Je n’ai pas le temps

Je n’ai pas le temps

 


 

Plus le temps d’écrire.
Pas eu le temps de raconter ma chute, dans la baignoire. Qui m’a valu un énorme bleu qui en fait était noir, une jambe inutilisable durant 20 minutes.
Pas eu le temps de raconter les exploits de mon fils. Qui sait désormais sauter en gardant son équilibre, faire des galipettes avant, dire merci, et tente le « s’il te plait ». On vient de fêter ses 18 mois !

Plus le temps de prendre soin de moi.
Je tousse depuis un mois à en perdre mes poumons, mon médecin est trop loin, tant pis ça passera bien.. un jour. Je crois que ça a tourné à la pneumopathie.

Plus le temps de faire des petits plats.
Mon mari cuisine, ouf.

A peine le temps de coudre pour faire les réparations de mes vêtements.
Trou tu es, trou tu resteras.

A peine le temps de m’occuper de mes mails, et pourtant je dois répondre à environ 10 par jours, alors je le prends ce temps, c’est important les contacts..

Le soir.. plus l’énergie. Pour lire.
Pas grave, mon livre du moment, il est glauque. M’évitera les cauchemars..

Mais que fais-je donc de mes journées.. ?
En voilà une question qu’elle est bonne..

La maman est repartie pour deux jours à 400kms, je lève les petits monstres, je leur prépare le petit déjeuner, je les emmène à l’école ; la petite va passer à la tv et je dois l’emmener à l’autre bout de ma ville (je serais absente de chez moi de 15h à 19h, voire plus), plus leurs activités, plus ma maison à maintenir en ordre, mon fils qui veut toute l’attention du monde. Je tente de décharger mon mari pour ses études, je tente de coudre quand mon fils est à la sieste (45 minutes argh !), un site internet que je tente de mettre en place avec l’aide d’une personne qui s’y connait en e-commerce.
Je dois retourner voir ma mutuelle pour une question concernant l’auto-entrepreneur, lancer les démarches pour de bon et avoir enfin un numéro siret.
Une amie, qui vient d’ouvrir une entreprise en créant des coussins de soie (le site est en lien sur l’autre blog), me propose de faire des choses à partir de soie qu’elle peindrait. L’association me parait bonne, mais voir si c’est rentable vu qu’elle est sur Paris ^^’ Mais une chose de plus qui se rajoute.

C’est étrange parce qu’il y a de ça quelques mois, je me souviens avoir savouré mes journées calmes, et m’être dit que c’était simple finalement, de ne pas se prendre la tête. Que les gens peut-être, ne se débrouillaient pas très bien à avoir des emplois du temps de ministre.

Ben je confirme, je me débrouille pas très bien oO

Un jour..

Un jour..

Avec une aiguille et un fil entre les mains.
Les ciseaux à côtés.
Une machine offerte qui me disait, voici la lune.
..
J’ai peu à peu perdu confiance en moi. Je ne saurais pas expliqué ni pourquoi, ni comment, mais peu à peu, je me suis effritée. Quand une personne, sans doute un poil jalouse, m’a sorti que ça se voyait (sur mon sac) que j’étais débutante, je me suis repliée sur moi-même encore davantage. Et quand la machine à coudre qu’on m’avait si gentiment offert a décidé de rendre l’âme, quelque part vers les coins les plus poussiéreux de mon esprit retors, ça m’a profondément arrangé.

Ce qui fait que quand ma belle-sœur m’a offert une vieille machine à coudre, la question qui m’est rapidement venue fut : « mais que vais-je faire d’une machine qui fonctionne ?« . Je ne le lui ai pas dit, j’ai pensé qu’un brin de diplomatie pouvait être une bonne idée. D’autant que quand j’ai vu son cadeau, j’ai pleuré comme une madeleine. Bah oui, on a beau avoir peur d’un moteur à pédale, le choc fut grand. Miraculeusement, elle avait besoin d’être révisée, rien n’était donc perdu, je pouvais me la couler douce. J’ai même pas honte. Ou pas beaucoup. A peu près quoi.

Toujours est-il qu’il y a 4 mois en arrière, ma belle-maman m’a demandé un sac à main. Elle en a choisi les couleurs de base, et moi plus tard j’ai choisi le ruban. Et puis j’ai tout laissé en plan, par peur de le finir, de risquer de la froisser en ne voulant pas qu’elle paye, et que sais-je encore d’inconscient que mes rêves ne m’ont dit, faute d’un décodeur-psy que je ne vois plus.

Et puis mon mari a insisté pour faire réparer ma nouvelle machine, dont le fil cassait plus vite que je ne pouvais coudre. Ce que je ne voulais pas : par manque d’argent (80 euros !!), par peur de le faire pour rien (et si mon fil était juste de mauvaise qualité ??), par peur d’une machine qui fonctionne..
Au finale je n’ai pas regretté, la machine est un bijou.

Dans la même semaine est arrivé l’anniversaire de ma belle-maman, et je me suis prouvée que j’étais capable de créer quelque chose en deux jours (intensifs par contre, le tout avec un gnome dans les pattes).

Dans l’urgence de la chose, j’ai fait de grosses bêtises, mais dans l’ensemble, je suis tout de même très fière de moi. Voici donc mon 2em sac 🙂

Pour autant, je me suis pas sentie en confiance avec ma machine. J’étais toujours aussi inquiète à l’idée de coudre, quand Dieudeschats m’a recontactée pour une cape dont on avait parlé cet été, à peu près au moment où ma machine a commencé à être asthmatique.

Et je me suis lancée. En une semaine (sachant que je bosse à côté et que mon fils me colle plus près que de la glu), j’ai réussi à la terminer. Demain, je fais les photos et je vous montre 🙂

Étrangement.. un énorme poids s’est envolé de mes épaules. Impossible à expliquer, à vraiment comprendre, mais j’ai débloqué quelque chose. Je me sens la liberté de créer, la liberté de me tromper, de recommencer, de vendre.. Je vais pouvoir relancer les démarches pour être auto-entrepreneur, je me sens de nouveau en confiance avec moi-même.

C’est beau. La confiance..

Ca carbure dans la tête

Ca carbure dans la tête

Encore une fierté de maman, depuis hier notre gnome sait dire « merci » (bon ok, il manque des lettres, chipotez pas). Il a bien compris aussi que ce mot facilitait le don de gâteaux (mot qu’il
connait aussi vous pensez bien), donc il nous le ressort sans arrêt avec l’espoir de pouvoir combler sa gourmandise ! Il perd pas le nord..

Toujours hier, le petit bonhomme nous a également épaté avec un autre mot : on lui donnait à manger une banane écrasée, il a cherché dans son livre d’image jusqu’à trouver la banane, a insisté
sur le mot et l’image jusqu’à ce que son papa lui donne le fruit non écrasé et là il nous a dit.. « merci ». Nous sommes fiers, mais parfois on reste pantois.  

Joan Baez

Joan Baez

J’avais vu son nom sur une affiche, mais je l’avais remisée dans un coin de mon cerveau. Vraiment loin. Pas concevable pour moi qu’elle soit vraiment dans me ville, à portée de mes oreilles et de
mes yeux. Impossible. Information rejetée. Et puis hier matin, Debee me confirme que si. Elle est là. Je cherche sur le net, concert à 20h le soir. Gratuit. A côté de chez moi. Toute la journée,
j’avoue, je me suis désespérée. Qui dit 20h, dit pas possible pour moi. Le soir, mon fils s’endort justement à 20h, et je ne veux pas le décaler, même pour elle. Et y aller seule, certainement
pas. Et la proposition tombe, que je n’attendais pas : le mari de Debee y va avec sa maman, et je peux me joindre à eux. J’avoue avoir hésité un peu, je déteste être dépendante pour rentrer chez
moi mais.. mais.. ça n’arrivera qu’une fois.. et jamais de ma vie je n’aurais pensé un jour voir Joan Baez en concert, jamais.. Joan Baez, elle représente la partie douce de mon enfance. La guitare, d’abord, instrument de ma mère quand elle était bien. Dans ses moments où elle souriait, où elle était d’une
certaine manière, heureuse. Ma mère chantait à la guitare, et c’était doux. Et puis il y avait la route. Pour aller chez mes grands-parents. Joan Baez nous accompagnait, avec Graeme Allright. Je
connaissais davantage les chanteurs de l’époque de ma mère, que de la mienne.. ^^ Et puis cette femme, je la respecte profondément. Elle ne donne pas dans la paix dans le monde parce que c’est à
la mode, elle ne fait pas UN concert gratuit pour ensuite reverser les droits de diffusion à des œuvres humanitaire.. Elle est entière, chante dans toutes les langues pour se faire comprendre,
milite pour la paix dont elle est devenue l’icône mondiale.



Alors me voilà, moi, pour le 2em concert de ma vie, à 20h, entourée d’un monde fou. Du monde jusque dans la rue, jusqu’à l’Arc, du monde, du monde, du monde.. Et là où je suis fortement
impressionnée, c’est que toutes les générations sont présentes (certains sont même en hippie). Le plus jeune devait avoir 5 mois, ensuite quelques enfants d’une dizaine d’années (ceux là ont été
trainés 😉 ), des jeunes entre 16 et 25 ans. Et puis deux tranches d’âges, autant représentées l’une que l’autre : 30/50 ans, et 60/80 ans. Jamais je n’ai vu un concert (non classique) réunissant
des personnes âgées et des jeunes gens. Et ils étaient partout.. sur les marches, sur les gradins, parfois sur les gens, et même dans les arbres !



Nous étions sur le côté gauche, afin de ne pas être écrasés et de tout même tenter de voir quelque chose. Le son était merveilleusement bien réparti, je ne suis pas sortie de là avec un
bourdonnement d’oreilles ; pour autant nous avons entendu comme si nous étions devant elle. Par contre mes photos ne sont pas extraordinaires : nous étions loin, et le zoom a bien fonctionné mais
je n’avais pas de pied.



Et quelle voix.. Bien qu’elle nous ai prévenu que sa voix, avec les années, était devenue plus grave, cela m’a fait sursauter. Toujours aussi belle voix, mais elle n’est plus soprano c’est
certain !



Si au départ j’étais contente mais tout de même déçue (elle chantait des titres inconnus de moi, des chansons plus récentes qui me laissaient froides sur un plan émotionnel), autant ensuite elle
nous a gâté. J’ai ainsi découvert qu’elle pouvait chanter dans beaucoup de langues (français, anglais, espagnol, un dialecte indien..), et dans n’importe quel style musical. Très impressionnante
!



Étrangement, moi qui ai peur de la foule, je ne me suis pas sentie étouffée ni en danger, aucune angoisse ne m’a pas gâchée la soirée. Encore plus étrangement, nous avons, que ce soit lors du
concert ou lorsque nous sommes repartis, comme un cercle vide autour de nous. Avec cette foule c’est étonnant, mais nous avons pu nous asseoir par terre, sans être piétiné ni étouffé. J’ai senti
les arbres extrêmement concerné par la musique, c’était étrange ; cela a provoqué une puissante énergie.



Deux heures ont passé, mais elles furent bien courtes. J’ai senti que j’aurais eu besoin de plus, tellement plus..



Je garde en moi ce concert improbable, cette rencontre inattendue. Il m’a fallu bien peu d’imagination pour me plonger dans une époque où je n’étais pas née. Woodstock. Une petite vidéo qui n’est
pas de moi, mais je l’ai trouvée ce matin sur youtube ^^