ai été chercher 2012. Certains le savent sans doute, la fin du monde est pour décembre 2012, les Mayas
avant d’être massacrés l’ont dit, il y a plein de signes, le réchauffement est sans doute un signe aussi, bref, on va tous y rester.

Tout y est : la faille qui suit parfaitement la route qui tourne (explosant le béton) sans détruire la moindre maison ; le volcan
qui explose ; la voiture qui passe sous un tunnel en train de s’effondrer avec le toit qui fait des étincelles ; le slalom entre les voitures/camions/pierres/immeubles/train/gravats/fumée d’un
volcan/failles dans le sol (pas de mentions à rayer), re-slalom mais avec un camping-car, re-slalom mais avec un petit avion, re-slalom mais avec un gros avion (j’ai pas encore vu la fin
du film, mais j’ai bon espoir avec le vaisseau spatial).

L’impossible est bien sûr de rigueur : retrouver quelqu’un dans un aéroport d’une autre ville en pleine panique/confusion (son
patron richissime qui a payé 1 milliard de dollar par tête pour embarquer dans un vaisseau spatial en Chine et faire partie de l’humanité sauvée), le pilote qui meurt (une chance, sinon il serait
parti sans les attendre), le petit copain vaguement pilote qui flippe à l’idée de.. piloter (moi j’aurais bien plus peur du volcan, chacun ses angoisses en même temps), le type qui tient dans sa
main le plan pour s’évader et qui tombe dans la crevasse de 1000m de profondeur.. ah non tiens, une main dépasse, mais va-t-il y arriver?? Mince, oui il s’en sort. Etonnant. A
chaque décollage d’avion, ils tombent dans un gouffre.. avant de remonter ; la conduite avec une limousine sur de l’asphalte défoncé  ; garder dans le gros avion les voitures de luxe qui
doivent bien aider la bête à consommer alors qu’ils vont manquer de carburant en pleine mer ; un écrivain ayant vendu moins de 500 livres rencontre un scientifique au milieu de nul part qui est
en train de le lire ; …

Les clichés restants : ça commence aux Usa (toujours nombrilistes, ça ne change pas) ; le discours du genre « je sens que tout
nous sépare » au moment où la faille arrive entre eux.. et les sépare ; la chapelle sixtine qui se fendille juste entre les deux doigts de la célèbre peinture de Michel-Ange ; l’illuminé aux yeux
fous qui sait tout sur la fin du monde, les meurtres étouffés de ceux qui ont voulu parler, et bien sûr le plan de secours des grands pontes ; le gars qui embarque sa famille voir l’illuminé en
question au pied d’un volcan qui va exploser (il le sait !) ; le président des USA noir qui décide de laisser sa place et de mourir avec son peuple.

 

Je suis sûre que j’en oublie. Et finalement, ce qui sauve tout ça, c’est que je n’ai pas encore vu la fin. Selon, ça méritera peut-être que j’édite ce post.

 

https://i1.wp.com/reinierladan.nl/wp-content/uploads/2009/06/2012-stills1.jpg?resize=580%2C400

 

J’aurais aimé quelque chose d’un peu plus réaliste. Même un chouilla m’aurait fait plaisir.

Si on veut savoir ce qu’il se passera en 2012, il faudra se contenter des prédictions du web-bot : il aurait sans doute fait un bien meilleur
film.

Fatigue fatigue

Fatigue fatigue

Je suis rentrée chez moi, il était 20h30. Peut-être un peu plus, mais j’ai tellement fait vite pour rentrer que je ne pense pas. Dans le froid, sous une toute petit neige persistante.
Je suis rentrée, et je n’ai plus bien su où j’en étais.
Mon mari m’a parlé. J’ai entendu, mais je n’ai pas enregistré. Du coup, je n’ai pas regardé mon fils, qui pour moi, refaisait ce qu’il sait enfin faire et que je ne savais pas : il avance en sautant, en parfait équilibre.
Mais je n’ai rien vu.
Mon mari, très gentiment et avec tristesse, m’a dit « oooh tu n’as pas regardé ».

C’est là que j’ai craqué.

Je ne peux même pas dire qu’avoir pleuré m’a fait du bien..

Des nouvelles du front

Des nouvelles du front

Nous avons eu un très beau noël. Aucune tension d’aucune sorte. Je n’appréhendais pas particulièrement, personne ne peut atteindre ma famille qui attend noël de pied ferme pour attaquer et faire mouche. Mais ce fut vraiment un beau noël tout tranquille, ou tout le monde fut grandement gâté. Notamment les deux enfants ; mon gnome s’en est donné à cœur joie pour ouvrir chaque cadeau, déchirer le papier, faire un énorme câlin au chat en peluche, déchirer un autre papier, se balancer sur le cheval à bascule, déchirer un papier, foncer avec sa petite voiture, déchirer un papier.. je m’arrête là, la liste est trop longue.

Mon mari, en grand fou qu’il est, m’a offert une surjeteuse, que j’aurai à la mi-janvier. Je ne réalise toujours pas ^^’ (Pour ceux qui se demandent, en gros, ça fait une finition très pro des vêtements. Dommage que j’ai déjà cousu la cape rose, ça aurait été bien mieux que ce que j’ai fait).

Je l’attends de pied ferme, sa place est déjà prête, même si ma table n’est pas grande. J’ai fait tant de ménage par le vide en deux jours, que désormais nous respirons mieux dans l’appartement, et nous pouvons donc accueillir comme il se doit ce petit bijou.

Bon en fait, personnellement je ne respire plus grand chose, mais l’idée y est, nous avons jeté 6 sacs poubelles noirs, entre autres choses. Et c’est pas fini.

Je ne respire plus parce que nous avons accepté d’héberger un chat pendant 5 jours, pendant que ma belle-sœur part en Allemagne 4 jours. Une fois le contrat accepté, nous avons finalement le chat pour 7 jours, et nous avons dû acheter la pilule de la bestiole (tu verras, elle en raffole, elle se jette dessus). Ce truc coute 8euros et des poussières (je te rembourserai dès que je touche mon chômage), et il a fallu que je le donne de force au chat qui s’en foutait royalement.
La cohabitation a commencé à sentir le roussi quand mon fils a débarqué hier, dans la salle de bain, alors que je me déshabillais pour ma douche.
_ etiz, etiz !
_ Bêtise ?
Même si c’était la première fois qu’il me le disait, je suis allée vérifier. Je me suis extasiée sur le nouveau vocabulaire du gnome, j’ai viré le chat de la table (sic) et je suis allée sous la douche. Là, j’avoue, c’est moi qui ai fait une bêtise.
_ etiz, etiz !
_ Tant pis mon lapin, là maman elle prend sa douche.
_ etiz, etiz !
_ Oui j’ai compris mon coeur mais c’est pas possible là. Dis lui non, au chat.
_ la non, la non !

Petit silence.

_ etiz, etiz ! Cha !! (dès fois que j’aurais pas compris)
_ et merde..

J’écourte ma douche, je m’essuie vite, je passe la tête par la porte et je fonce nue et donc ridiculement, vers le chat vautré dans mon papyrus.
Je remercie mon fils, même si j’ai conscience que le mot bêtise risque de repasser par mes oreilles très vite. Je perds pas espoir, je vais dans ma chambre pour m’habiller (fait froid bordel), je ferme la porte (afin de conserver une unique pièce des poils de chat et donc mes poumons en vie) et là, bien sur..
_ etiz, etiz ! chaaaa ! etiz, etiz !

Je maudirais volontiers le chat sur plusieurs générations, j’ai eu le temps de mettre mes chaussettes de fée.
Mon fils me prend par la main et m’amène jusqu’à un petit vomi de chat de rien du tout. Pas le temps de me dire que c’est pas grave que mon fils m’emmène plus loin, vers.. un énorme vomi de chat, avec papyrus et tout. Je m’y attendais, j’avais juste l’espoir de m’habiller avant.
Le temps de soupirer, mon fils envoie sa voiture dans le vomi.

TOUT va bien.

La fin de journée fut plus calme (juste virée du citronnier, de la table, du papyrus encore etc), par contre ce matin a signé l’arrêt de mort de la bête.

« tu verras, on malmène beaucoup le chat, elle a l’habitude, on l’a fait exprès parce que vous avez des enfants, pour qu’elle ne griffe pas. Elle ne griffe jamais et ne mords jamais, et les rares fois où elle le fait elle s’aplatit parce qu’elle sait que c’est une bêtise ». En toute honnêteté, un discours pareil me fait peur, ça donne l’impression d’un chat maltraité sous couvert de bien faire.

La crème en question, 20 minutes après le lever (avec au milieu le petit dej, le bib etc donc le gamin a pas eu le temps d’énerver le chat vraiment, d’autant que j’étais pas loin et que je surveille qu’il lui foute la paix un minimum), s’est jeté sur le visage de mon fils.

Une griffure sur la joue, une autre au coin de l’œil et une 3èm en dessous de l’œil (mais à 2-3mm contrairement à l’autre). Je remercie le cerveau humain qui fait fermer les yeux par peur, sinon il aurait perdu un œil. Et en prime il a fallu que je me batte pour bien désinfecter.

Je ne suis pas fière, j’ai l’impression de maltraiter ce chat, mais je ne vois pas comment faire autrement, d’autant que passer la première terreur, mon gnome retournerait volontiers embêter le fauve. Nous avons attaché le chat dans la cuisine, la barrière est en place, et chacun est de son côté. On la libèrera quand le petit dort l’aprem et le soir, mais c’est tout. Et on doit tenir comme ça jusqu’à dimanche -_-

Semaine de merde. Mes poumons sont comme écrasés, la cuisine est un champs de bataille, ma belle-sœur en plus de la pilule de son chat a oublié de nous donner la raclette pour nettoyer la caisse, je suis énervée, jamais plus jamais de chat chez moi.

Ma conclusion, un chat en appart avec un bébé, c’est une hérésie : une torture pour le chat et un danger pour l’enfant.
Autre conclusion, vivent la ventoline et les antihistaminiques.
Je tenterais bien une conclusion sur ma belle-sœur mais je suis surtout énervée après moi.